Test de Wolfenstein II : The New Colossus (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PC, fournie par l’éditeur.

Je s’appelle Bruce Willis

On récupère donc notre Blazkowicz, désormais surnommé Blazko le barjo, en 1961 dans ce monde imaginaire où les Nazis ont remporté la Seconde Guerre mondiale et dominent le monde sans aucune retenue. L’épisode précédent ne s’étant pas particulièrement bien terminé pour notre protagoniste, c’est sur une chaise roulante que l’on commencera cette nouvelle aventure qui ne met pas bien longtemps pour donner le ton de ce qui nous attend. Planqué dans un gros sous-marin piqué à l’armée nazie, on retrouve avec plaisir la fine équipe de Blazko constituée de Anya, Caroline, Bombate, Max et un un membre à choisir à travers un flashback interactif. Une joyeuse bande de tarés qui tente de s’organiser pour renverser la dictature qui sévit sur le sol américain en recrutant les plus grands révolutionnaires de cette merveilleuse époque. Chez les méchants, c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve Frau Engel encore plus déjantée et violente que dans l’opus précédent, bien décidée à se venger et à faire de Blazko l’exemple de son écrasante victoire sur une potentielle révolution. On ne vous le cachera pas, le scénario de Wolfenstein II : The New Colossus ne vole pas bien haut et il ne faut pas s’attendre à devoir beaucoup réfléchir. Pourtant il se suit avec un plaisir coupable non dissimulé, et la petite douzaine d’heures nécessaires pour terminer l’histoire principale paraîtra finalement bien courte tant on peut prendre du plaisir avec ces nouvelles aventures.

La recette ? Une écriture complètement déjantée, un humour bien gras, violent et vulgaire et des personnages hauts en couleurs que l’on n’est pas prêt d’oublier. Le jeu pousse d’ailleurs l’humour assez loin par moment et choquera probablement les plus puritains des joueurs qui se lanceront dans l’aventure. Mais après tout qu’importe, MachineGames assume totalement son uchronie et propose un univers génialement débile, volontairement caricaturale et se sert de tous les clichés du cinéma (la confrontation avec le père tyrannique,) et du jeu vidéo pour nous offrir une des meilleurs séries B vidéoludique de l’année 2017. Wolfenstein II : The New Colossus s’apprécie donc pour ce qu’il est : un gros nanar qui ne se prend jamais au sérieux et met en scène des personnages qui vont, parfois, très très loin dans le délire, le tout étant saupoudré de cinématiques fréquentes (et fort sympathiques) et d’un doublage de bonne qualité même en version française. Pour la petite histoire sachez que celui de Blazko est assuré par Patrick Poivey en personne (la voix française de Bruce Willis) qui renforce un peu plus le sentiment de gros bras allant sauver le monde que l’on peut ressentir lorsque l’on joue.

Au niveau du rythme, il faudra cependant supporter un premier tiers d’aventure plutôt mou et dirigiste qui, après une énorme pirouette à mourir de rire, finira par littéralement décoller pour ne plus s’arrêter jusqu’à la fin de l’aventure. Pour soutenir ce rythme le studio a d’ailleurs un peu repensé le level design en ajoutant quelques zones assez ouvertes afin de diminuer le sentiment de suivre un énorme couloir que l’on pouvait ressentir dans le précédent opus. On y gagne forcément en intensité avec des combats où les attaques viennent de tous les côtés et forcent à rester mobile pour éviter de se faire submerger par les vagues, plutôt bien fournies, de nazis en tout genre. Il ne faut cependant pas trop rêver, ça reste dans l’ensemble très labyrinthique et on est encore bien loin des arènes totalement ouvertes d’un certain DOOM qui reste une belle référence en la matière pour ce qui est du FPS bourrin et nerveux. Une nervosité que l’on retrouve pourtant bien ici avec des rixes soutenues, pour qui jouera au minimum en difficulté Marche ou crève, et ce malgré une IA totalement idiote (à moins que ça ne soit représentatif), le tout donnant un vrai sentiment de satisfaction lorsque l’on voit les murs se crépirent de sang nazi et le sol se remplir de membres abandonnés. Oui, visuellement le jeu ne fait pas non plus dans la nuance. On passe la plupart de son temps à exploser des crânes de nazis, découper des bras de nazis, faire exploser des nazis ou encore à couper des gorges de nazis dans des giclées de sang totalement exagérées qui se marient parfaitement avec le côté too much voulu par MachineGames. Bref, Wolfenstein II : The New Colossus c’est visuellement et scénaristiquement n’importe quoi, et nous, on adore ça !

C’est rien que des putains de nazis

Au niveau du gameplay, pour tous ceux qui ont fait le premier jeu, il sera bien difficile de trouver les différences. Les armes sont super dévastatrices et on peut toujours en équiper une dans chaque main afin de gérer la courte portée et les longues distances en même temps. Si le studio a fait l’effort d’introduire de nouvelles armes lourdes (qui pénaliseront le joueur dans sa vitesse de déplacement), il faut reconnaître que l’arsenal ne s’est pas beaucoup renouvelé dans l’ensemble et on se retrouve encore avec les mêmes flingues, fusils mitrailleurs et autres fusils à pompe à canon triple. Efficaces une fois en main, on regrette tout de même que leur ressenti soit relativement minimaliste, ne donnant pas franchement le sentiment d’utiliser des armes à la puissance dévastatrice. Tout au plus on se contentera du résultat visuel pour voir que le joujou que l’on utilise est relativement utile. Au niveau de l’équipement, pas grand-chose non plus de nouveau à se mettre sous la dent. Comme on le soulignait juste avant, le scénario promet une pirouette remarquable qui sera l’occasion, pour le joueur, de récupérer un gadget parmi trois : le plastron bélier qui permet de foncer sur les ennemis et dans les décors friables, le harnais constricteur pour réduire en taille et se faire tout petit et enfin des échasses permettant d’effectuer des doubles sauts. Trois nouvelles solutions pour affronter nos copains nazis ou trouver des chemins alternatifs et ainsi tenter, pourquoi pas, des approches furtives histoire de faire parler sa hachette.

Wolfenstein II : The New Colossus s’apprécie donc pour ce qu’il est : un gros nanar qui ne se prend jamais au sérieux !

Si le scénario n’offre qu’un seul de ces trois gadgets il sera possible de récupérer les deux autres en réalisant les missions d’assassinat qui sont l’une des nouveautés de Wolfenstein II. Dans chaque zone traversée par l’histoire principale le joueur trouvera des généraux porteurs de code de décryptage. Ces codes, lorsque l’on en ramasse assez, permettent de localiser (à travers un mini-jeu sans intérêt) des Über Commander pour se lancer à leur poursuite. Dans les faits il s’agit simplement de refaire une partie de niveau déjà traversé, sans aucun autre but que de massacrer tout ce qui se trouve dans la zone afin d’atteindre le chef en position. Une fois la mission terminée, on rentre au bercail et on peut reprendre son activité. Ces assassinats peuvent se faire entre deux missions de l’histoire principale ou en tant que contenu end-game, le jeu permettant de continuer à jouer une fois le scénario terminé. Un bon point pour ceux qui aimeraient bien récupérer le plus de trophées possible sans pour autant devoir refaire le jeu une demi douzaine de fois. En revanche impossible de remplir les quêtes secondaires une fois les crédits du jeu aperçus. Pour se faire il faudra bien prendre soin de discuter avec tous les occupants du sous-marin à chaque fois que l’on revient d’un chapitre de l’histoire principale. Du contenu supplémentaire qui permet d’allonger un peu la durée de vie mais qui se montre très limité d’un point de vue qualitatif. Ces missions secondaires se déroulent toutes dans le sous-marin, se terminent en une poignée de minutes et n’apportent rien à l’histoire principale. Tout au plus on y gagnera des améliorations pour les gadgets portés par le joueur quand ce n’est pas juste un dialogue idiot et tordant qui nous sera offert en récompense.

Enfin, histoire de terminer cet agréable petit tour du propriétaire, on parlera technique. Tournant sur le moteur maison, l’Id Tech 6, le jeu affiche de bien jolies choses dans son ensemble même si, sur PC, on est loin des maîtres étalons du genre. Dès lors que l’on met le nez en dehors du métro ou des bases nazies, la direction artistique est globalement soignée avec une Nouvelle Orléans qui fait froid dans le dos alors que les niveaux plus couloirs ont fait l’objet d’un travail plus soigné au niveau des éclairages. Les amoureux des grosses armures et autres méchas apprécieront quant à eux le design général des ennemis bourrés de détail. Loin d’être une vitrine technologique le jeu s’en sort tout de même avec les honneurs. On déplorera juste, encore une fois, une optimisation sur PC pas franchement séduisante avec un jeu qui, malgré un premier patch conséquent et des drivers Nvidia dédiés, crash de temps à autres, ne supporte pas, ou très mal, les différents overlay du moment (Steam, GeForce Experience) et le ALT-TAB (en 2017, c’est dur quand même). Un manque de finition un tantinet regrettable qui nuit violemment à l’immersion du soft car c’est bien connu, quand il s’agit d’étriper du nazi on n’aime pas être interrompu.

LE VERDICT
CON, MAIS BON !
7
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Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à BF1 et Darkest Dungeon.

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