Test de Until Dawn (PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique sur PlayStation 4.

« Oh, What a Night »

Lorsque nous avions croisé la route d’Until Dawn en 2012, celui-ci nous était présenté comme un teen horror movie, version jeu vidéo bien évidemment, avec des références multiples. Les développeurs ont certes changé de console mais ils n’ont clairement pas modifié la vision qu’ils avaient pour leur titre avec tout d’abord une histoire, il faut bien l’avouer, aussi sympathique à suivre que remplie de clichés. Entre les personnages caricaturaux, l’intrigue et sa sensation de déjà-vu ou encore ses scènes que l’on croirait extraites d’innombrables films d’horreur, Until Dawn prend le pari de placer le joueur dans un univers presque familier, probablement pour mieux le surprendre. Le casting est en réalité savamment trouvé et chaque perso joue parfaitement bien sa partition, qu’il s’agisse de la garce que l’on a envie de voir découpée dès la première scène, du sportif beau gosse relativement courageux ou de la grande gueule du groupe. Ce groupe d’amis, avec ses profils variés, permet à Until Dawn de proposer une histoire qui tient la route et qui se révèle aussi plaisante à jouer qu’à regarder. La mise en scène est efficace, le jeu nous trimballe sans cesse d’un groupe de personnages à un autre et on se laisse guider avec la sensation constante qu’il va se passer quelque chose sans pour autant arriver, et c’est tant mieux, à anticiper les événements.

La première heure est pourtant assez laborieuse au point que l’on se demande où Supermassive Games veut véritablement nous emmener, une interrogation qui ne fait heureusement pas long feu lorsque le premier drame survient et que la personnalité de chacun des huit protagonistes éclate délicieusement au grand jour. Des accidents et des meurtres, il y en a assez largement dans Until Dawn même si, et c’est là l’une des forces du jeu, tout ou presque dépend des choix du joueur. Au travers de dialogues qui semblent parfois anodins, très souvent à base de « je t’aime moi non plus », les développeurs nous invitent à nous faire notre propre opinion sur chaque âme pour ensuite nous aider à décider plus facilement d’une action lorsque le moment crucial arrive. C’est d’ailleurs sur cet aspect-là que la replay value du titre se base, au point d’avoir une fin de jeu qui peut être radicalement différente d’un run à l’autre en fonction des décisions prises au fil des chapitres. L’intention est là et le résultat est plutôt réussi, mais il faut bien avouer que se lancer dans une seconde partie d’une dizaine d’heures, sans retrouver le plaisir de la découverte, enlève une part du charme initial de Until Dawn malgré la curiosité de voir où cela nous mène. C’est d’autant plus vrai que le rythme de jeu est souvent inégal, rendant certaines scènes encore plus pénibles à jouer dans une seconde ou troisième partie.

En dehors de cette mécanique des choix et des conséquences qui y sont associées, cette exclusivité PS4 base son expérience sur deux piliers : les QTE et les phases d’interaction. Rien de bien surprenant côté QTE avec des scènes où le dénouement ne tient qu’à notre capacité à appuyer sur la bonne touche au bon moment, quitte parfois à reléguer au dernier plan la décision que l’on venait pourtant de prendre quelques minutes auparavant. Pas bien compliqués mais diablement rapides et souvent frustrants, les QTE dans Until Dawn ajoute une belle dose de stress à un jeu où la tension est de plus en plus palpable au fil des heures.

En contre-partie, les joueurs qui pestent contre cette manière délibérément limitée de jouer trouveront rapidement ennuyeux le titre de Supermassive Games et ce ne sont pas les séquences sur un plan fixe qui vont les consoler. Entre quelques dialogues sur fond de cut-scene et QTE, le soft nous impose de nous balader d’un point A à un point B avec une caméra toujours soucieuse de proposer un effet cinématographique ainsi que quelques objets à manipuler et à étudier façon L.A. Noire pour récolter des indices apportant un éclairage sur l’histoire. De nombreux totems sont eux-aussi à dégoter des les recoins hostiles de Blackwood Pines pour assister à une très courte vision annonçant soit la mort d’un personnage ou, justement, aidant à prévenir cette possibilité. Reste que les morts sont parfois difficiles à anticiper dans Until Dawn et il arrive très souvent que l’on assiste, impuissant, au décès d’un personnage que l’on aimait bien et dont on pensait, à tord, que les décisions prises pouvaient le sauver. Un choix malheureux ou un QTE raté, chaque mort est de toute façon la conséquence, directe ou indirecte, des actions du joueur et Supermassive Games a parfaitement réussi son coup sur ce point. On regrette toutefois que les fameux totems ne soient pas aussi influents que ce qu’on veut bien nous faire croire, nous laissant l’impression amère que tout ce qui se passe n’est pas forcément de notre seul ressort.

Les bruitages et musiques apportent eux-aussi leur pierre à l’édifice et savent s’associer pour nous plonger dans une ambiance encore plus malsaine qu’elle ne l’est déjà.

La nuit est si belle

Une mise en scène réussie, une histoire qui tient la route et qui arrive surtout à nous surprendre, des moments véritablement malsains et effrayants, malgré un rythme pas toujours maîtrisé, Until Dawn est une belle expérience. Un sentiment conforté par une réalisation de haute-volée avec, en première ligne, des personnages à la modélisation ultra-convaincante. On peut certes remarquer quelques expressions pas toujours très naturelles, mais il faut bien avouer que chaque visage éblouit et que l’impression d’avoir à faire à une fiction menée par de véritables acteurs est bien là. Les environnements, tous très froids et sombres, n’ont pas forcément bénéficié d’un traitement aussi poussé mais l’ensemble rend le jeu de Supermassive Games totalement crédible. Les bruitages et musiques apportent elles-aussi leur pierre à l’édifice et savent s’associer pour nous plonger dans une ambiance encore plus malsaine qu’elle ne l’est déjà, alors que les voix françaises des personnages font très bien leur job en dépit d’une synchronisation labiale défaillante et de quelques tonalités étranges. Bien sûr, la possibilité de jouer en VOST permet de rendre l’immersion encore plus totale, on ne va clairement pas s’en plaindre.

LE VERDICT
BOUH !
7
Jerem
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois. Râleur pro et gros consommateur du café.

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