Test de Warhammer : Vermintide 2 (PC)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, achetée par nos soins, sur PC.

Rat des goûts

Évidemment, Warhammer : Vermintide 2 prend place directement après les événements du premier opus durant la fin du monde de Warhammer, alors que toutes les forces maléfiques semblent s’être données le mot pour lancer un ultime assaut devant aboutir à une fin tragique pour les gens du dessus. Une ambiance que Fatshark a retranscrit avec brio à l’écran en respectant parfaitement les écrits et illustrations de l’univers Warhammer. Chaque carte est l’occasion de se rendre compte de l’intensité du conflit avec des environnements en ruines, jonchés de cadavres, qui ne laissent aucun doute quant à l’issu de l’affrontement qui se déroule sous nos yeux. Rarement cet univers n’aura autant été respecté et donné cette impression de réalité. Outre un level design bien plus poussé et travaillé, c’est surtout la direction artistique bien plus respectueuse de l’univers original qui permet d’arriver à ce niveau d’immersion. Avec des éclairages réfléchis et des plans qui frôlent parfois le grandiose on touche vraiment du doigt l’immensité de ce qui nous entoure. Là où le premier opus nous donnait simplement l’impression de s’inspirer de la licence, Warhammer : Vermintide 2 nous y plonge de la tête aux pieds.

Une immersion visuelle vraiment réussie que la bande-son, toujours signée Jesper Kyd, vient encore une fois compléter avec brio. Que ça soit avec ses tambours stressants lorsqu’une vague débarque ou ses envolées de violons dans les moments propices à la contemplation, tout y est, ou presque, pour vraiment coller une dimension épique à la traversée de chaque mission. Presque, car à ce tableau idyllique il faut bien évidement ajouter cette technique toujours pas à la hauteur des productions actuelles (ce qui lui permet de tourner sur des configurations modestes, toutes options activées). On retrouve encore et toujours des textures parfois affreuses et des animations pas franchement travaillées. Mais comme on est bons joueurs on préfère en rire surtout que, dans le cas présent, ce genre de bêtises donnent souvent lieu à des fous rire collectifs. Au pire, si vous ne voyez pas de quoi on parle, cherchez un nain dans un champ de blé, vous finirez par comprendre.

Jeu de nain…

Suite oblige, Warhammer : Vermintide 2 repose sur le même principe que son grand frère. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, il s’agit d’une sorte de Left 4 Dead dans lequel les zombies sont substitués par des rats et des soldats du chaos et où les 4 humains de l’équipe sont remplacés par une Elfe, une Sorcière, un Nain, un Répurgateur et un Chevalier Impérial (oui ça fait 5, mais à un moment il faudra choisir). La recette de base est, elle-aussi, la même : 4 joueurs au point de départ, un objectif en bout de map, des tonnes d’ennemis entre les deux et frappez jeunesse ! Oui, dans Vermintide, on préfère la sensation d’une hache en travers de la tête à celle d’une balle entre les deux yeux tirée à 300 mètres de l’ennemi. Ici tout, ou presque, repose sur le corps-à-corps. On passe donc les trois quarts de son temps à frapper à grands coups de marteau, hallebarde, glaive et autre hache à deux mains tout ce qui tente de nous faire échouer, les munitions étant soit très limitées, soit sujet à un cooldown assez pénalisant si on n’y prête pas attention.

Outre un level design bien plus poussé et travaillé, c’est surtout la direction artistique bien plus respectueuse de l’univers original qui permet d’arriver à ce niveau d’immersion.

Alors évidemment chez Fatshark on ne s’est pas contenté de balancer le même jeu avec seulement des maps mieux foutues. Warhammer : Vermintide 2 débarque avec tout un tas de nouveautés, à commencer par un système de spécification pour chacune des cinq classes. Au nombre de trois par classe de personnage, elles offrent, en plus d’une capacité active et une passive uniques, un petit arbre de compétences propre. Pour le Nain par exemple on peut opter pour un roi de la parade avec la spécialisation Ironbreaker qui porte une hache et un bouclier ou, au contraire, préférer trancher dans le vif des sujets avec la version Slayer et ses deux haches. Quant à l’arbre de compétences, que les allergiques se rassurent, on est très loin d’un Path of Exile puisqu’il est simplement question de choisir une compétence parmi trois et ce, tous les 5 niveaux (le niveau 25 étant la dernière étape, le niveau 30 le maximum). Sur le papier donc, la volonté de Fatshark de varier les compositions d’équipe est assez forte. Le studio pousse clairement les joueurs à expérimenter et à tester pour voir ce qui fonctionne et ce qui n’est pas efficace. Ceci étant il ne faut pas perdre de vue que le Nain et le Chevalier impérial sont plutôt typés corps-à-corps, la Mage et l’Elfe se destine au combat à distance alors que le Répurgateur reste le polyvalent de la bande.

Seulement dans la réalité tout n’est pas aussi rose et tout ça, c’est la faute de l’Elfe ! Non on ne vous fait pas un mauvais remake du Donjon de Naheulbeuk, mais pour autant c’est la triste vérité. L’Elfe est, pour le moment, complètement cheaté, trop fort, au dessus de tout, bref, Elf is OP as fuck. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le tableaux de chasse en fin de partie où, inlassablement, l’Elfe s’en tire toujours avec tous les honneurs et ce même si son niveau est bien moindre que les autres joueurs. En réalité ce qui fait que cette classe s’en tire avec autant de facilité c’est parce qu’elle peut, tranquillement, distiller autant de dégâts avec ses flèches que n’importe quel tank avec son arme de corps-à-corps. En jeu le déséquilibre se traduit par une certaine frustration pour les joueurs plus orientés corps-à-corps qui se voient souvent voler des kills plutôt flatteurs (oui, se farcir un soldat du chaos en solo pour le voir tomber sous une flèche perdue, je vous assure que ça agace). Plus important que ces railleries de nain, c’est surtout que cela rend l’Elfe incontournable pour les niveaux de difficultés supérieurs, allant ainsi à l’encontre de tout le travail réalisé pour pousser à la diversification. Heureusement la situation n’est en rien irréversible et il est fort probable que le studio corrige tout ceci rapidement avec un patch que l’Elfe prendra en pleine figure (du moins on l’espère).

You have my axe

Pour pourrir la vie de cette bande de joyeux lurons, les Skavens ne sont plus seuls. Après leur déroute du premier opus, ils se sont alliés aux soldats du chaos que l’on retrouve donc dans le camp des créatures molles et moches sur lesquelles il faut taper. Un bestiaire qui s’enrichit pour notre plus grand plaisir surtout que Fatshark a également revu son catalogue d’élite. Ainsi en plus des classiques Gutter Runner, StormVermin et autre Packmaster on trouvera quelques belles saloperies qui forceront les joueurs à se serrer un peu plus les coudes. Outre les soldats du chaos lourdement armés et les Storm Vermin équipé d’un bouclier (comme s’ils n’étaient déjà pas assez pénibles sans), on apprécie surtout les nouveaux boss qui apparaissent aléatoirement en cours de mission. Énormes, rapides et généralement violents, ils sont un grand moment de stress et l’occasion, pour les joueurs, de claquer quelques potions de soins tout en démontrant leur habileté à la parade. Si le Rat Ogre du premier opus vous filait la migraine, attendez-vous à de grands moments de joie lors de la rencontre avec une Engeance du Chaos, un Stormfiend ou un Troll de Bile, le tout étant généralement mixé à outrance avec tout un tas de bestioles par le jeu qui n’hésite pas à mettre les joueurs dans la difficulté. L’occasion de souligner que d’un point de vue IA (aussi bien pour les ennemis que pour les bots qui accompagnent les sans amis) le jeu a énormément progressé. Il y a certes encore quelques ratés, mais les Gutter Runner et autres Packmaster sont bien plus efficaces et vos compagnons peuvent parfois se montrer plus utiles que par le passé.

Dans l’ensemble il faut avouer que toutes ces modifications font de Warhammer : Vermintide 2 un jeu bien meilleur que son aîné. Les missions sont plus longues, plus intenses et le challenge est bien présent. On s’en tire rarement en errant seul sur les cartes et l’esprit d’équipe est un mal nécessaire pour ceux qui souhaiteront s’en sortir sans trop de problème dès le niveau de difficulté vétéran sélectionné. Autre élément de satisfaction en comparaison du premier opus, on ressent beaucoup mieux la force des coups portés donnant un vrai sentiment d’impact lorsque notre arme tranche dans le vif. Dommage que l’on ait encore à subir des combats trop brouillons dans lesquels il est parfois compliqué de savoir ce que l’on fait et pourquoi on prend des coups. Problème de collision, parade qui ne passe pas, allonge délirante de certains ennemis sont autant de problème qui viennent inutilement pourrir le jeu par moment. Sans être prohibitifs, ces problèmes sont tout de même parfois rageants, notamment lorsque l’on joue dans les niveaux à la difficulté élevée. Reste à espérer que tout ceci disparaîtra avec l’arrivée des serveurs dédiés que le studio devraient mettre en place en mai prochain permettant, par la même occasion, de supprimer tous les petits désagréments de la gestion en peer-to-peer (fermeture des menus quand l’hôte quitte, loot perdu en cas de perte de connexion, etc.).

Le loot c’est la vie !

Déjà évoqué à plusieurs reprises, le challenge offert par Warhammer : Vermintide 2 est bien réel et il faudra bien plus qu’un bon jeu d’équipe pour arriver à ses fins. Pour s’en sortir les joueurs devront donc faire évoluer leur personnage au fur et à mesure des missions, en améliorant le matériel utilisé. Pour se faire, Warhammer : Vermintide 2 propose le même armada que tous ses semblables à savoir du loot et du craft. Pour faire simple, chaque personnage possède un score de Pouvoir qui, par un mystérieux calcul (prenant en compte le niveau du joueur, les statistiques de l’arme et de toutes les babioles portées), permet au joueur de savoir où il se situe par rapport à une difficulté donnée. Augmenter ce score de Pouvoir c’est donc s’assurer de faire plus de dégâts et d’en subir moins bref, de s’en sortir un peu mieux. C’est là qu’intervient la plus grosse carotte de Warhammer : Vermintide 2 qui, pour pousser les joueurs à jouer encore et encore, fait la promesse, pour chaque mission remportée, d’un coffre contenant du matériel dont la qualité varie en fonction de différents critères presque tous maîtrisés par les joueurs eux-mêmes.

On s’en tire rarement en errant seul sur les cartes et l’esprit d’équipe est un mal nécessaire pour ceux qui souhaiteront s’en sortir sans trop de problème dès le niveau de difficulté vétéran sélectionné.

Dans tous les niveaux les joueurs peuvent en effet ramasser des objets spéciaux qui, en fin de partie, font monter la qualité du coffre obtenu. Les plus simples à trouver sont les Tomes qui prennent l’emplacement réservé à la potion de soin. Porter un de ces tomes c’est donc prendre le risque de ne pas pouvoir se soigner dans l’urgence (même si on peut toujours le poser pour se soigner en présence de soin au sol). Les grimoires maudits permettent aussi, de manière plus importante, de faire monter la qualité de la récompense finale. Une fois ramassés ils occupent l’emplacement des potions de buff (vitesse, force, magie) mais contrairement aux tomes, ils ne peuvent pas être posés (et sont perdus lorsque le porteur meurt). Plus sadique, et comme leur nom l’indique, puisqu’ils sont maudits, ils rabaissent de 30% la barre de santé maximum de tous les joueurs dans l’équipe dès lors qu’on les ramasse. Oui, ramasser les deux grimoires d’un niveau équivaut donc à se couper de 60% de sa barre de vie. Les dés quant à eux n’imposent aucune contrepartie si ce n’est celle de devoir ouvrir tous les coffres dans les niveaux puisque leur emplacement est aléatoire à chaque partie.

Une fois la mission réussie, le jeu fait alors le bilan de ce qui a été ramassé et augmente en conséquence la qualité de la récompense. Et comme si cela ne suffisait pas, Fatshark s’est permis d’ajouter deux petits facteurs supplémentaires pour pimenter tout ça. Le premier est un bonus permanent si les joueurs lancent une partie en mode Quick Play. Autrement dit, se lancer dans une mission aléatoire, sans la choisir, octroie un bonus supplémentaire sur la qualité du loot. Enfin un dernier bonus, dénommé Randal’s Gift, totalement aléatoire et propre à chaque joueur, fait lui-aussi augmenter la jauge de qualité du loot mais sans que quiconque puisse influer dessus. Si les tomes et autres grimoires étaient déjà présents dans le premier Vermintide, Fatshark a eu ici l’idée géniale d’impliquer directement les performances du joueur sur la qualité de son loot. Exit donc le lancé de dés totalement aléatoire et frustrant du premier opus, ici les efforts sont légitiment récompensés, la chance n’intervenant que pour un petit bonus supplémentaire. Et la recette fonctionne a merveille, puisque les prises de risques ne sont plus subies mais font partie intégrante de la progression. Et puis pour ceux qui voudraient vraiment tenter le diable il y a toujours moyen de jouer à la roulette russe avec le crafting qui permet, en échange d’ingrédients de base, de remodeler les armes pour tenter d’obtenir de meilleurs atouts ou des bonus plus en adéquation avec la classe jouée.

Enfin on ternirait notre réputation si on ne terminait pas ce test sur une note négative. En effet, à l’heure actuelle, il faut admettre que le contenu du jeu est relativement pauvre. Si le challenge permet d’espérer une bonne durée de vie, on se retrouve tout de même rapidement à tourner en rond sur les treize cartes que proposent le jeu (le tout étant réparti sur trois actes). Il faudra donc passer à la caisse, dans peu de temps (le studio a déjà publié la feuille de route prévue pour Warhammer : Vermintide 2) pour avoir le droit à de nouvelles cartes. C’est triste, mais comme on est faible, on les prendra.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
VICTOIRE PAR CHAOS
7
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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