Test de Utawarerumono : Mask of Truth (PS4, PS Vita)

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique sur PlayStation 4.

Mystère Mask

Avant toute chose, sachez que vous ne pourrez pas trouver le premier opus de la trilogie Utawarerumono en dehors du Japon. Cet épisode, qui ne lésine pas sur l’érotisme, n’a jamais franchi les frontières de l’archipel mais, heureusement, cela n’empêchait pas de comprendre le scénario du second opus, Mask of Deception. Mais si jamais vous désirez connaître l’histoire dans son intégralité, sachez qu’un animé est là pour ça. En revanche, il est indispensable pour apprécier Mask of Truth d’avoir parcouru son aîné puisque le scénario de ce troisième épisode commence exactement là où s’est terminé celui du second (même si des flashbacks sont disséminés ça et là pour rafraîchir les mémoires). Gare aux quelques spoils qui vont suivre, donc.

Le joueur retrouve dans un premier temps Kuon, passablement amnésique, de retour dans son pays natal. Son père, dirigeant du pays, a décidé de faire la guerre à l’empire Yamato histoire de profiter de la mort de son monarque, le Mikado. Le reste de la troupe est pour sa part resté à Yamato, protégeant la princesse Anju ayant perdu son trône. Oshtor, son protecteur, est mort en confiant son masque à Haku. Ce dernier, désireux de rétablir la paix et la vérité, prend donc son identité et fait croire à sa propre mort. Aucun de ses amis n’est au courant sauf Nekone, petite sœur d’Oshtor. Et afin de se préparer à la guerre qui s’annonce, tout ce beau monde se réfugie dans un premier temps dans le pays natal de ces derniers, En’nakamui.

Bien qu’il soit vendu comme un tactical RPG, Utawarerumono : Mask of Truth est avant tout, et comme son aîné, un visual novel. Comprenez par là que vous aurez des heures et des heures de lecture entrecoupées de combats. Forcément, pour un titre de ce genre, il faut que l’écriture suive. Heureusement, le scénario de cet épisode final se montre tout aussi solide que celui de son prédécesseur, et se permet même de corriger une bonne partie des errances de Mask of Deception. Le ton se montre bien plus mature, avec des sujets plus graves et des enjeux plus importants (même si l’humour reste de la partie et vient par petites touches relâcher un peu de pression), ainsi que des rebondissements et autres retournements de situation dans ce qui s’avère être un complot assez complexe.

C’est un plaisir de retrouver tous les personnages que l’on a appris à connaître dans le second épisode de cette trilogie – et de faire connaissance avec les petits nouveaux, et ceux qui n’étaient pas ou peu approfondis ont eu droit ici à plus de travail, comme par exemple Nosuri. Après tant d’heures passées en compagnie de ce petit groupe, difficile de ne pas ressentir de peine pour Anju, de ne pas s’amuser des difficultés rencontrées par Haku pour se faire obéir des jumelles ou de ne pas se demander quelle nouvelle recette va bien pouvoir inventer Rulutieh et que Atuy s’empressera d’engloutir… C’est là toute la force de cette licence : ses personnages principaux sont tous attachants à leur manière et il est bien difficile de lâcher le titre une fois lancé, à condition bien entendu d’adhérer au genre.

Au cœur du complot

En plus de devoir accepter de poser sa manette et de laisser le titre défiler tout seul comme si l’on regardait un animé, il faut aussi supporter les quelques passages longuets et un peu inutiles. S’ils se montrent fort heureusement bien moins nombreux que dans Mask of Deception, qui pouvait facilement proposer cinq heures d’affilée de remplissage, ils sont bel et bien là. Et ils sont d’ailleurs aisément repérables : il est parfois demandé au joueur de choisir sa destination suivante parmi plusieurs possibilités et la plupart de ces moments ne font pas progresser l’histoire puisqu’il s’agit essentiellement de discussions secondaires entre Haku et d’autres membres de l’équipe. C’est certes l’occasion de développer encore un peu les relations entre tous, mais les dialogues durant ces phases là sont souvent remplis d’éléments déjà évoqués en amont, ce qui entraîne donc des répétitions inutiles.

Certaines de ces séquences sont aussi l’occasion de placer un peu de fan service. Il n’est pas question ici d’érotisme comme dans le tout premier épisode de la trilogie, mais de nombreux sous-entendus sont de la partie, tout comme certains passages un peu dénudés. Attention, rien n’est montré ici, et ces moments parviennent à éviter le mauvais goût en prenant le parti d’être totalement absurdes. On pense par exemple à cette scène où Nosuri, parieuse invétérée, va jusqu’à miser tous ses vêtements dans un jeu où elle enchaîne les défaites face à Haku. Vexée, elle sort entièrement nue de la chambre de ce dernier – qui de son côté se demande comment il va bien pouvoir expliquer ça aux autres – car  »une femme doit savoir garder sa fierté ».

Utawarerumono : Mask of Truth se dote aussi d’un aspect tactical RPG, des combats venant entrecouper les longues phases de dialogue. Et, là encore, les développeurs ont amélioré leur copie. Dans Mask of Deception, les combats étaient trop peu nombreux et sans challenge. Ici, ce n’est pas tout à fait la même chose. Guerre oblige, les affrontements sont ainsi bien plus présents, mais également plus logiquement implémentés, moins prétextes à inclure du gameplay venant occuper le joueur. Ils proposent par ailleurs une difficulté relevée et il ne suffit plus d’avancer et de frapper aveuglément pour sortir vainqueur, sauf dans les premières escarmouches essentiellement destinées à comprendre le système de jeu.

Il est donc ici question de maps relativement petites dans lesquelles le joueur doit déplacer ses héros en respectant un système de cases et d’actions basées sur le timing. Deux types sont proposés : les attaques physiques demandent d’appuyer au bon moment, sachant qu’un Critical infligera des dégâts supplémentaires voire des altérations d’état, et les attaques magiques (offensives ou défensives) nécessitant de maintenir un bouton appuyé et de le relâcher quand la jauge spécifique est remplie. A cela s’ajoutent un système de chaînes permettant aux combattants d’enchaîner plusieurs attaques lorsque la chose est possible, un contre ou encore des bonus apportés par les différents éléments et octroyant des tours en plus. Quelques nouveautés ont également été rajoutées par rapport à l’épisode précédent, comme le fait de pouvoir lancer des attaques à deux, ce qui rajoute un peu de profondeur à tout ça.

Vérité démasquée

Points faibles du second opus, les combats se montrent ici plus intéressants et un poil plus tactiques, même si l’on tombe parfois dans le répétitif et que certaines bases du genre manquent à l’appel. Par exemple, se placer derrière un ennemi ne permet pas de lui faire davantage de dégâts, un élément que l’on retrouve pourtant dans pas mal de tactical RPG… La difficulté relevée par rapport à Mask of Deception nécessite de se concentrer davantage et de bien se préparer en amont, en équipant les différents membres de l’équipe d’items apportant des bonus et en distribuant des points destinés à booster les stats de chacun (PV, attaque, etc). Il est fort heureusement toujours possible de s’entraîner grâce aux Mock Battle où tout le monde gagne de l’expérience si jamais un affrontement se montre un peu trop retors. Bref, ce n’est pas la perfection mais il y a quand même du mieux.

Dommage de constater que les graphismes durant ces phases n’ont pas eu droit à un peu de boulot. S’il n’y a pas grand-chose à dire en ce qui concerne les passages visual novel, avec de jolis artworks 2D et des personnages bien détaillés, tous les moments en 3D piquent un peu les yeux. Textures baveuses, modélisations vilaines et animations rigides sont hélas toujours au programme… Par contre, la bande-son se montre plus convaincante que par le passé, avec des pistes moins en retrait et parfois même assez épiques, collant toujours bien avec l’aspect Japon féodal. Un aspect aussi souligné par les très bons doublages japonais présents dans l’intégralité du titre. Et est-il besoin de préciser que les sous-titres sont uniquement disponibles en anglais ?

LE VERDICT
HAKU SÛR
6
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