Test de Windbound (PC, PS4, Switch, Xbox One)

CONCLUSION

S'il y a des voyages qui marquent une vie, malheureusement Windbound n'est pas de ceux qui laissent un souvenir impérissable. Face à son univers onirique et son atmosphère poétique, il y a pourtant de quoi se laisser charmer. Certes, mais à quel prix ? Le défi de 5 Lives Studios de vouloir réunir autant de mécaniques était fort ambitieux, mais semble t-il trop au-dessus de ses moyens. La croisière ne se fait ainsi pas sans la compagnie de défauts techniques, de lourdeurs ergonomiques et de perturbations liées à la physique. Qu'on se le dise, la destination n'est pas pour autant à éviter, et réserve même de bons moments. En passant outre ses points noirs, les joueurs cherchant une aventure à la fois extrême et spirituelle, devraient tout de même trouver en Windbound ce petit vent de fraîcheur.

L’heure de la rentrée vient de sonner ce qui signifie, pour la plupart, replonger dans la vie active ou scolaire. Pour autant, 5 Lives Studios a décidé de prolonger les vacances estivales en proposant une destination pour le moins insolite. Survivre au plus près de la nature, apprendre à naviguer en pleine mer et rencontrer des animaux encore jamais approchés, tout en découvrant les légendes locales dans un monde généré de manière procédurale, Windbound est un voyage unique pour quiconque s’y aventure. Mais est-il de ceux qui méritent un retour ? Préparez sac et flambeau, l’heure de conseil est à présent venu.

Kara’s Awakening

Windbound test PS4 screenshotSous une pluie torrentielle, une jeune fille se bat pour sa survie face aux vagues d’une mer des plus agitées. L’espoir de revoir ses terres natales nourrit sa force et son courage. Mais en dépit de tous ses efforts, la brave canotière se laisse surprendre par l’apparition d’une étrange créature marine. C’est alors qu’elle perd le contrôle de sa barque et se retrouve, à l’annonce d’un éclair, avalée par les flots tourmentés. Si cette introduction peut sembler familière avec un certain blondinet en tunique verte, les développeurs derrière le jeu dont il est question ici n’en cachent aucunement leurs inspirations.

Mais dans le cas de Windbound, il n’est guère question d’aller sauver une princesse en détresse, ni de terrasser formellement une entité maléfique. Appelée par le sifflement d’un chaud et doux vent lointain, Kara se réveille seule, échouée sur une île inconnue. Bien que les lieux peuvent rassurer par leur aspect idyllique, voire paradisiaque, de nombreux mystères et dangers semblent s’y terrer, mais pas que… Il se pourrait bien que ce monde hostile soit également lié à l’histoire de sa tribu. Équipée d’un simple couteau de fortune, notre héroïne va alors devoir apprendre à survivre tout en cherchant à découvrir ses origines.

The Island(s)

Windbound test PS4 screenshotS’il y a bien un chemin qui mène vers la lumière révélatrice, aucune indication ou objectif n’est réellement donné à notre aventurière pour y parvenir. Dans son épreuve, elle ne peut compter que sur ses capacités d’observation et d’adaptation. En ce sens, le sentiment de se retrouver abandonné, face à soi-même, n’a aucun mal à s’installer, du moins jusqu’à ce que la trame principale montre ses dessous. Découpée en cinq niveaux, l’aventure suit un schéma plutôt simple, à savoir récupérer l’énergie des coquillages sacrés, situés chacun au sommet d’une tour à l’architecture atypique. Trois de ces artefacts sont nécessaires pour pouvoir ouvrir un portail menant ainsi à la zone suivante. La marche à suivre reste la même pour l’ensemble des chapitres, sans défis, donjons ou réelles quêtes annexes.

Le sentiment de se retrouver abandonné, face à soi-même, n’a aucun mal à s’installer dans Windbound, du moins jusqu’à ce que la trame principale montre ses dessous.

Face à l’enchaînement de ces cycles, la monotonie ne peut s’empêcher tout naturellement de s’incruster à la fête. Pour autant, l’envie d’avancer n’en est pas moins amoindrie, notamment grâce à la présence de mécaniques bien pensées. Parmi elles il y a tout d’abord le crafting qui, au-delà d’être indispensable pour progresser, se veut sacrément efficace. Monter un bateau, se faire un feu, se fabriquer une lance, bander un arc, ou encore tisser une fronde, la liste des possibilités est large et s’enrichit au fur et à mesure de notre voyage. Cependant, avant de pouvoir faire concurrence à MacGyver, encore faut-il avoir les éléments nécessaires en sa possession.

Windbound test PS4 screenshotDès lors, une grande partie de l’aventure consiste à récolter ce que mère nature nous offre. Et pour assurer sa survie sur ces îlots mystérieux, le moindre caillou, morceau de bois, d’os, ou brin d’herbe peut s’avérer utile. En outre, chaque nouveau matériau déniché est l’occasion d’en apprendre davantage sur la faune et la flore, tout en ajoutant une ligne à notre liste de recettes artisanales. Mais étant donné que l’inventaire n’est pas le sac de Mary Poppins, gérer intelligemment nos affaires devient ainsi l’une des manœuvres prioritaires de ce périple. Face à quoi, ceux souffrant de “lootomanie”, qui consiste à ramasser tout sur son passage, auront certainement quelques soucis à s’engager.

La faim de tout !

Chronophages et surtout énergivores, toutes ces activités demandent en parallèle une certaine contrepartie pour pouvoir continuer. En effet, jouer les Robinson Crusoé a de quoi creuser l’estomac. Dès lors, trouver des vivres devient une priorité à laquelle il faut savoir répondre au risque de voir la fin arrivée avant l’heure – et pas la bonne. Pour cet exercice, la difficulté se veut double car il n’y a pas une mais deux jauges à surveiller, celle des points de vie, mais aussi celle dédiée à l’endurance. Plus la faim se fait sentir, plus notre force se consomme jusqu’à aller puiser dans notre énergie vitale. Ainsi, afin d’éviter toute mauvaise surprise, deux solutions s’offrent à nous : remplir son rôle de chasseur-cueilleur ou dénicher le souffle ancestral contenu dans de petits autels servant à augmenter le contenu de nos barres.

Windbound test PS4 screenshotQu’on se le dise, arranger notre équipement est ici une routine qu’il ne faut pas redouter d’adopter. À l’inverse, si Windbound demande de passer beaucoup de temps dans ses menus, leur ergonomie n’est pas des plus exemplaires. Entre la configuration des touches inadaptée et les limites de l’interface, il est pour ainsi dire assez facile de s’emmêler les pinceaux, d’autant plus lorsqu’un ennemi a décidé de venir semer la pagaille. Sachant que l’organisation du sac se fait en temps réel, il est alors préférable d’assurer doublement ses arrières avant de pouvoir se mettre à l’oeuvre. Malgré cela, le goût de l’exploration, de l’ailleurs, de l’inexploré, reste intact, notamment grâce à l’aspect évolutif de la topographie des lieux.

Danse avec la mer

À ce titre, il serait d’ailleurs plus juste de parler ici de semi open-world au sein duquel les cartes évoluent et se génèrent de manière procédurale. En plus de garantir une certaine rejouabilité, ce système dit aléatoire laisse peu de place à la lassitude, et cela même face à certaines facilités structurales. En ce sens, la densité des environnements et le mysticisme qui les entourent, aident grandement à nourrir notre curiosité. À cela s’ajoute également une direction artistique pour le moins enchanteresse. Marchant sur les pas d’un Rime et d’un certain Breath of the Wild, Windbound et son joli cel shading sentent bon le dépaysement. Des plages tropicales, aux forêts féeriques, en passant par les plaines désertiques et même les bois marécageux, il y a même un certain plaisir à se perdre au sein de ces cadres.

Le goût de l’exploration, de l’ailleurs, de l’inexploré, reste intact, notamment grâce à l’aspect évolutif de la topographie des lieux.

Windbound test PS4 screenshotSi les environnements sont aussi vastes que charmants, ils sont aussi composés à 80% d’eaux, si ce n’est plus. Bien évidemment, arriver à nos fins ne se fera pas uniquement à la force des mains et des pieds, ou autrement dit, en marchant et en nageant. Une fois les outils réunis, Kara peut compter sur une monture de taille, à savoir une belle pirogue. Customisable de la coque au voile, notre véhicule est en soi un véritable campement mobile. Il sert aussi bien de moyen de transport que de stockage ou même de barbecue aquatique.

Mais, profiter de sa compagnie signifie avant tout prendre soin de lui tout en veillant à le dompter. En pratique, le joueur doit, tel un vrai marin, savoir naviguer en se fiant et s’adaptant aux conditions océanographiques et météorologiques. Il est d’ailleurs inutile de chercher à vouloir braver l’humeur d’Eole. Le dieu du vent aura vite fait de nous faire comprendre sa force en stopper tout simplement notre avancée. Il en va de même de l’écosystème marin. Entre les récifs coralliens tranchants comme des lames de rasoir, les crustacés prêts à ronger nos parois et les requins rôdant à la recherche d’un casse-croûte, les trajets en bateau ne sont pas vraiment ce qu’on appelle des promenades de santé.

Un voyage éternel ?

Windbound test PS4 screenshotLe discours reste d’ailleurs le même sur mer comme sur terre. Les animaux et autres monstres terrestres savent faire part de leur présence et de leur hostilité. Mais ce n’est pas tant leur dangerosité qui est difficile à surmonter. Les affronter consiste en grande partie à apprendre leurs différents patterns et à esquiver au bon moment avant de passer à l’action. En revanche, les complications résident essentiellement dans le fait de devoir composer avec une animation sérieusement boiteuse. Lourds et souvent imprécis, les chorégraphies martiales de notre héroïne se pratiquent sur un sol quelque peu glissant. Et comme si les rencontres n’étaient pas assez déséquilibrées, la caméra a parfois du mal à suivre l’action, et cela malgré le ciblage automatisé activé.

Que ce soit lors des phases de combat, d’exploration ou de fabrication, les idées de game design peinent à atteindre leur plein potentiel – “À vouloir trop faire, on se perd”. Tel un hybride sorti trop tôt de son cocon de développement, Windbound est une expérience où se confrontent constamment satisfaction et frustration, avec tout de même une certaine prédominance pour le mauvais côté. L’aura poétique qui émane de ces lieux édéniques a certes de quoi envoûter et encourager à évoluer. Mais, au final, la découverte se montre bien souvent trop en dessous des efforts fournis et vaut même rarement le détour.

Et c’est peut être bien là, paradoxalement, toute l’alchimie de ce survival signé 5 Lives Studios. “Dans le voyage, ce n’est pas la destination qui est le plus important, mais tout le chemin parcouru.” Malgré ses tares, Windbound représente avant tout une belle odyssée personnelle façon Robinson Crusoé. Les voix résonnant à travers la brise céleste, et éclairant sur les événements passés sont d’ailleurs là pour rappeler toute la portée symbolique et philosophique du voyage. Mais, encore une fois, il est dommage que le jeu n’aille jamais au-delà des codes, aussi bien narratifs que ludiques, dont il s’inspire, de manière à lui permettre ainsi de briller de son propre éclat.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournir par l’éditeur, sur Playstation 4.

Avatar
Mr.J
Aucun super-pouvoir, gameplay limité, fait partie du comité de protection des licornes. Recherche en vain cet alter ego qui lui permettra de mener à bien sa vendetta - "The monster you created has returned to kill you"

L'ACTUALITÉ

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

17 + 11 =