Test de Wulverblade (PC)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PC, fournie par l’éditeur.

Ils sont fous ces romains !

Wulverblade se déroule donc en Écosse, ou tout du moins, dans la région qui plus tard deviendra l’Écosse du nord et de l’est, alors que les Romains ont envahi la Bretagne (pas la nôtre, l’ancienne) par le sud. En marche pour prendre le nord, la terrible 9ème légion romaine s’apprête à affronter une petite tribu de Pictes qui n’entend pas se laisser faire. Menée par deux frères et une sœur, la résistance s’organise et les romains n’ont qu’à bien se tenir. Il n’en faut pas vraiment plus pour résumer le scénario du jeu de Fully Illustrated qui, aussi étrange que cela puisse paraître pour le genre, a décidé de se baser sur des faits historiques. Tabasser du romain tout en révisant ses cours d’histoire, après tout, pourquoi pas ? Après une introduction hyper soignée le joueur est invité à choisir son personnage parmi les trois jouables. Brennus, le grand frère bien bourrin un peu lent mais terriblement résistant, Guinevere, la petite sœur frêle extrêmement agile, et Caradoc, le leader moyen en tout, sont les trois loustics à choisir en fonction de sa façon de jouer.

Classiquement le jeu se déroule à travers huit niveaux qu’il faut traverser en massacrant tout sur son passage pour finir, généralement, par terrasser un boss (ou détruire une construction tout en survivant à des vagues d’ennemis). Pour y parvenir, chaque personnage propose ses propres attaques mais toutes sont basées sur le même schéma classique. Une attaque lourde et lente, une attaque légère mais rapide et une attaque sautée. Pour se sortir des mauvaises situations, le joueur pourra bien évidemment sauter (avec possibilité de double-saut) ou effectuer une roulade afin de prendre de la distance avec ses adversaires. Au niveau des pouvoirs spéciaux on pourra, une fois par niveau, appeler sa meute de loups pour venir nettoyer un champ de bataille bien trop encombré ou déclencher sa rage une fois la jauge bleue entièrement remplie. Cette dernière action rendra temporairement le personnage invincible pendant que sa jauge de santé sera progressivement restaurée.

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Manette en main il ne faut pas longtemps pour commencer à s’amuser avec Wulverblade. Il faut dire que visuellement, Fully Illustrated a soigné son bébé avec une direction artistique franchement sympathique et une ambiance musicale aussi efficace qu’entraînante. Découper et broyer du romain devient du coup très vite un malin plaisir, surtout lorsque lorsque l’on peut récupérer les membres fraîchement découpés pour les lancer au visage de ses adversaires. Malheureusement, très vite, on se heurte également à toute une série de défauts qui font peu à peu baisser la cote d’amour que l’on pouvait avoir pour le jeu. La maniabilité tout d’abord, se veut relativement rigide et montre rapidement ses limites. Il est impossible de sauter sur l’axe de la profondeur et bon nombre d’actions sont impossibles à interrompre. Pour changer de côté de frappe par exemple, il faut s’arrêter de frapper, changer de direction et reprendre son activité, ce qui pose problème tant les ennemis arrivent de tous les côtés.

Globalement le jeu est donc assez difficile. Si cela ne nous effraie généralement pas, on est en revanche plus dubitatif quand cette difficulté repose sur un gameplay bancal. On en veut pour preuve ces pseudos attaques que les ennemis peuvent lancer même si on est en train de les fracasser. Des attaques que l’on doit pouvoir, théoriquement, bloquer ou parer avec le bon timing mais qui posent rapidement problème puisque le joueur ne peut pas interrompre ses propres actions. Pour peu que l’on ait le malheur d’avoir commencé un combo juste avant l’apparition d’une de ces attaques, il sera alors impossible de l’éviter. C’est particulièrement frustrant et montre à quel point le jeu se veut rigide au possible. Toujours au niveau des choses qui agacent, il est à noter que Wulverblade souffre d’un énorme problème de lisibilité à l’écran qui se traduit par tout un tas de conséquences fâcheuses. Décors qui cachent les adversaires et autres projectiles lancés par des ennemis placés hors champs sont des choses qu’il faudra accepter malgré leur caractère frustrant. Pour en terminer avec les choses qui chiffonnent, on soulignera ce bouton X qui, étant utilisé aussi bien pour frapper les adversaires que pour ramasser les objets au sol, pose problème lorsque l’on veut frapper un ennemi mais que plusieurs objets se trouvent à ses pieds.

Bref, on s’agace rapidement sur Wulverblade et c’est bien dommage. Notez que ça n’empêche pas de terminer le jeu (comptez 5 heures environ) ni de passer du bon temps par moment, mais on ressort bien plus frustré de cette expérience qu’on ne l’aurait imaginé. C’est dommage, vraiment dommage, surtout que le jeu propose aussi de bonnes choses comme ces armes lourdes aux combos dévastateurs pour varier les plaisirs, des situations originales comme ce dernier niveau surprenant ou encore des cinématiques diablement bien illustrées. Et comme on n’aime pas terminer sur une mauvaise impression, on soulignera l’excellente initiative de Fully Illustrated qui, tout en prenant certaines libertés vis-à-vis de l’histoire, à intelligemment glissé, tout au long du jeu, de véritables documents historiques qui permettront à tout un chacun d’en découvrir un peu plus sur les Pictes. De quoi adoucir l’amertume d’un premier run mais clairement pas suffisant pour donner envie d’y retourner ou de tenter les autres modes de jeu (n’insistez pas, le mode arène est une pure perte de temps).

LE VERDICT
DEMI-MOLLE
5
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege et Darkest Dungeon.

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