Test de Unruly Heroes (PC, Xbox One, PS4, Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur, sur PC.

Complètement à l’ouest

Unruly Heroes s’inspire du roman de Wu Cheng En, La Pérégrination vers l’Ouest, déjà décliné dans de nombreuses versions à travers différents médias. L’univers de Dragon Ball, par exemple, en reprend quelques éléments, tout comme Enslaved: Odyssey to the West de Ninja Theory. Bref, Unruly Heroes n’est donc pas le premier, et probablement pas le dernier, à proposer un univers basé sur ce conte du Roi-Singe dans lequel le joueur peut prendre le contrôle des quatre héros que sont Sun Wukong le singe, Sanzang le moine, Kihong le cochon et Sandmonk le gros costaud.

Dans l’aventure qui nous intéresse, on assiste, impuissant, à la destruction du parchemin sacré qui maintenait jusque-là l’harmonie dans le monde. Une destruction malheureuse qui a entraîné l’apparition de créatures pas franchement bienvenues qui s’amusent à semer la terreur et le chaos à travers tout le territoire. Pour nos quatre protagonistes la mission est donc relativement simple : retrouver et récupérer les morceaux du parchemins afin de pouvoir restaurer la paix. Pour les joueurs le but est tout aussi simpliste puisque le jeu, malgré le conte dont il s’inspire, ne raconte absolument rien. Il faut donc se contenter de cette inspiration lointaine, de quelques éléments originaux, et c’est tout. Dommage !

Fait de tout et de rien

Unruly Heroes se présente comme un jeu d’aventure teinté de plateforme dans lequel les personnages, dotés de capacités spéciales, doivent s’aider pour progresser. En solo, le joueur a la possibilité de passer d’un personnage à l’autre d’une simple pression sur un bouton, et ce afin d’accéder à la capacité adaptée à l’obstacle qui lui fait face. Premier hic, cette sélection n’est possible que dans un sens. Comprenez que les personnages défilent les uns après les autres et qu’il n’est pas possible de faire marche arrière dans la sélection.

Rater le personnage dont vous aviez besoin vous forcera donc à refaire un tour de manège. Ça peut paraître anecdotique mais en réalité c’est particulièrement ennuyeux puisque dans certaines situations le changement doit se faire rapidement, ce qu’un tel système interdit formellement. Échecs et frustrations en découleront forcément ce qui n’est jamais bon pour un jeu reposant, en partie, sur la patience et la persévérance.

C’est d’autant plus regrettable qu’il s’agit probablement de la plus grosse difficulté à laquelle les joueurs feront face. Par exemple, à l’instar d’un certain Rayman lorsque l’un des personnage meurt il se transforme en bulle et pourra être ramené à la vie tant que la bulle est à l’écran rendant les choses bien trop simples. De même, pour éviter de bloquer le joueur, les personnages fonctionnent par paire. Deux d’entres eux peuvent ainsi effectuer un double saut tandis que les deux autres sont capables de planer après un saut. Le reste est tout ce qu’il y a de plus classique avec notamment des bonds sur les murs et des capacités spéciales uniques à utiliser pour résoudre des énigmes dites environnementales.

Recyclage

En ne proposant que des mécaniques déjà vues à maintes reprises (Rayman, Trine, ou encore Guacamelee pour n’en citer que trois), Unruly Heroes se devait logiquement de proposer un contenu original et captivant avec, notamment, un challenge à la hauteur de ses ambitions. Hélas, trois fois hélas, Unruly Heroes pêche violemment par fainéantise.

Les énigmes proposées ne sont pas spécialement recherchées, les phases de plateformes sont plombées par des timings étranges ainsi que par une physique flottante d’un mauvais goût et les combats, notamment contre les boss, sont plus brouillons les uns que les autres. Au final, seuls les problèmes de conception et un level design paresseux viendront parfois faire échouer les joueurs qui ne pourront que grincer des dents face à cette difficulté superficielle là où, le reste du temps, ils ne feront qu’avancer sans rencontrer la moindre résistance.

Échecs et frustrations en découleront forcément ce qui n’est jamais bon pour un jeu reposant, en partie, sur la patience et la persévérance.

Unruly Heroes ne s’adressera donc clairement pas à ceux qui cherchent un jeu de plateformes exigeant ou des puzzles complexes. Bien sur des joueurs y trouveront surement leur compte, notamment parce que le jeu est beau, très beau même, et que Magic Design Studios a fait un bel effort pour varier les environnements. Artistiquement il faut bien l’avouer, Unruly Heroes met la barre très haut et peu se vanter d’être un des plus beaux jeux du genre.

Le dépaysement d’un niveau à l’autre est réel et la musique permet à Unruly Heroes d’offrir un joli voyage qui, sans être aussi mémorable qu’on l’espérait, permettra à certains rêveurs de s’évader, si tant est qu’ils n’ont rien de mieux à faire que de flâner dans des niveaux sans grand intérêt.

LE VERDICT
Beau raté
5
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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