Test de Wasteland 3 (PC, PS4, Xbox One)

CONCLUSION

Au moment de poser un jugement sur Wasteland 3 on avoue avoir un peu le cul entre deux chaises. Loin d'être un mauvais jeu, il offre aux joueurs un beau moment de RPG comme on les aime avec des choix, des conséquences, des situations épiques et des têtes qui explosent sur un tir critique au sniper. D'un autre côté, il est aussi très loin d'être à la hauteur de ce que l'on espérait. Pétri de bugs, pas optimisé pour deux sous, il propose un gameplay fainéant qui n'ose rien, voire se permet même quelques régressions injustifiables. Le tout avec un niveau technique que l'on ne pensait pas acceptable pour un studio comme inXile Entertainement. Décidément 2020 nous aura tout pris.

S’il n’y a probablement que les plus vieux qui se rappellent le tout premier Wasteland, beaucoup ont probablement encore en tête sa très bonne suite, sobrement intitulée Wasteland 2 sortie en 2014. L’excitation était donc légitime lorsque l’on a appris que Wasteland 3 était une réalité et qu’il débarquerait un jour en 2020. Alors on est certes à la bourre, mais on va quand même prendre un peu de temps pour vous dire si ce nouvel opus, signé inXile Entertainement, a de quoi vous redonner le sourire en cette année aux arrière-gouts de fin du monde.

Plume d’or

wasteland 3 screenshot test pcAprès avoir crapahuté en Arizona sous un soleil de plomb, nos rangers débarquent dans un Colorado plongé dans un éternel hiver nucléaire. Toujours prompts à aider leurs prochains ils sont ici pour un but bien précis. Aider le Patriarche, le dirigeant local, à stabiliser sa région en échange de ressources inespérées pour la base en Arizona qui est au bord du gouffre. Evidemment la région en question est peuplée d’énergumènes en tout genre qui n’ont qu’une idée en tête, virer le Patriarche pour prendre le contrôle du Colorado. Le pitch de départ est donc on ne peut plus simple mais, comme on peut d’en douter, rien ne se passera comme on l’imaginait au départ.

Spécialité chez inXile Entertainement le jeu propose tout un tas de scénarios possibles qui se dévoileront en fonction des choix faits par le joueur. Un peu à l’image d’un The Witcher 3, il n’y a pas de happy ending dans Wasteland 3. Chaque choix a des répercutions positives pour une partie de la population, mais totalement néfastes pour d’autres populations. Le jeu se fera même un plaisir de vous torturer parfois avec des situations d’apparence simples mais qui auront des conséquences totalement affreuses pour peu vous essayiez de rester droit dans vos bottes.

En réalité dans Wasteland 3 il faut faire des choix, les assumer et ravaler sa fierté en se disant que, parfois, le moindre mal ce n’est pas si mal et que de toute manière on ne pourra pas sauver tout le monde. Et puis il ne faut pas imaginer pouvoir reprendre une sauvegarde précédente pour changer d’avis, car c’est bien évidemment sur le long terme que l’on se rend compte de tous les tenants et aboutissants des choix faits durant l’aventure.

Si votre came ce sont les choix/conséquences, les dialogues acides et percutants ou encore des personnages complètement allumés, alors vous devriez vous sentir à l’aise dans Wasteland 3.

wasteland 3 screenshot test pcPour arriver à ce niveau d’implication du joueur, Wasteland 3 repose avant tout sur une excellente écriture qui jongle en permanence entre humour noir, satire, sarcasme autres sujets d’actualité. Si l’on n’évite pas les thèmes classiques pour ce genre d’univers (oui vous croiserez des cannibales et des esclavagistes) l’ensemble se montre parfaitement cohérent avec des enjeux parfois véritablement captivants. Si votre came ce sont les choix/conséquences, les dialogues acides et percutants ou encore des personnages complètement allumés, alors vous devriez vous sentir à l’aise dans Wasteland 3.

Agence tout risque

Au-delà de sa narration maitrisée Wasteland 3 propose un gameplay classique qui n’est malheureusement pas exempt de défauts particulièrement agaçants. On prend, dès le départ, la tête d’une escouade de 4 rangers (façonnés de la tête aux pieds ou sélectionnés dans un panel de personnages clés en main) à laquelle se joindront deux compagnons. Ces deux personnages supplémentaires proposeront systématiquement une quête personnelle et pourront tout à fait réagir aux choix faits par les joueurs. Pour cette seconde partie c’est en théorie, car sur la totalité de notre aventure, seul un de ces personnage a réagit à un choix plus que douteux de notre part, sans jamais aller plus loin qu’un simple avertissement verbal.

wasteland 3 screenshot test pcPour la personnalisation, en bon RPG Wasteland 3 propose tout un tas de statistiques permettant de faire évoluer ses personnages comme bon nous semble. Du moins sur le papier, car une fois en jeu, on se rend vite compte que le jeu est construit de sorte que seule une équipe polyvalente pourra s’en sortir, surtout dans les modes de difficulté supérieure. On est alors obligé de faire des choix pour couvrir un éventail de possibilités le plus large possible.

 À découvrir également : Notre vidéo des premières minutes de Wasteland 3.

Heureusement le jeu a la bonne idée de faire en sorte que certaines compétences soient valables à l’ensemble du groupe en dehors des combats. Concrètement cela signifie par exemple que si un des personnages maitrise le marchandage il ne sera pas nécessaire que ça soit lui qui effectue les transactions. En jeu c’est particulièrement pratique puisque cela évite de sélectionner un personnage en particulier avant d’interagir avec le monde extérieur.

En combat en revanche, ce n’est pas le cas. Si on souhaite pirater un robot ennemi ou désactiver une tourelle défensive, il faudra explicitement sélectionner le personnage capable de réaliser l’opération. Et ce, au risque de perturber l’ordre des assauts, voire de fragiliser une position sur la grille de l’affrontement. On garde ainsi l’aspect tactique durant les combats tout en simplifiant la vie des joueurs lorsqu’ils sont en mode exploration.

Fight Club

wasteland 3 screenshot test pcEt des combats, il y en a. Beaucoup ! Si on peut éviter, en fonction des capacités développées, certains conflits grâce à une réplique bien placée, on ne pourra pas y échapper éternellement. Là encore on reste dans le classique avec une grille de déplacements, des points d’action à dépenser (ou économiser pour le tour suivant), et la nécessité de prendre en compte les différentes couvertures offertes par le plateau. Dans certaines situations il est même possible de la jouer infiltration avant de démarrer les hostilités. On pourra ainsi utiliser un ou deux personnages pour prendre à revers les adversaires au moment où le combat démarrera. Malheureusement ces situations sont trop rares et il faudra trop souvent se contenter d’affrontements frontaux ou seul le principe de premier tir permet de prendre l’initiative.

Outre ce manque de possibilités d’approches, on regrette aussi que l’environnement ne soit pas plus propice à des réactions en chaine comme on pouvait en déclencher dans les Divinity : Original Sin. Il y a bien quelques tonneaux explosifs par-ci par-là mais pas de quoi vraiment pimenter les rixes pour autant. C’est dommage surtout que le jeu est globalement punitif et demande parfois une vraie stratégie pour s’en sortir sans trop de dommage. Du moins dans la première moitié de l’aventure, car les choses ont malheureusement tendance à se tasser une fois certaines compétences maitrisées. On vous conseille d’ailleurs fortement le mode de difficulté cauchemar si vous voulez profiter d’un minimum de challenge sur la durée de l’aventure (munitions très limitées, pas de lance missile nucléaire, etc.).

Malgré le plaisir que l’on peut ressentir, il faut être courageux pour supporter ce que Wasteland 3 propose sur le plan technique.

À la pisse l’ancienne

wasteland 3 screenshot test pcGlobalement Wasteland 3 se repose donc un peu trop sur les acquis de son ainé mais il reste malgré tout plaisant. On a du mal à lâcher l’affaire tant que l’on n’est pas arrivé au bout. De ce point de vue là, pas de craintes à avoir puisque Wasteland 3 n’a pas la prétention de réquisitionner une centaine d’heure pour que vous en voyiez le bout. Comme on le disait un peu plus haut, une petite quarantaine d’heure suffira pour en faire le tour. Les différents choix et possibilités aideront même les plus courageux à y retourner pour tenter de nouvelles solutions.

Car oui, malgré ce plaisir que l’on peut ressentir, il faut être courageux pour supporter ce Wasteland 3 qui, d’un point de vue technique, est tout sauf satisfaisant. On pourrait parler de ces compétences implémentées de manière loufoque (la capacité Chance), des perks qui ne fonctionnent qu’à moitié (coucou le Commandement), de ces bugs qui forcent à relancer le jeu au risque de perdre un peu de sa progression, ou encore de ce framerate qui s’écroule lorsque l’on place une attaque critique non mortelle. Tout cela donne l’impression d’un jeu bâclé qui rappelle la piètre qualité des Fallout d’antan et ce n’est clairement pas un compliment.

Mais de tous ses défauts, Wasteland 3 vous agacera au plus haut point dès lors qu’il sera question d’un chargement. Car non seulement la structure même du monde en impose partout, mais en plus ils sont insupportablement longs. Réfléchissez donc bien avant de quitter une zone, vous pourriez vous en mordre les doigts si jamais vous deviez faire demi-tour parce que vous avez oublié de faire le plein de munition.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

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Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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