Test de Void Bastards (PC et Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, sur Xbox One X.

Comics Code

Pourtant, il faut bien admettre qu’elle est plutôt réussie cette façade. Prix, polices choisies, vignettes et même sceau d’approbation par une autorité compétente, on nage en plein âge de bronze des comics. Cet hommage ne s’arrête pas à l’écran-titre puisque c’est tout le jeu qui est influencé par ce médium plus que jamais d’actualité, à commencer par la narration. Plutôt que dérouler son (très maigre) scénario à travers des cinématiques traditionnelles, Void Bastards fait le choix des cases.

On découvre ainsi l’histoire comme on parcourrait les pages d’une bande dessinée sur un iPad avec Comixology. Mise en scène minimale mais effet maximal puisque cet enrobage confère un charme indéniable à l’ensemble. Le cœur du jeu en est lui aussi affecté, qu’il s’agisse du cadre entourant constamment la perspective du joueur ou des onomatopées permettant de prédire la présence d’ennemis avant l’ouverture d’une porte.

Forcément, qui dit comics dit aussi fun (la plupart du temps). Déconneur, Void Bastards l’est, assurément. Son humour pince-sans-rire fait souvent mouche, au début tout du moins. Parce que les galères arrivent bien rapidement. Si on passera volontiers sur le côté “prétexte” du scénario, rarement plus élaboré ni dans le genre du rogue-lite, ni dans celui du FPS, la pauvreté des objectifs à accomplir a de quoi laisser perplexe.

Mise en scène minimale mais effet maximal puisque cet enrobage confère un charme indéniable à l’ensemble

Tout comme Faster Than Light avant lui (dont il reprend quelques mécaniques), Void Bastards prend la forme d’une carte sur laquelle se situe différents objets spatiaux : des vaisseaux, des champs d’astéroïdes, d’autres vaisseaux, une baleine de l’espace, etc. Le but est de traverser ces zones pour récupérer des matériaux, pour ensuite fabriquer des objets qui feront automatiquement avancer l’histoire à leur création, pour finir par passer à l’objet suivant. Et c’est tout.

Looper

Pas de variante, pas de surprise, le titre de Blue Manchu Games ne sait exiger rien d’autre du joueur que de la récupération de matériaux. Soit, ce serait louable si cette partie n’était pas une immense mascarade. Comme nous le précisions dans l’introduction, Void Bastards est un FPS qui met à l’honneur une certaine dimension aléatoire.

Le hasard si vous préférez, censé vous proposer une expérience constamment renouvelée par petites touches. C’est le propre du bon rogue-lite, de réussir à faire oublier la répétitivité de boucles de gameplay souvent basiques par la surprise. Une salle par ici, une arme par là, il en faut peu pour rendre de l’intérêt à un jeu inévitablement répétitif. Void Bastards n’est pas de cette catégorie.

Chaque lieu visité se résume à une succession de couloirs tous identiques, aboutissant sur quelques pièces que l’on retrouve sur les différents vaisseaux. On commence par sortir du sas, avant de passer par le générateur (où on active le courant), la salle de contrôle (où se trouve la carte), la salle d’oxygène (où se trouve l’oxygène), etc. Il y a moins de dix salles “clés”, dans laquelle une interaction peut se faire. Tout le reste n’est que poudre aux yeux, simple entrepôt de ressources à ramasser, partout, tout le temps. Autant dire qu’il n’y a pas besoin de plus de deux heures pour faire le tour des possibilités qu’offre Void Bastards, tant les aléas au coeur de ces vaisseaux manquent, ironiquement, d’aléatoire.

On aurait pu penser que l’arbre de crafting, en apparence plutôt copieux, pourrait changer la donne, apporter le souffle imprévisible que l’on attend des meilleurs représentants du genre. Rien à faire, chaque nouvelle fabrication ne greffe que de très légères variations à une structure trop uniforme pour emballer. C’est aussi vrai pour les objets “passifs” (comme une armure, un pass, un irrigateur de colon) que pour les armes, peu nombreuses et pour la plupart sans génie.

First Person Somnifère

Cinq armes principales, cinq armes secondaires, cinq gadgets. Ni plus, ni moins. Si on saluera le chat explosif et le téléporteur, difficile de ne pas pester contre le manque d’originalité de ce que le jeu a à offrir. On retrouve les classiques, pistolet, fusil à pompe, mitrailleuse, tous logés à la même enseigne : les sensations de tir sont médiocres. C’est pourtant précisément sur ce point-là que Void Bastards aurait pu marquer sa différence. Mauvais rogue-lite, il aurait pu être ce FPS nerveux et ardu, pour lequel on aurait volontiers pardonné ses nombreux errements.

Pas de variante, pas de surprise, le titre de Blue Manchu Games ne sait exiger rien d’autre du joueur que de la récupération de matériaux

Hélas, ni Bioshock, ni System Shock n’ont jamais été des références une fois la pétoire en main. Void Bastards ne déroge pas à la règle et livre des combats mollassons contre des clones de clones. Si on met de côté les tourelles, les caméras et les pirates (que l’on peut facilement éviter), il existe 7 ennemis différents, chacun avec sa variante évoluée. C’est peu, surtout si on met ce chiffre en parallèle du nombre de vaisseaux à visiter pour voir le bout du tunnel…après 6 heures de jeu. Pas 8 heures, pas 9 heures et encore moins “une dizaine d’heures” de jeu.

Void Bastards est court, très court, surtout si on tient compte de l’instant où le jeu a basculé de la sympathique trouvaille du Xbox Game Pass à la cueillette frénétique lassante. En réalité, sa courte durée de vie n’est même pas son plus gros défaut. Après tout, il n’est pas rare d’encenser des jeux qui ne durent que 2 ou 3 heures, comme Inside ou What Remains of Edith Finch. C’est essentiellement que sur sa courte durée de vie, Void Bastards ne cherche jamais à transcender son concept, à lui apporter la matière suffisante pour le faire vivre. Il se contente d’une proposition limitée façon prototype de Game Jam et l’étire jusqu’à plus soif dans une spirale infernale de redondance.

Parlant de prototype, on n’en est pas loin quand l’aspect technique entre en jeu. Si la patte artistique séduisante fait rapidement oublier la pauvreté des décors et des modèles, les ralentissements rencontrés dans certaines zones chargées sont impardonnables. Un simple détour par un vaisseau rempli de fumée a de quoi faire hurler les adeptes du 60 FPS. Même sur Xbox One X, c’est dire !

LE VERDICT
Le vide
3
Kurutchin
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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