Test de Ys IX : Monstrum Nox (Nintendo Switch)

CONCLUSION

Il n'était pas forcément aisé de passer après Ys VIII, et pourtant Ys IX : Monstrum Nox y parvient avec brio. Certes, les développeurs n'ont pas modifié le système de combat – toujours aussi nerveux et jouissif – et ils ont en plus repris quelques éléments de l'épisode précédent (la base, les phases de tower defense), mais cet opus parvient malgré tout à imposer sa propre personnalité et à captiver du début à la fin, notamment via son histoire intrigante, ses personnages au background travaillé et son utilisation intelligente des pouvoirs des Monstrums. Un très bon JRPG, bien que cette version Switch ne peut s'apprécier pleinement qu'en mode TV.

Plusieurs mois après la PS4, il est temps pour Ys IX : Monstrum Nox de débarquer sur Nintendo Switch. Une version similaire en tous points à l’autre, mais on ne boude pas notre plaisir à l’idée de replonger dans cette expérience Ys. Il est donc temps de retrouver notre test du RPG de Nihon Falcom.

Beauté intérieure

ys IX monstrum nox screenshot nintendo switchPas de miracle avec cette version Switch de Ys IX : cet opus est tout aussi à la ramasse techniquement que les autres. Si le jeu tourne comme un charme sur PS4, le constat est différent sur la machine de Nintendo. La fluidité fait défaut en mode portable et les visuels ont triste mine (aliasing omniprésent). Seul le mode TV s’en sort avec les honneurs, l’affichage ayant bien meilleure allure et les combats retrouvant leur halant. On se retrouve là avec des graphismes de l’ère PS2, des décors relativement vides, des animations hyper rigides et des textures parfois un peu cracra. Si les graphismes ne font pas tout, il est clairement temps pour Nihon Falcom de changer de moteur histoire de rendre une copie plus proche des productions actuelles. Ou au moins de passer à la génération suivant, ce serait déjà pas mal… La bande-son s’en tire bien mieux, avec des musiques réussies, tout comme les doublages. Les sous-titres sont pour leur part en français, et ils sont là aussi très convaincants.

Ceci étant dit, sa technique d’un autre âge est la seule chose que l’on peut vraiment reprocher à ce Ys IX : Monstrum Nox tant il se montre immédiatement addictif. Cette fois-ci, point d’île déserte à cartographier, mais plutôt la ville de Balduq à explorer, quartier par quartier. Sans oublier sa célèbre et mystérieuse prison, qui semble receler bien des secrets et être le cœur de cette cité… C’est d’ailleurs là que commence l’aventure. Ce pauvre Adol est jeté sans plus de cérémonie derrière les barreaux alors qu’il vient à peine de débarquer en ville. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, il rencontre une certaine Aprilis durant son évasion. La jeune femme va alors lui infliger une malédiction le transformant en Monstrum. Ce qui l’empêche de quitter la ville et l’oblige à combattre de terribles bestioles en compagnie d’autres compagnons d’infortune. Il faudra donc à tout ce beau monde réussir à briser la malédiction afin de pouvoir aller de l’avant.

La grande évasion

ys IX monstrum nox screenshot nintendo switchTout comme pour Ys VIII, Ys IX plonge immédiatement le joueur dans une histoire intrigante et intéressante, dont les mystères s’épaississent au fur et à mesure de la progression avant d’enfin trouver des réponses. Ce qui passe notamment par certaines phases se déroulant dans la prison, dans lesquelles on contrôle un personnage… très étonnant. Pas de spoil ici, bien entendu, mais dès que la première de ces phases se présente, plus d’un joueur lèvera les sourcils. Niveau gameplay, ces passages se montrent d’ailleurs quelque peu différents du reste du titre, avec des pièges particulièrement vicieux et un petit aspect die & retry auquel les fans de la série ne sont sans doute pas habitués. Rien de bien méchant toutefois, et les moins patients pourront toujours faire « comme si le donjon était terminé ».

Ys IX : Monstrum Nox parvient à imposer sa propre personnalité et à captiver du début à la fin.

En dehors de la prison, le gameplay est identique à celui du précédent opus. Le joueur contrôle donc sa petite équipe de trois héros actifs et doit explorer – avec toujours ces pourcentages de carte dévoilée et de coffres trouvés qui rendent l’exploration totalement addictive -, combattre, faire des emplettes ou encore accomplir des quêtes annexes. Il serait d’ailleurs vraiment dommage de ne pas jeter un œil sur ces dernières. Certes, elles se montrent hyper classiques dans leurs objectifs. Mais elles permettent toutefois d’en apprendre davantage sur les différents personnages importants, voire d’en accueillir de nouveaux au Dent-de-Lion, la taverne dans laquelle Adol et les Monstrums se cachent (et qui occupe un rôle identique à celui du camp de naufragés de Ys VIII). Non seulement ceux-ci peuvent aider durant les phases de tower defense (sur lesquelles nous allons revenir plus tard), mais leur background respectif se montrent tous intéressants à découvrir. Bref, les quêtes annexes représentent un réel intérêt, ce qui est en général plutôt rare.

Monster hunter

ys IX monstrum nox screenshot nintendo switchDu côté des combats, il n’y a là encore pas beaucoup de différences par rapport à Ys VIII. Les affrontements se déroulent toujours en temps réel, avec la possibilité de passer rapidement d’un héros à l’autre. Le but étant d’avoir toujours l’ascendant sur le type d’ennemi rencontré. On enchaîne les attaques basiques et les skills, on esquive, on réalise des combos, on effectue des gardes flashs ou on active une jauge de berserk, et ainsi de suite. Il s’agit là d’un système très classique mais toujours redoutablement efficace, hyper nerveux et bénéficiant d’effets visuels explosant dans tous les sens, quitte à parfois y perdre un peu en lisibilité. Autant dire que l’on prend un vrai plaisir à nettoyer les maps de fond en comble. Ce qui permet au passage de récolter un maximum d’ingrédients ou encore de débloquer des skills inédits. Les combats de boss ne sont pas en reste, certains nous mettant face à des ennemis énormes nécessitant un peu de réflexion.

Un peu mais pas trop non plus, car Ys IX : Monstrum Nox est très facile. La mort se fait rare, les objets de soin se ramassent à profusion et leur utilisation est très permissive. Les checkpoints permettent de se régénérer et se téléporter. Nos alliés contrôlés par l’I.A. ne se font que très peu toucher et l’on peut sauvegarder n’importe quand. Qui plus est, acheter et améliorer son équipement n’est pas un souci si l’on prend le temps d’explorer et de terminer les quêtes annexes tant l’argent coule à flots dans ces cas. Les adeptes de titres retors devront donc rapidement opter pour les niveaux de difficulté les plus élevés, et ils devront même terminer le jeu une voire deux fois (!) afin de débloquer tous ces modes de difficulté. En dehors de ça, en mode normal, il n’y a pas grand-chose à signaler. Sauf évidemment si le joueur décide de faire n’importe quoi durant les combats.

Les phases de tower defense de YS IX Monstrum Nox se jouent avec un réel plaisir.

Monstrums vs. Predators

ys IX monstrum nox screenshot nintendo switchRevenons sur les phases de tower defense. Les développeurs n’ont pas ici inclus une nouveauté puisqu’elles étaient déjà présentes dans le titre précédent. Mais elles fonctionnent toujours aussi bien. Ces passages se déroulent dans ce que le jeu appelle « Nuit de Grimwald ». Ils ne sont accessibles qu’à certains moments et permettent de se défouler toujours plus. Durant ces phases où les ennemis arrivent par vagues, Adol et ses amis Monstrums ont pour mission de protéger un cristal. Ou bien de détruire un certain nombre d’éléments. Ici, les six Monstrums se battent et les démons arrivent en nombre. Ce qui donne lieu à un joyeux gloubi-boulga d’effets visuels en tous genres. À plus forte raison lorsque l’on rajoute des leurres et autres pièges afin de renforcer la sécurité. Le système de combat étant ce qu’il est, ces phases de tower defense sont un réel plaisir à terminer, même si certaines comptent un peu trop de vagues.

Enfin, impossible de terminer sans parler plus en détail des Monstrums, et plus précisément de leurs pouvoirs. On le répète, l’exploration est toujours aussi addictive que par le passé… Et peut-être même encore plus grâce à ces pouvoirs. A chaque Monstrum arrivant dans l’équipe (un par chapitre), le joueur débloque une nouvelle aptitude utile à l’exploration. Loin d’être gadgets, ces pouvoirs (marcher sur les murs, planer, etc.) sont réellement utilisés en jeu. De manière particulièrement intelligente qui plus est, donnant une toute autre dimension au level design. Sans parler des donjons qui suivent l’arrivée d’un nouveau Monstrum dans l’équipe et qui demandent de l’utiliser de manière récurrente. De quoi faire oublier un peu les panoramas un peu moins intéressants à découvrir que ceux de Ys VIII : Lacrimosa of Dana, surtout ceux se trouvant à l’intérieur de la prison et forcément un peu tristounes.

ys IX monstrum nox screenshot nintendo switch

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Nintendo Switch.

Shauni
All your base are belong to us.

L'ACTUALITÉ

Laisser un commentaire...