Test de We. The Revolution (Nintendo Switch, PS4, Xbox One, PC)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Switch.

Chop chop

Dans We. The Revolution, le joueur incarne Alexis Fidèle, un juge ayant la lourde tâche de mener à bien tout un tas de procès pouvant aboutir à des mises à mort, le tribunal révolutionnaire n’étant que peu indulgent avec les accusés. Car si la peine d’emprisonnement est au départ une possibilité, elle s’éclipse bien vite dès que la Terreur se met en place pour de bon, ne laissant plus que deux choix : la relaxe ou la mort. Seulement voilà, bien que juge, Monsieur Fidèle ne peut tout le temps rendre son verdict en son âme et conscience. Plusieurs factions lui mettent la pression, aux côtés du jury ainsi que de sa famille. Dès le départ, le joueur se rend donc compte que la progression au sein du titre de Polyslash sera délicate et qu’il risque de se retrouver poignardé dans le dos – au sens propre – au moindre faux pas ou presque, absolument tout ayant des conséquences.

Et heureusement qu’un petit tutoriel est proposé en début de partie tant les éléments à apprendre sont nombreux : jauges d’approbation des factions, popularité, agacement de la foule, bonus et malus, points d’influence, associations de mots pour débloquer des questions, mise en place de complots, prise de contrôle des différents quartiers de Paris, événements ponctuels… Il est facile de se perdre dans tout ce que We. The Revolution a à offrir au joueur, ce qui est d’autant plus vrai sur la fin du titre qui aurait mérité un peu plus de clarté. Sans parler de la quantité assez importante de documents à lire, que ce soit pour mener à bien chaque procès ou tout simplement en apprendre plus sur tous les personnages présents dans le titre (et ils sont nombreux).

Hérétique ! Au bûcher !

Les procès se déroulent toujours de la même manière : le juge lit l’accusation, pose des questions à l’accusé, remplit un petit document pour le procureur et annonce la sentence. Mais, bien entendu, dans les faits ce n’est pas aussi simple. Ainsi, toutes les questions sont bloquées et il s’agit de correctement associer deux termes entre eux pour pouvoir en obtenir une, par exemple : « Assassinat / Accusation » ou encore « Veuve / Circonstance atténuante ». Le nombre de questions à débloquer diffère à chaque procès, mais en revanche un élément reste immuable, à savoir que le joueur n’a pas le droit à trop d’erreurs dans ses associations. La plupart du temps, il suffit de se tromper deux fois et c’est fini. Le juge n’aura alors pas tous les éléments en main, sachant qu’en plus certains pièges sont parfois de la partie. Ce qui pose problème lorsque l’on doit remplir le dossier pour le procureur. Car si l’on n’a pas tous les éléments, on risque de remplir certaines choses au hasard, au risque de tomber faux et de ne pas obtenir l’approbation de l’homme de loi.

En revanche, ne pas débloquer toutes les questions n’a que peu d’incidence sur le verdict rendu puisque, comme dit précédemment, le joueur oublie bien vite de rendre des jugements justes. La progression dans le titre étant grandement dépendante des jauges des différentes factions présentes (peuple, révolutionnaires, aristocratie), on finira finalement par acquitter ou condamner en fonction de ces dernières. Vous risquez de tomber à zéro avec les gens du peuple si vous condamnez à mort l’accusé du moment ? Tant pis, il faudra le relâcher pour espérer continuer la partie… Et c’est dommage, car on finit fatalement par se demander s’il est bien utile de se fatiguer à interroger l’accusé et à comprendre tout le contexte derrière son arrestation. L’avis du jury est également relativement important, puisque ne pas l’écouter plusieurs fois de suite entraîne un malus. Ce qui est aussi vrai pour la famille du juge Fidèle, qui risque de ne pas apprécier si vous libérez un criminel notoire.

We. The Revolution est un titre qui n’est clairement pas destiné à tous tant son approche se veut complexe, le joueur devant sans cesse jongler avec de nombreux éléments s’il veut pouvoir voir le bout.

Qu’ils mangent de la brioche !

Et la famille est aussi un élément important dans We. The Revolution, car elle peut apporter des bonus non négligeables. Il faudra donc la chouchouter et passer du temps avec chacun dès que cela est possible : emmener sa femme faire du shopping, discuter politique avec son père, écouter son fils jouer de la musique… Chacun rapporte un petit boost sur un élément différent, comme la popularité du juge. En dehors de la famille, Alexis Fidèle peut aussi se rendre au « tripot »pour jouer aux dés tout en récoltant des informations utiles ou obtenir de nouveaux soutiens. Il lui est aussi possible de placer ses pions – littéralement – sur une carte stratégique. Autre gros élément de gameplay, cette dernière propose de prendre petit à petit le contrôle de Paris. Ce qui n’est pas choses aisée, puisque des agents adverses sont aussi à la manœuvre, tantôt pour agiter les foules, tantôt pour combattre les émissaires du joueur, et ainsi de suite. Là encore, tout est une question de choix puisque l’on dispose de bien moins d’agents que l’I.A., même s’il faut garder en tête que perdre le QG est synonyme de Game Over.

Enfin, si l’on met de côté les quelques combats stratégiques peu intéressants du jeu de Polyslash, le dernier gros élément de gameplay se présente sous la forme de complots. Régulièrement, Fidèle devra ainsi tout mettre en œuvre pour faire tomber l’un de ses (nombreux) ennemis. Il pourra tout d’abord se faire de nouveaux alliés en concoctant un petit discours. Hélas, ces derniers sont relativement peu clairs et délicats à appréhender puisque ce que dira le juge n’est pas indiqué, le joueur devant uniquement choisir entre différentes approches telles que la manipulation ou l’agressivité. Toujours en ce qui concerne les complots, il sera fréquemment demandé, pour une mission donnée, de choisir entre l’approche pacifique, la force ou la discrétion, avec des taux de réussite variés (mais qui n’apparaissent qu’une fois le choix fait), le résultat n’étant découvert que le lendemain. Enfin, certains choix cruciaux sont parfois demandés et viennent carrément bousculer la narration. Évidemment, ces derniers sont loin d’être faciles…

Liberté, égalité, acquitté

Bref, vous l’aurez compris, Polyslash propose avec son We. The Revolution un titre qui n’est clairement pas destiné à tous tant son approche se veut complexe, le joueur devant sans cesse jongler avec de nombreux éléments s’il veut pouvoir voir le bout. Et, dans un sens, c’est dommage de se mettre de côté tout un pan des joueurs tant l’on sent que les développeurs se sont longuement documentés en ce qui concerne la Révolution. Outre les figures célèbres que l’on peut croiser ou les lieux emblématiques à visiter, on ressent bien la pression qui était mise sur les juges à l’époque, la haine de la population envers la monarchie – et la noblesse en général – ou encore tout les complots qui étaient mis en place. Certes, le trait est sans doute parfois grossi, notamment en ce qui concerne la soif de sang des parisiens de l’époque, mais, globalement, l’ambiance est une belle réussite.

On ne peut toutefois pas en dire autant de la réalisation de ce titre, en tout cas sur consoles (Nintendo Switch, en l’occurrence). Certes, la direction artistique ‘’polygonale” fonctionne très bien et donne une vraie touche d’originalité au titre de Polyslash, et on ne peut pas reprocher grand-chose à la traduction française intégrale en ce qui concerne les textes. Malheureusement, l’interface vient un peu tout gâcher. Peu claire, elle conduit bien souvent le joueur à faire des erreurs dans ses choix sans qu’il ne s’en rende vraiment compte, ce qui est encore plus agaçant durant les discutions puisque celles-ci sont chronométrées. Mais le vrai gros problème vient des bugs de We. The Revolution, qui empêchent parfois carrément de progresser. On ne compte plus le nombre de fois où nous avons dû relancer le jeu dans l’espoir de mettre un terme à un temps de chargement infini ou encore pour faire apparaître une icône essentielle qui avait oublié de s’afficher… Dommage.

LE VERDICT
Décapiter des gens c'est pas Charlie
7
Shauni
All your base are belong to us.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

dix-neuf − onze =