Test de Yakuza : Like a Dragon (PS4, PC, Xbox One)

CONCLUSION

Ok, il n'y a pas Kiryu, et les fans pouvaient craindre que la magie n'opère pas avec Ichiban. Mais c'était sous-estimer les équipes de Ryu Ga Gotoku Studio qui nous proposent avec Yakuza : Like a Dragon des personnages immédiatement attachants, une histoire toujours aussi prenante, de l'humour ainsi qu'un vrai gros renouveau de la série, qui bascule ici dans le monde des RPG notamment via son système de combat au tour par tour. Une sorte de soft reboot particulièrement réussi qui pourrait attirer de nouveaux joueurs, malgré deux-trois petits défauts, d'autant plus qu'il est intégralement traduit en français. Bref, un très bon titre – bien plus profond que l'on pourrait le croire au départ - à s'offrir en cette fin d'année et qui saura occuper durant les longues journées de confinement.

Il est des héros de jeux vidéo qui marquent profondément et à tout jamais une vie de gamer. Kazuma Kiryu fait partie de ces personnages. Impossible de ne pas s’attacher au héros de Yakuza, qui a bénéficié de pas moins de sept épisodes pour évoluer et conquérir toujours plus les cœurs des fans de la série. Alors autant dire que l’annonce de l’arrivée d’un nouveau héros pour Yakuza : Like a Dragon a été vécue comme un vrai cataclysme.

Le Dragon de Yokohama

yakuza-like-a-dragon-screenshot previewEt pourtant, il suffit de même pas cinq minutes, montre en main, pour s’attacher à Ichiban Kasuga. Un héros qui, sur certains aspects, se rapproche du Dragon de Dojima – comme par exemple concernant son implication dans la vie de yakuza et la fidélité pour son clan – mais qui trouve bien vite sa propre personnalité. Loin d’un Kiryu badass et sérieux, Ichiban se montre plus drôle, plus accessible, un peu idiot, rêveur et éternel optimiste.

Bref, un héros plus « réaliste » qui n’en est pas moins impliqué dans une histoire qui va le dépasser. On pourrait d’ailleurs craindre à une éternelle redite au bout de quelques heures de jeu, Ichiban se rendant pour un crime qu’il n’a pas commis et qui ressort presque 20 ans plus tard pour découvrir que tout a changé et que son patriarche n’est peut-être pas aussi digne de confiance qu’il le pensait au départ.

Certes, il s’agit là d’un pitch que l’on a déjà vu dans d’autres épisodes de la série et d’autres éléments semblables font un peu lever les yeux au ciel, comme l’éternelle implication des mafias chinoises et coréennes. Pourtant, Yakuza : Like a Dragon parvient tout de même à happer le joueur rapidement grâce à son histoire prenante, bien écrite, toujours mise en scène de manière très cinématographique et, bien entendu, grâce à ses personnages tous plus attachants les uns que les autres ainsi qu’à certaines problématiques sombres et peu vues dans le jeu vidéo. Ici, nous nous retrouvons face à des personnages qui sont tombés au fond du trou et qui se battent de toutes leurs forces pour remonter la pente, avec tout ce que ça comporte d’obstacles qui se dressent sur leur chemin et d’âmes charitables qui leur tendent la main.

Yakuza : Like a Dragon parvient à happer le joueur rapidement grâce à son histoire prenante, bien écrite, toujours mise en scène de manière très cinématographique.

La fureur du dragon

yakuza-like-a-dragon-screenshot previewIchiban fait par exemple rapidement la connaissance d’un SDF ayant été infirmier dans une autre vie et ayant tout perdu après avoir fricoté avec l’illégalité, ou encore d’un policier ayant été mis au placard, puis ayant été viré et désirant mettre à jour un complot impliquant le commissaire de la police de Tokyo et de généreux pots de vin. Évidemment, ces personnages vont se soutenir et s’aider les uns les autres et, comme dans les autres épisodes, ils prennent remarquablement vie grâce au jeu d’acteur impeccable des doubleurs japonais.

Il faut en revanche prendre son mal en patience pour voir tout ce beau monde s’étoffer, Yakuza : Like a Dragon prenant tout son temps pour mettre en place son intrigue et la déroulant progressivement, notamment via des cinématiques parfois un peu trop longues, sur une belle quantité d’heures.

De nombreuses heures par ailleurs très bien remplies. On ne reviendra pas une énième fois sur les nombreuses quêtes annexes ou sur tous les mini-jeux présents ici et qui sont plus ou moins les mêmes que dans tous les autres épisodes de la série, comme par exemple les salles d’arcade, même si quelques nouveautés sont aussi de la partie comme le ramassage de bouteilles ou le mini-kart. Les habitués savent en effet à quoi s’attendre à ce niveau, et c’est plutôt sur le nouveau système de combat que nous allons nous attarder, ce dernier venant bousculer toutes les habitudes prises par les fans de la série. Ici, il n’est en effet pas question de baston en temps réel mais de RPG au tour par tour, même si l’on garde tout de même le côté dynamique via les personnages qui ne cessent de se déplacer au sein de la zone de combat, contrairement à la plupart des autres jeux du genre.

Ichiban Quest

yakuza-like-a-dragon-screenshot previewUn changement justifié par le fait que le rêve d’enfance d’Ichiban soit d’être un héros « comme dans Dragon Quest. » Sur le fond, on se retrouve sur du grand classique, avec des attaques basiques et des compétences spécifiques à chaque job, l’utilisation d’objets pour par exemple se soigner ou encore la possibilité de se mettre en parade afin de réduire les dégâts reçus.

C’est dans la forme que Yakuza : Like a Dragon se différencie de la concurrence par son humour omniprésent, là encore notamment apporté par le personnage d’Ichiban. Les compétences particulières, par exemple, sont totalement loufoques : un héros qui envoie des miettes de pain sur un ennemi pour qu’il se fasse attaquer par des pigeons ou encore une « magie de feu » qui prend en fait la forme d’un personnage buvant de l’alcool et crachant sur un briquet allumé. Et on ne parle même pas des adversaires qui se « transforment » lorsque le combat débute ou encore des appels au secours que l’on peut lancer via le smartphone d’Ichiban et qui sont en fait des invocations, là encore plus délirantes les unes que les autres.

Yakuza : Like a Dragon est un vrai bon gros RPG, profond et complexe.

Si on apprécie l’humour inclus dans les combats, ces derniers ne sont pas non plus exempts de défauts. Le pathfinding est par exemple loin d’être parfait et il n’est pas rare qu’un personnage parte un peu dans tous les sens alors que son adversaire se trouvait en face de lui ; quelques pics de difficulté sont de la partie et le grinding est parfois obligatoire, notamment pour passer des boss surpuissants ; ou encore la caméra est parfois un peu trop lente et n’arrive pas suffisamment vite sur un personnage se faisant attaquer, ne donnant donc pas la possibilité au joueur de tenter une parade parfaite. Des petits éléments loin d’être insurmontables mais qui, on l’espère, seront améliorés dans un prochaine épisode, si prochain épisode il y a bien entendu.

Ichi du phénix

yakuza like a dragon screenshot xbox series xLa personnalité d’Ichiban influe sur ses aptitudes. Celle-ci est divisée en six catégories différentes que sont la Passion, la Confiance en Soi, le Charisme, la Gentillesse, le Style et enfin l’Intelligence. Toutes ces branches évoluent en fonction des actions effectuées par le joueur ou encore grâce aux mini-jeux, et il s’agit d’un élément relativement important puisqu’il vient débloquer de nouveaux jobs ou encore des compétences passives, comme par exemple la résistance aux altérations d’état (poison, brûlure, etc), aux côtés du renforcement des Kiwami Skills, qui sont des attaques spéciales.

Il est également important d’interagir souvent avec les coéquipiers afin de renforcer les liens qui unissent les différents membres du groupe, ce qui permet là encore de booster les compétences de tout le monde. Bref, un vrai bon gros RPG profond et complexe, qui propose aussi soit dit en passant un système de craft ainsi qu’un Sujidex demandant de trouver tous les Sujimon (tabassez-les tous !).

Après un Yakuza 6 ayant profité d’un moteur graphique tout fringuant, on sent un certain retour en arrière technique sur ce Yakuza : Like a Dragon. Un élément qui se ressent notamment durant certaines « cinématiques » qui se contentent d’être des arrêts sur image, ce qui est plutôt étonnant dans une série laissant une place importante à la mise en scène. Sauf si, bien entendu, il s’agit là de la vision du RPG proposée par les développeurs. Mais cette réalisation un peu bancale se retrouve aussi dans les temps de chargement longs et nombreux, les animations des personnages qui se montrent moins réalistes que dans le dernier épisode, ou encore sur le côté vide de la ville de Yokohama. Le nouveau terrain de jeu est en effet très grand, trois fois plus que Kamurocho, mais, en contrepartie, les rues sont relativement désertes. En revanche, on apprécie la traduction française intégrale. Cet élément, couplé au changement de héros ainsi qu’au nouveau style de jeu, permettra sans doute d’attirer de nouveaux joueurs.

yakuza-like-a-dragon-screenshot preview

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

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