Test de Valkyria Chronicles 4 (PS4, Nintendo Switch, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

The new Braveheart

La Seconde Grande Guerre européenne fait rage, encore et toujours. L’Alliance Impériale, venue de l’Est, n’en finit plus de grignoter du territoire à la Fédération Atlantique, à l’Ouest, faisant tomber les villes les unes après les autres. La contre-attaque semble impossible et pourtant : la Fédération ose une ultime opération afin de remporter la guerre. Son nom ? Opération Croix du Nord. Son but ? Prendre la capitale impériale pour frapper un grand coup. Sauf que voilà, cette dernière se situe loin, très loin dans les terres, évidemment occupées, et il faut faire plusieurs centaines de kilomètres dans le froid et la neige, sous les tirs de mortiers, pour la faire tomber. Une opération qui ne fait nullement peur à Claude Wallace et ses soldats, regroupés sous la bannière de l’Escadron E, enrôlés dans l’armée d’Edimbourg.

Le scénario de ce Valkyria Chronicles 4 suit donc les aventures de tout ce beau monde, via le carnet de bord de Claude Wallace, le capitaine de l’escadron. Comme dans le premier opus, l’histoire progresse via des chapitres prenant parfois la forme de cinématiques, d’autres de petites cut-scenes, d’autres encore de combats. L’occasion pour le joueur de découvrir les protagonistes de cet épisode et de voir leurs relations s’étoffer petit à petit – même si ces dernières sont déjà bien installées, les membres de l’Escadron E étant des amis d’enfance. Évidemment, impossible d’échapper aux clichés du genre : la jeune femme peu bavarde au passé sombre, le beau parleur au grand cœur, le héros qui ne vit que pour sa mission, etc. Ils sont tous là ou presque et ne se montrent pas toujours très convaincants dans leurs réactions tant le sur-jeu est total.

Néanmoins, on se prend rapidement d’affection pour tous ces petits soldats filant vers une mort certaine et l’on ne peut s’empêcher de retenir son souffle lors de passages un peu plus tendus. Ces derniers ne manquent d’ailleurs pas et sont soutenus par une mise en scène souvent over-the-top mais fonctionnant vraiment bien. De quoi rattraper une histoire qui, si elle évite certes le manichéisme de base, ne vole tout de même pas bien haut et n’est pas aidée par des antagonistes peu crédibles.

Comme en 40

La série de SEGA reste avant tout orientée tactical-RPG et les affrontements représentent donc le cœur du jeu. De ce côté-ci, ceux ayant fait le remaster du premier épisode seront en terrain conquis tant la prise de risque est minime. On retrouve donc ce gameplay au tour par tour, dans lequel le joueur choisit sur une carte une unité, pour ensuite basculer en vue TPS et déplacer cette dernière sur le champ de bataille, sans oublier de faire voler quelques balles au passage. Chacun dispose d’une jauge limitant ses déplacements – plus ou moins importante en fonction de la classe du soldat – et de la possibilité d’attaquer un ennemi avec son arme ou avec une grenade, ou encore de se soigner, sachant qu’une seule action est possible par tour.

Il est donc impossible de récupérer quelques PV pour ensuite tenter de trouer un ennemi, sauf bien entendu si le joueur décide d’utiliser le même personnage deux fois de suite. Évidemment, là encore, tout n’est pas possible : le nombre de déplacement est limité par le nombre de médailles présent en haut de l’écran. Ainsi, si dix médailles sont disponibles, seuls dix déplacements sont possibles. A chacun de voir comment il veut dispatcher tout ça, même s’il est évidemment conseillé de déployer le plus d’unités possible au lieu d’en envoyer deux-trois au charbon.

Et il faut d’ailleurs correctement réfléchir avant de se lancer car non seulement il est impossible de revenir en arrière mais en plus ce Valkyria Chronicles 4 propose une difficulté corsée une fois les premières missions passées (en tout cas en Normal, la version Facile étant une promenade de santé). Les soldats du joueur loupent assez souvent leurs tirs (#XCOM), les ennemis savent se planquer et avancer judicieusement pour prendre les héros à revers, n’hésitent pas à s’acharner sur une unité en particulier (le tank, s’il est mal protégé) avant de passer au suivant et ainsi de suite. Et encore, c’est sans parler des boss, parfois tellement surpuissants que l’on pleurerait presque de joie après les avoir vaincus, ou encore les changements en pleine partie.

Oui, cet épisode n’hésite pas à s’amuser avec les nerfs des joueurs en rajoutant des éléments importants sans crier gare. On pense notamment à la Valkyrie totalement cheatée ou aux sympathiques tempêtes de neige… Lorsqu’une fenêtre de dialogue se lance, on comprend immédiatement que ça va être un peu la misère tout de suite après, et qu’il faudra vite repenser à une nouvelle stratégie. Parfois même de zéro, puisque certains éléments obligent le joueur à carrément recomposer toute son équipe. Cerise sur le gâteau, la mort est ici permanente si l’on ne prend pas la peine de secourir un soldat tombé sous les balles durant un certain laps de temps.

La chevauchée des Valkyries

Bref, rien de vraiment nouveau sous le soleil, si ce n’est une classe : les Grenadiers. Relativement limités dans leurs déplacements et surtout extrêmement vulnérables, ces derniers possèdent toutefois une arme surpuissante permettant de pilonner l’ennemi de loin et même en hauteur. Autant dire que l’on prend vite l’habitude d’en engager durant les missions et de les placer judicieusement sur la carte. Car lorsque le tour vient à l’ennemi, les soldats du joueur restent en défense et n’hésitent pas à canarder tout ce qui bouge. Et, forcément, on apprécie que nos grenadiers fassent pleuvoir la poudre sur des adversaires coincés dans des endroits un peu étroits… Mais, bien entendu, ces derniers aussi ont leurs grenadiers et le retour de bâton est rapidement violent. Bizarrement, on apprécie que très moyennement de se faire décimer par un mortier ennemi planqué derrière un muret et que l’on n’avait pas remarqué au premier abord. Et encore, les maps sont ici bien plus lisibles que par le passé…

Tout combiné, le titre de SEGA propose un contenu copieux pouvant occuper le joueur pendant plusieurs dizaines d’heures. Un joueur qui n’est d’ailleurs pas obligé de parler anglais, cet épisode étant entièrement sous-titré en français !

L’arrivée de cette nouvelle classe fait un peu passer les autres nouveautés en second, ces dernières étant peut-être moins importantes, ou en tout cas moins voyantes. Il est par exemple désormais possible de sacrifier une médaille supplémentaire en formant de petits groupes de trois personnes, ce qui permet de monter des tactiques encore plus élaborées. Une option néanmoins limitée puisque seuls certains personnages ont cette faculté, ce qui oblige par ailleurs le joueur a choisir des protagonistes qu’il ne voulait pas forcément. Toujours concernant les mouvements, les habitués seront ravis de voir que les tanks ne coûtent désormais plus qu’un seul point de déplacement. Revers de la médaille, les adversaires n’hésiteront pas à contourner tout ce beau monde pour canarder le véhicule par l’arrière, là où se trouve son point faible. Plus que jamais, il s’agit donc de protéger ce dernier, les tanks pouvant souvent changer la donne durant les combats…

Chronicles d’une guerre

Valkyria Chronicles 4 propose par ailleurs, entre deux affrontements, de se reposer au QG mais aussi d’améliorer les soldats. Chaque classe peut gagner des niveaux et débloquer de nouvelles compétences, et de nouveaux équipements sont à débloquer et équiper pour plus d’efficacité. Et si jamais l’expérience et l’argent viennent à manquer, il est toujours possible de s’adonner à quelques escarmouches, histoire de renflouer un peu les caisses.

Tout combiné, le titre de SEGA propose donc un contenu copieux pouvant occuper le joueur pendant plusieurs dizaines d’heures. Un joueur qui n’est d’ailleurs pas obligé de parler anglais, cet épisode étant entièrement sous-titré en français ! Une petite révolution, tout comme le fait que les temps de chargement soient désormais très courts, même si le reste de la réalisation ne sort pas des sentiers battus : le moteur reste toujours d’un autre âge et ne propose que des animations rigides et des décors pas toujours très fins, les musiques restent épiques histoire de coller à l’histoire racontée et le chara-design fonctionne toujours aussi bien sans être une évolution par rapport à celui du remaster d’il y a deux ans.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
VAILLANT
8
Shauni
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