Test de Yakuza 6 : The Song of Life (PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

Hiroshima, mon amour

Retour en arrière, à la fin de Yakuza 5. Kazuma est bien amoché après les combats qu’il a dû mener. Blessé, il est envoyé fissa à l’hôpital et c’est là que le joueur le retrouve au début de Yakuza 6. Malheureusement, son passé le rattrape et la police vient le chercher directement sur place, histoire de l’envoyer quelques années à l’ombre. A sa sortie de prison, la cinquantaine approchant, il ne rêve plus que de retourner à Okinawa auprès des enfants de son orphelinat. Mais évidemment tout ne se passe pas comme prévu puisqu’il apprend que sa petite protégée, Haruka, a été renversée par une voiture et est dans le coma. Sur place, il découvre – cerise sur le gâteau – qu’elle avait à ses côtés son bébé, le petit Haruto. Mettant de côté son idée de retraite, le Dragon de Dojima se lance à la recherche du père mais aussi, et surtout, de la personne ayant renversé Haruka. Une enquête qui va bien évidemment prendre des proportions ”à la Yakuza” et qui l’emmènera dans un petit village d’Hiroshima, Onomichi. Même si, bien entendu, il sera aussi toujours question de se balader dans les rues de Kamurocho, à Tokyo.

La série des Yakuza s’est toujours démarquée de la concurrence en optant pour un style très cinématographique, avec une mise en scène léchée, des personnages bien travaillés, des intrigues prenantes et quelques petits tacles bien placés contre certains travers de la société nippone. Évidemment, Yakuza 6 n’échappe pas à la règle et se montre tout aussi intéressant à suivre que ses prédécesseurs, avec son histoire aux multiples rebondissements que l’on ne voit pas forcément venir, ses protagonistes attachants et son savant mélange de passages humoristiques au milieu de moments plus tragiques. Et encore heureux, car les cinématiques et les dialogues sont extrêmement nombreux, plus que dans les autres épisodes.

Le Dragon de Dojima se montrant quelque peu vieillissant, même si ses poings n’ont rien perdu de leur force, les phase de gameplay sont ici moins longues et moins présentes que par le passé. A la place, le titre de SEGA préfère miser sur davantage de discussions et des cinématiques de plus en plus longues. Une ambiance plus posée pour Kazuma, même si toujours relativement tendue vu tous les malheurs qui lui arrivent, ce qui contraste quelque peu avec les autres épisodes plus fougueux. Malgré tout, ce changement d’atmosphère n’entache en rien l’histoire racontée et c’est avec un réel plaisir que l’on parcourt la vingtaine d’heures nécessaires pour terminer le tout en ligne droite.

Dragon Punch

Une durée de vie qui semble un peu courte, mais qui peut – et doit ! – être rallongée par les très nombreuses activités annexes proposées par ce Yakuza 6. Comme toujours, une pelletée de quêtes secondaires sont à découvrir : même si, in fine, il s’agit la plupart du temps de casser des dents, le contexte de ces dernières est souvent intéressant, voire loufoque et amusant, histoire de contraster avec le scénario principal. Se déguiser en mascotte géante, régler un problème d’échange de corps entre deux adolescents, découvrir l’histoire se cachant derrière une soi-disant voyageuse temporelle ou un cimetière hanté, il y a de quoi faire. Et, évidemment, impossible de passer à côté des mini-jeux, véritable marque de fabrique de la licence. Jeux d’arcade, fléchettes, base-ball, bar à hôtesses, musculation, live-chat, mah-jong…

Les passe-temps ne manquent pas, une fois encore. Seul regret, la disparition des UFO Catchers. A la place, le joueur peut toujours se consoler en essayant de trouver et nourrir tous les chats égarés de Kamurocho et Onomichi, histoire de les envoyer par la suite dans un Neko Café où ils seront dorlotés. Une quête secondaire fil rouge, tout comme les combats de gangs.

Rapidement, Kazuma est approché par un adolescent qui lui demande de lui venir en aide. Sa requête ? Mettre un terme aux actions d’un gang nommé JUSTIS et essentiellement composé de six caïds importants. Des brutes dont les noms seront familiers auprès des fans de la New Japan Pro Wrestling, tels que Okada ou Naito. Quoi qu’il en soit, le tout prend la forme d’un jeu de stratégie en temps réel : sur un terrain tout en longueur, le joueur déploie petit à petit ses recrues, le but étant de battre tous les ennemis avant la fin du chrono. Aux côtés des soldats basiques, classés en différentes catégories, il est possible d’envoyer des leaders qui auront des skills spécifiques et viendront faciliter la chose (soin, attaque spéciale, etc.).

Chaque mission réussie permet de gagner des récompenses, dont souvent de nouveaux combattants. Au bout d’un certain temps, le joueur a la possibilité d’approcher chacun des membres de JUSTIS, histoire de régler le tout à la manière du Dragon de Dojima, c’est-à-dire en combat singulier. Une quête secondaire fil rouge plutôt agréable à parcourir, même si son intérêt reste moindre par rapport à d’autres présentes dans d’anciens épisodes, comme la gestion du bar à hôtesses de Goro Majima. Mais ici, de toute façon, Kazuma est le seul personnage jouable, une première depuis un moment (Kiwami mis à part).

Beat Patriarch Hirose

Mais Yakuza, c’est aussi et surtout des combats. Et même s’il approche de la cinquantaine, Kazuma n’a rien perdu de sa superbe. Les affrontements sont toujours aussi nerveux, brutaux (il est bien entendu toujours possible de frapper les ennemis avec des objets divers allant du pot de fleur au vélo en passant par le scooter, parce que pourquoi pas) et, évidemment, incroyablement jouissifs à prendre en main, d’autant plus que les QTE sont bien moins nombreux que dans les autres opus. Contrairement aux épisodes Zero et Kiwami, ce Yakuza 6 se concentre sur un seul style de combat, celui déjà présent dans les plus anciens opus et se basant sur une jauge de Heat. Une fois celle-ci remplie et activée, le héros se montre plus puissant et peut déclencher des actions spécifiques souvent totalement pétées. Et, en face, les ennemis se montrent bien plus faciles à battre que dans les autres Yakuza, même les boss qui ne disposent pour la plupart que d’une seule barre de vie. Dommage, l’intensité des affrontements contre ces derniers était un vrai point fort de la série. Ici, le joueur ne se sent jamais vraiment en danger et le K.O. ne survient que vraiment très rarement. D’autant plus que Kazuma devient une vraie machine de guerre au fur et à mesure que l’on améliore ses statistiques et que l’on débloque des mouvements spéciaux grâce aux points gagnés à chaque action effectuée dans le jeu.

Toujours un peu en retard sur son temps techniquement parlant, la série de SEGA fait ici un vrai bond en avant grâce au Dragon Engine. Visuellement, entre ce Yakuza 6 et les autres, il y a un écart fou. Si l’on met de côté l’animation des visages, qui a toujours bénéficié d’un soin particulier dans les Yakuza et qui passe ici encore un cap supérieur (la modélisation de Takeshi Kitano – oui le plus yakuza des artistes est aussi de la partie – est tout simplement bluffante de réalisme), absolument tout se montre plus convaincant. Les jeux d’ombre et de lumière, l’éclat des enseignes des boutiques, les mouvements des personnages, les effets de l’eau… Il n’y a rien ou presque à redire techniquement parlant.

Cet épisode s’offre même le luxe de profiter de moins de temps de chargement, ces derniers étant en plus moins longs. Plus anecdotique, tout en étant une vraie petite révolution, Kazuma peut désormais sauter au-dessus de petits obstacles. Enfin, difficile de ne pas évoquer le boulot des acteurs qui sont dans leur rôle jusqu’au bout des ongles, à l’exception d’un ou deux personnages secondaires. De quoi renforcer encore un peu le côté cinématographique de ce Yakuza 6, qui rend de toute façon comme ses aînés un hommage vibrant aux films asiatiques de gangsters, d’autant plus qu’ici il n’est pas uniquement question de pègre japonaise, les mafias chinoises et coréennes étant aussi de la partie. Mais tout ça, on ne peut en profiter qu’en parlant anglais, comme toujours…

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LE VERDICT
BEAUTIFUL GOODBYE
8
Shauni
All your base are belong to us.

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