Test de Ys VIII : Lacrimosa of Dana (PS4, PS Vita)

Le test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PlayStation Vita.

Les révoltés du Lombardie

Tout avait pourtant si bien commencé, Adol et son ami Dogi ayant été embauchés temporairement en tant que marins sur le Lombardie. Malheureusement, le capitaine a voulu s’approcher un peu trop près des côtes de l’île Seiren, pourtant réputée comme hautement maudite. Et ça n’a pas loupé : attaqué par ce qui ressemble fortement à un kraken, le navire échoue. Adol se réveille sur une plage de cette mystérieuse île et découvre rapidement qu’il n’est pas le seul survivant : le capitaine du bateau, Dogi, et une autre épéiste ont également échappé à la catastrophe. Mais peut-être ne sont-ils pas les seuls ? Ils décident donc rapidement d’établir un camp qui grossira au fur et à mesure des éventuels rescapés qu’ils pourront rencontrer sur Seiren… C’est autour de ce fil rouge que s’axe tout le scénario de ce Ys VIII (qui, pour info, se place chronologiquement avant Ys Seven).

Au fur et à mesure de la progression dans le titre, de nouveaux rescapés viendront s’ajouter à la fête et apporteront quasiment tous un petit quelque chose au village : un médecin, un tailleur, un forgeron et ainsi de suite. Ce n’est toutefois pas le joueur qui influe directement sur le développement de ce village, si ce n’est concernant les fortifications bien utiles durant les interceptions, mais nous y reviendrons plus tard. Ne vous attendez donc pas à un aspect gestion ici, les aventures d’Adol Christin étant essentiellement tournées vers le combat, l’exploration et la collecte de matériaux.

Établi par les derniers épisodes en date, le système de combat reste ici le même, à savoir une équipe de trois personnages se battant en temps réel directement sur la map. Chacun possédant des caractéristiques spécifiques, il s’agit donc de switcher intelligemment entre les uns et les autres afin de faire face à toutes les situations. Adol est ainsi particulièrement efficace contre les ennemis  »basiques », là où Sahad est spécialisé dans le fait de briser les carapaces des monstres blindés alors que Hummel se montre redoutable contre les monstres volants. Si l’équipe active comporte trois personnages, Ys VIII comprend toutefois plus de combattants, se débloquant là encore au fil de la progression et il est possible à tout moment de modifier la composition de l’équipe. Il est par exemple possible de prendre, en plus d’Adol, deux héros capables de briser les armures lorsque les environnements immédiats regorgent de ces ennemis spécifiques. Il est évidemment aussi possible de tuer n’importe quel monstre avec n’importe quel personnage, mais l’opération prend bien plus de temps et se montre quelque peu laborieuse si l’on ne prend pas le spécialiste en la matière.

Quoi qu’il en soit, tout ce beau monde dispose de plusieurs skills spécifiques – à débloquer et améliorer – en plus de l’attaque de base. Nécessitant des points de compétence pour être lancés, ces derniers sont à attribuer aux touches croix, carré, rond et triangle (et à activer en pressant R1 en même temps que l’une de ces touches) et permettent de venir à bout plus rapidement des adversaires.

La tribu de Dana

C’est là que le système de combat montre tout son potentiel : la possibilité d’enchaîner les skills afin de créer des combos aussi longs que dévastateurs, sachant qu’il est aussi possible d’effectuer tous ces enchaînements en l’air. Résultat, les combats se montrent nerveux et jouissifs, c’est un véritable plaisir d’enchaîner les monstres les uns après les autres et de changer de personnage à la volée avec la touche carré lorsqu’un nouvel adversaire d’un autre type se jette dans la mêlée. Il est par ailleurs possible de lancer, lorsque la jauge est remplie, une attaque surpuissante et spécifique à chaque personnage, s’accompagnant d’une petite animation.

Évidemment, les monstres ne se laissent pas faire et, afin d’éviter le plus possible les coups, un contre et une esquive dits  »flash » sont aussi de la partie. En pressant L1 ou R1 au bon moment, le temps est ralenti durant un court instant, laissant une chance au joueur de porter bien plus de coups en plus de ne pas prendre de dégâts. Sachant que les ennemis frappent fort – surtout les boss – et que les objets de soin ne courent pas les rues dans les premières heures, il s’agit donc de ne pas bourriner mais au contraire de prendre son temps si besoin est pour éviter un K.O. malvenu dans l’équipe… D’autant plus que de nombreuses altérations d’état peuvent être infligées et viennent largement siphonner les barres de vie (poison et brûlure en tête) tant que l’on n’utilise pas le remède adéquat. En cas de coup dur, sachez tout de même que les PV se régénèrent tout seul en dehors des donjons à condition que les personnages restent immobiles.

Ys VIII propose ainsi un challenge bien équilibré et ne se montre jamais injuste avec le joueur qui a assimilé correctement ses mécaniques de gameplay.

Et heureusement que le système de combat se montre aussi addictif, car l’île de Seiren regorge d’adversaires qui repopent dès que le groupe revient dans une zone. De quoi gagner tranquillement de l’expérience et ne jamais se retrouver en difficulté, sauf si l’on décide évidemment de foncer tête baissée sans se battre. Ys VIII propose ainsi un challenge bien équilibré et ne se montre jamais injuste avec le joueur qui a assimilé correctement ses mécaniques de gameplay. Il permet même de se soigner à intervalles réguliers grâce à des cristaux placés un peu partout sur l’île, notamment avant les boss. Ces mêmes cristaux servent par ailleurs de points de téléportation, ce qui n’est pas du luxe tant Seiren se montre extrêmement vaste à explorer.

L’exploration est d’ailleurs un autre point essentiel de cet épisode et tout aussi addictif que les affrontements. L’île déserte est ainsi divisée en de grosses régions, elles-mêmes divisées en plusieurs zones avec parfois des donjons, le tout avec des environnements variés bien que clichés pour le genre (grottes, jungle, marais, etc). Tous ces endroits permettent de dénicher des coffres au trésor, d’affronter des ennemis spécifiques lâchant des items précis et de collecter des matériaux bien spécifiques, très utiles pour créer des potions de soin ou des tenues, ou encore pour améliorer des armes. Inutile toutefois de tout retenir par cœur, le titre indiquant sur la map – ce qui est plus que bienvenu au vu de la taille de cette dernière – combien de coffres se trouvent dans la zone, où sont placés les points de collecte et combien de pourcentages de l’endroit ont été découverts. Le but est évidemment de cibler le 100% partout, d’autant plus qu’Adol est régulièrement récompensé pour sa cartographie de l’île.

Vis ma vie de naufragé

Parfois il est parfois de progresser, la faute à un item bien spécifique que l’on n’a pas encore récupéré (les plumes autorisant le double-saut, par exemple) ou encore à cause d’un gros rocher bloquant le passage ou d’un pont détruit, empêchant l’équipe d’aller de l’autre côté. Dans ces cas-là, il s’agit alors de faire appel aux autres naufragés afin qu’ils viennent donner un coup de main. Chacun de ces passages nécessite un certain nombre de villageois et il n’est pas rare de devoir passer son chemin dans un premier temps car les effectifs sont insuffisants – sachant que, là encore, le tout est indiqué sur la map. Et pour récupérer des personnages, il n’y a pas de mystère : il s’agit de progresser dans le scénario. Une histoire qui se montre très linéaire et sans vraiment de surprises pour les habitués du genre, même si l’on apprécie le principe d’effectuer des actions dans le passé avec Dana afin d’en observer les conséquences dans le présent.

Si, précédemment, nous précisions qu’il n’y avait pas vraiment d’aspect gestion dans ce Ys VIII, il convient tout de même de bichonner les naufragés et ce, pour plusieurs raisons. La première, la plus évidente, est que ceux qui tiennent une boutique proposeront au fur et à mesure davantage de choses à acheter – en échange de matériaux, l’argent n’étant évidemment pas disponible sur cette île déserte. Adol peut ainsi leur offrir des cadeaux ou effectuer leurs quêtes annexes, sachant que ces dernières ont tout de même une date limite. Par exemple, aider le médecin permet en toute logique de débloquer des objets de soin plus puissants. La quête ne concerne pas un PNJ possédant une boutique ? Qu’à cela ne tienne, tous les habitants ont leur intérêt malgré tout.

Chaque quête accomplie a également pour conséquence de faire grimper la cote de popularité d’Adol, ce qui est bien pratique pour les Interceptions. Évoquées plus tôt, ces phases surviennent de temps à autres et prennent la forme de vagues d’ennemis à battre aux alentours du village afin de protéger ce dernier. Face à la difficulté grandissante, le joueur a la possibilité d’améliorer le terrain en y plaçant des barrières, leurres et autres gongs paralysants, ou encore en améliorant leur résistance via, une fois encore, des matériaux spécifiques. Quant aux habitants, ils bénéficient tous d’une compétence particulière qui s’améliore grâce, justement, à la popularité d’Adol, d’où l’intérêt de les aider : soin boosté, bombe assommante ou attaques variées, ces boosts aléatoires deviennent rapidement bienvenus.

S’il est possible de ne pas se rendre au village afin de se lancer dans une Interception, laissant les habitants se débrouiller par eux-mêmes, il serait tout de même dommage de passer à côté. Non seulement le tout permet de récupérer des matériaux rares, mais en plus cet aspect s’imbrique naturellement dans l’aventure et ne dure jamais trop longtemps pour devenir lassant. Pour gonfler un contenu et une durée de vie pourtant déjà largement convaincants (au moins 40 heures en ligne droite, et bien plus pour cartographier toute l’île), il est par la suite possible de rejouer les Interceptions afin de tenter d’obtenir de meilleures notes et, donc, de meilleurs récompenses. Les plus pacifistes préféreront peut-être le mini-jeu de pêche, mais l’intérêt de ce dernier n’est clairement pas le même.

Une technique à la traîne

Mais il est temps désormais de passer aux choses qui fâchent, à savoir la réalisation de ce Ys VIII. Visuellement, déjà, difficile de le louper : c’est tout de même assez vilain. Si la distance d’affichage est relativement convaincante, avec de jolis panoramas à observer depuis les hauteurs, le reste est clairement moins réussi. Animations rigides, textures baveuses, environnements manquant cruellement de détails… Ce nouvel épisode aurait tout aussi bien pu sortir sur PlayStation 2, il n’aurait alors pas eu à rougir de la concurrence. Mais sur une PlayStation 4 ou une PS Vita, ça pique un peu plus, d’autant plus que cette dernière plate-forme souffre également de temps de chargement un peu longuets lorsque l’équipe se téléporte ou passe d’une zone à l’autre. Toujours sur la console portable de Sony, il n’est pas rare d’être victime de légers ralentissements qui peuvent se montrer relativement gênants durant les combats. Dommage.

La mise en scène laisse également à désirer, ce qui est d’autant plus dommage que les cut-scenes et autres phases de dialogues sont relativement nombreuses, au risque parfois de casser un peu le rythme de l’aventure. Heureusement, la bande-son rattrape la chose avec des compositions de haute-volée qui savent mettre en place des ambiances bien particulières en fonction du moment. Côté doublage, les joueurs ont droit à des voix japonaises et anglaises, sachant que ces dernières ne sont pas spécialement convaincantes. Comme toujours dans un J-RPG, préférez donc la V.O. Et, pour une fois, des sous-titres français sont proposés, histoire de toucher un maximum de joueurs. Si l’on apprécie l’effort, la mise en pratique n’est clairement pas à la hauteur, avec de nombreuses coquilles et des incohérences monstres. Ceux qui maîtrisent la langue de Shakespeare ont donc tout intérêt à laisser tomber le français. Si la localisation anglaise souffre également de pas mal de problèmes, ces derniers sont malgré tout moins importants. Précisons que les voix japonaises et les sous-titres français doivent être téléchargés à part sur PS Vita.

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LE VERDICT
OH YS !
8
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