Test de Ys Origin (Nintendo Switch)

CONCLUSION

Comparer Ys Origin avec son grand frère, Memories of Celceta, sorti en juin dernier sur Switch, est plutôt logique. Et pour le coup le constat reste, à un poil près, identique. Tout en préservant la richesse et la nervosité de son système de combat, l'antépisode de la saga arrive même à mieux surmonter les âges sur le plan visuel. Il est toutefois fort dommage qu'après presque 15 ans, Nihon Falcom n'ait pas pris justement le cap vers un remake total. Architecture, mobilier, éclairage et service d'accueil démoniaque, tout est resté à sa place depuis 2006. Encore une fois, les fans qui ont déjà visité la Darm Tower à l'époque n'auront quasiment rien de neuf à se mettre sous la dent. En revanche, quiconque ayant raté le coche se doit de découvrir les origines de cette licence souvent reléguée, à tort malheureusement, au rang des JRPG de seconde zone.

Le temps du lancement de Ys IX : Monstrum Nox sur les terres occidentales n’est pas encore venu. En revanche, pour patienter, Nihon Falcom continue de couvrir toutes les plateformes des épisodes en version remasterisée de son incontournable série d’action RPG à l’ancienne. Cette fois c’est au tour de la Nintendo Switch d’accueillir dans son catalogue le marquant, et pourtant à part entière, Ys Origin. Entre guerre ancestrale et héritage maudit, pouvons-nous toucher aux origines ?

This Ys the beginning

Ys Origin nintendo switch screenshotHistoire de bien remettre les choses dans leur contexte, Ys Origin est chronologiquement le 8ème épisode de la grande saga d’action-RPG de Nihon Falcom. Le jeu est sorti à l’origine sur PC, en 2006 au Japon, avec pour intention majeure d’approfondir le lore de la saga. Pour ce faire, le studio de Tachikawa a choisi de placer l’intrigue de son oeuvre loin dans le passé, très loin, plus exactement 7 siècles avant les événements de The Vanished Omens (ou Ys : Ancient Ys Vanished). À l’époque ce choix n’a pas manqué d’en étonner plus d’un, surtout du côté des connaisseurs, qui jusqu’à présent étaient habitués à faire le voyage avec le brave et l’unique Adol Christin.

En effet, n’étant pas encore né, il n’est aucunement question ici d’incarner le jeune guerrier aux cheveux rouge. Le joueur débute son aventure en choisissant au préalable son héros, entre une fille et un garçon. La première n’est autre que Yunica Tovah, connue pour être avant tout l’ancêtre de Sara Tovah (la grande Oracle), mais aussi, la descendante de l’ancien et défunt chef des Holy Knights (Chevaliers Sacrés). Le second choix se nomme Hugo Fact, et se présente comme étant le fils de Cain, l’un des six prêtres de Ys. Un troisième protagoniste, accompagné de sa pair de griffes tranchantes, viendra ensuite s’ajouter au casting une fois le jeu terminé.

Av. A.-C. (Adol Christin)

ys origin screenshot test switchMais, bien que nos deux héros proviennent d’horizons différents, le destin va les amener à se rencontrer dans des circonstances peu joyeuses. Reah et Feena, les grandes déesses jumelles et gardiennes de la Terre, sont portées disparues depuis qu’elles ont tenté de sauver l’humanité d’une invasion de démons. Surpassées par le nombre et la force de leurs adversaires, elles n’ont eu d’autre choix que de se servir de la puissance de la perle noire afin d’envoyer le temple du peuple élu en lieu sûr, à savoir dans les airs.

À ce jour, les enfants de Solomon, aidés des six prêtres, continuent de vivre dans le ciel, mais ce n’est pas ce qui semble malheureusement arrêter les forces du mal de répandre leur terreur. Ces dernières se sont données comme dessein d’atteindre les terres célestes en érigeant une tour : la Darm Tower.

La mise en scène de Ys Origin manque de punch, mais il serait dommage, voire blasphématoire, pour les dans de Ys de se priver d’une telle expérience.

Bien déterminé à contrer les ténèbres une bonne fois pour toute, le grand mage Shion décide alors d’envoyer un groupe de soldats expérimentés retrouver les deux mères protectrices. C’est ainsi que nos courageux protagonistes se retrouvent embarqués dans la mission qui scellera à jamais le sort du monde d’Ys. Dantesque et homérique, ce voyage est tout naturellement un passage obligatoire pour tout bon fan qui souhaitent connaître la genèse de la série avec, dans le cas présent, une traduction française. Certes, la mise en scène manque de punch, mais il serait dommage, voire blasphématoire, de se priver d’une telle expérience tant les révélations y sont nombreuses et importantes.

Silent night, Holy knight

ys origin screenshot test switchLa première chose qui saute aux yeux avec ce remaster concerne bien entendu sa qualité visuelle qui aujourd’hui fait bizarrement la part belle au rétro. Avec ses décors en relief, mis en valeur par une caméra tantôt plongeante, tantôt horizontale, où se baladent des sprites tranchant dans le 2.5D, Ys Origin fait partie des épisodes de la licence qui a, sans doute, le mieux résisté à l’épreuve du le temps.

Déjà bien propre à l’époque, la retouche graphique de la part de Falcom semble, pour le coup, assez minime. À l’inverse, le constat s’avère bien différent en ce qui concerne la direction artistique, du moins sur la variété esthétique des environnements. Entre l’architecture très droite, le design austère et les couleurs froides, l’exploration de la tour du mal ne se fait hélas pas sans la compagnie d’une certaine monotonie. Mais, ce serait oublier le travail du level-design qui, avec son pinceau magique, vient habilement nuancer le tableau.

La dimension plateforme, initiée par The Oath of Felghana prend ici réellement ses formes, avec de vraies phases d’acrobaties mêlant puzzles et verticalité. Bien qu’elles restent en soi classiques et rocambolesques dans leur conception, leur présence permet d’apporter un peu plus de piment au spectacle. Qu’on se le dise, le ton se veut tout de même de nature très relevé, notamment grâce à un système de combat terriblement jouissif. Dans la pure tradition des hack’n slash, croisés aux dungeon crawlers, le but est bien évidemment ici de nettoyer la vermine qui rôde dans les différents niveaux de la tour. Tout cela sur une bande-son aux petits oignons.

La Tour Sombre

ys origin screenshot test switchPour ce faire, deux voies sont possibles : celle d’une aspirante maîtresse d’armes experte au corps-à-corps, ou celle d’un mage émérite à l’aise dans les approches à distance. Tels de petits donjons labyrinthiques, les étages de l’édifice ont été construits par un architecte à la fois inspiré et malintentionné. Pour arriver tout en haut, il faudra non seulement franchir d’innombrables obstacles périlleux, mais aussi éviter des pièges mortels, résoudre des énigmes, et récupérer des objets clés, pour la plupart, gardés par de monstrueux boss. Bien évidemment, tout n’agit pas en opposition à nos héros. Chaque palier est aussi l’occasion d’acquérir de l’expérience et de trouver de nouveaux équipements, ayant pour effet d’améliorer nos capacités offensives.

Il n’y a rien à redire de cette nouvelle version de Ys Origin, si ce n’est les quelques défauts du passé qui lui collent, semble t-il, à la peau.

Les réfractaires au grinding devront tout de même quelque peu soulever leur barrière s’ils souhaitent progresser. Pour autant, la redondance sait se contenir et se montrer assez discrète, notamment face à la diversité du bestiaire proposé. Entre la canaille volante, les prédateurs aquatiques, les cerbères aux pouvoirs occultes et ceux modifiant la tenue du terrain, le camp adversaire met grassement en valeur la richesse du panel de techniques d’attaques mis à disposition. Certains ennemis, notamment ceux se trouvant au sommet de la pyramide des antagonistes, sont de véritables casse-têtes sur pattes. Comme tout bon action-RPG de cette trempe, la patience et l’observation seront ainsi de mise.

Qui Reah, Feena !

Ys Origin nintendo switch screenshotMalgré une structure qui se veut cyclique, l’action ne perd ici à aucun moment de son acuité. Il en va de même de l’animation. Cette édition Switch bénéficie d’une résolution propre en 1080p et d’un framerate stable à 60fps. Et autant dire que profiter du mode nomade de la console est un vrai régale. Si auparavant la PS Vita avait le même argument, elle ne disposait cependant pas du même confort ergonomique offert par les joysticks diagonaux des Joycon. En somme, il n’y a rien à redire de cette nouvelle version de Ys Origin, si ce n’est les quelques défauts du passé qui lui collent, semble t-il, à la peau.

On peut noter qu’entre les temps, les menus n’ont eu droit à aucun ajustement. Y naviguer s’avère toujours bien laborieux, notamment lorsqu’il s’agit d’y gérer son inventaire. Un peu de modernité à ce niveau là aurait été la bienvenue. De manière générale, la forme de ce remaster manque vraiment d’épaisseur, voire d’une réelle plus-value. Il ne faut, pour ainsi dire, pas attendre plus que le minimum syndical. Mise à part le mode speedrun et l’option de jeu sanglant, déjà incorporés à la version Xbox One, aucune trace de contenu exclusif, ni même l’exploitation de fonctionnalité réservée à ladite machine de Nintendo se trouve à l’horizon. En soi, les origines sont ici entièrement respectées, peut être même de trop, beaucoup trop.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Nintendo Switch.

Avatar
Mr.J
Aucun super-pouvoir, gameplay limité, fait partie du comité de protection des licornes. Recherche en vain cet alter ego qui lui permettra de mener à bien sa vendetta - "The monster you created has returned to kill you"

L'ACTUALITÉ

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

1 × 1 =