Test de V-Rally 4 (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Xbox One.

V-Rallye and co

Si Kylotonn Racing se targue d’embarquer des anciens d’Eden Games (à l’origine de V-Rally 3 en 2002) pour expliquer sa volonté de s’approprier la licence, le studio parisien ne cache également pas vouloir se faire plaisir en « échappant » à l’étiquette jeu officiel de rallye. Les bolides, une grosse cinquantaine au total, sont eux sous licences officielles mais les tracés proviennent de l’imagination des développeurs et nous transportent aux quatre coins du monde (États-Unis, Japon, Kenya, Sibérie, Chine, Roumanie, Angleterre, etc.) avec du Rallye mais aussi du Buggy, du V-Rallye Cross, du Hillclimb et de l’Extreme-Khana. De quoi varier les plaisirs donc, même si toutes les disciplines ne se valent pas.

Pièce maîtresse du jeu et de la franchise, le Rallye est évidemment le gros morceau de V-Rally 4. Parc de Séquoia et site de Monument Valley aux États-Unis, le Japon, le Kenya, la Malaisie et la Sibérie, voilà les six environnements qui accueillent les épreuves de rallye du jeu. Six, cela peut paraître peu même s’il ne faut pas oublier que chaque lieu se décline en trois spéciales. On se console en appréciant la grande qualité de chacun des tracés, en se délectant des courbes piégeuses qui les composent et des conditions météorologiques variées soumises. Là-dessus, impossible de reprocher à Kylotonn Racing le soin accordé aux épreuves de Rallye et on est d’autant plus frustré que ce programme ne soit pas plus consistant.

What the Buggy

Les autres disciplines ne profitent malheureusement pas d’un plus grand nombre de pistes et sont, qui est plus, de qualité variable. Le Buggy est ainsi ce qu’il y a de moins agréable à jouer dans V-Rally 4. Entre une physique pas franchement convaincante et une gestion des collisions vraiment sommaire, les quatre courses de Buggy ne donnent pas vraiment envie d’y retourner. C’est un peu moins vrai pour le V-Rally Cross et ses cinq circuits de bonne facture. On aime les tracés proposés et la nervosité de ces courses où les sensations répondent présentes, mais là encore il faut composer avec des collisions déroutantes et une IA adverse bien agressive. Si on apprécie l’Extreme-Khana, la « justesse » technique exigée et ses environnements prenant place dans des lieux presque insolites, on regrette franchement le faible nombre de lieux (quatre). Hillclimb échappe de peu au même constat grâce à un recyclage malin de trois environnements (six variations proposées – différentes longueurs et portions – ainsi que les mêmes tracés en version descendante Downhill) où on se laisse aisément happer par de grisantes sensations de vitesse.

Mode V-Rally, mode qu’on oublie ?

Alléchant avec ses multiples disciplines et ses environnements variés malgré un nombre limité de courses, V-Rally 4 rate toutefois le coche quand il s’agit de mettre un peu d’ordre dans tout ce contenu. C’est le Mode V-Rally qui était censé avoir ce rôle mais il n’est, hélas, que trop superficiel pour réellement convaincre. En tant que jeune pilote sans le sous, ou presque, il s’agit en effet de participer à un première épreuve de Rallye, de glaner de précieux dollars, d’acheter une voiture et de participer à d’autres épreuves. Et ainsi de suite, jusqu’à pouvoir acheter au moins une voiture de chaque discipline puis participer à des championnats qui prennent la forme d’un classique enchaînement d’épreuves.

Il est aussi possible de recruter des mécaniciens, des ingénieurs et un agent pour débloquer des améliorations pour nos bolides, rendre meilleures leurs caractéristiques de base ou encore accéder à quelques bonus censés simplifier notre progression. Dans les faits on se retrouve à engager du personnel sans trop se soucier de leurs particularités, tout comme on se contente de signer les contrats qui nous sont proposés par différents sponsors sans trop en vérifier les termes. Pourvu que la carotte soit belle, c’est tout ce qui compte. Bref, cela rend la carrière de V-Rally 4 bien rébarbative, assez laborieuse par moment et où seule la difficulté (parfois extrême dans un sens comme dans l’autre, même en réglant le curseur prévu à cet effet) apporte involontairement du piment. Quant au multijoueur en ligne, malheureusement bien trop peu fréquenté à l’heure où ces lignes sont écrites, il ne pèse pas bien lourd et on lui préfère l’option écran scindé.

Feel Good Racing

Conçu à base du Kylotoon Engine utilisé pour WRC, le moteur de V-Rally 4 offre de bien belles sensations. Un gameplay évidemment orienté arcade avec cette particularité d’être très accessible tout en offrant une marge de progression suffisamment importante pour que les amateurs du genre s’y retrouvent. Accessible oui mais pas moins subtile pour autant, la conduite offre donc de belles sensations. On adore ainsi négocier les virages et glisser de la manière la plus efficace possible sur la neige ou dans la boue pour grappiller de précieuses secondes. Le ressenti bien différent sur l’asphalte (avec le manque d’un peu de souplesse selon l’expert maison) nous rappelle que toutes les surfaces ne sont pas à aborder de la même manière, même dans un titre comme V-Rally 4. Les habitués iront d’ailleurs faire un tour dans les réglages dès qu’ils le pourront mais regretteront l’impact léger en course des modifications apportées. De la personnalisation oui, mais pas trop.

Sur le plan visuel, le jeu de Kylotonn Racing poursuit la marche en avant du studio dans ce domaine avec des courses aux décors réussis et colorés (parfois très – trop ? – colorés, comme au Japon) et des ambiances à chaque fois unique. C’est joli, détaillé, agrémenté d’effets convaincants et surtout très solide dans l’ensemble.

LE VERDICT
BONNE CONDUITE
6
Jerem
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois. Râleur pro et gros consommateur du café.

2 Commentaires

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