Test de The Division 2 (PC, Xbox One, PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur, sur PC.

Washington décès

Sept mois se sont donc écoulés depuis l’apparition du Poison Vert à New York. Depuis peu sous contrôle la ville a donc pu laisser partir les agents qui débarquent dans un Washington à la limite de la guerre civile. Exit la neige et le froid, c’est en plein printemps que les meilleurs des meilleurs débarquent à la capitale dans le but de nettoyer les rues de tous ces trouble-fêtes. Si on est clairement dans la suite logique du premier opus, l’histoire ici donne plus dans l’humain. Pas d’enquête digne d’une série B, cette fois-ci les agents sont là pour sauver la population et mettre en ordre de marche tout ce qui permettrait de subvenir aux besoins de la population avec, notamment, la prise d’assaut des bâtiments administratifs et la remise en route des communications.

D’une manière générale The Division 2 n’a pas grand-chose à raconter et ne perd donc pas de temps à essayer de faire semblant. Dans un sens, ce n’est pas plus mal. The Division 2 offre un terrain de jeu de taille plus que respectable ainsi qu’une totale liberté aux joueurs. Dans ces conditions il est difficile, voire impossible, d’imposer un rythme et d’immerger le joueur dans une histoire palpitante. Ceux qui voudront connaitre les détails de l’histoire s’attarderont sur les enregistrements que l’on peut trouver un peu partout dans la ville (et qui offrent un background intéressant), les autres pourront se contenter d’avancer sans se poser de questions. Inutile de se mentir, la narration n’était pas le point fort du premier opus. On peut donc facilement comprendre pourquoi Massive Entertainment a décidé de ne pas retenter l’expérience et quelque part, nous, on n’est pas vraiment (re)venu pour ça. L’un dans l’autre tout le monde y gagne donc.

C’est Assez DC

Forcément qui dit printemps dit adieu la neige. On quitte ce froid hivernal pour débarquer dans une capitale complètement ravagée. Un brin exagéré, le désordre général donne le sentiment que la ville a subi plusieurs ouragans successifs il y a plusieurs années. L’ambiance de The Division 2 est vraiment chouette mais il faut reconnaître que c’est un brin surréaliste de s’imaginer qu’en sept mois tout soit à ce point ravagé avec une nature qui a même repris ses droits. Certes voir des biches traverser les rues de Washington façon Je suis une légende c’est un peu trop mais il faut avouer que le charme opère et qu’on se laisse facilement emporter par cette ambiance soignée jusqu’au bout des ongles. Évidemment avec la disparition de la neige on perd cette singularité mais c’est au profit d’une plus grande variété qui fait que l’exploration de cette ville, à l’échelle ultra réaliste, n’a jamais été aussi prenante.

Si techniquement ce n’est pas la folie totale en comparaison du premier opus la réalisation est, elle, clairement un cran au-dessus. Les éclairages notamment, mais aussi les cycles météorologiques, permettent à The Division 2 d’offrir une atmosphère de fin du monde assez unique malheureusement entachée par des petits soucis techniques toujours agaçants. Des textures qui n’apparaissent que tardivement (quand elles ne sont pas positionnées trop haut et nous empêchent d’avancer), des collisions pas toujours très compréhensibles, des ennemis qui prennent la T-pose avant de disparaître subitement quand ce n’est pas le jeu qui crash sans raison (et ce même sur les patchs récemment sortis) sont les petits aléas toujours présents. On notera tout de même que les dernières mises à jour, même si elles ne fixent pas tout, apportent du mieux. Dommage qu’il faille encore attendre une fois le jeu sorti pour que tout ceci soit peaufiné.

The Division 1.5

Malgré le changement de lieu la recette de The Division 2 ne change pas beaucoup de celle du premier opus, ni même des open world d’Ubisoft, du moins sur certains aspects. Les joueurs démarrent avec une base d’opération (la Maison Blanche) qu’il faudra améliorer pour pouvoir avancer dans l’histoire. La ville propose tout un tas de missions principales et des activités diverses et variées. On ne vous fera pas ici la liste des activités possibles mais il faut savoir que c’est en prenant part à tout ce que le jeu propose que l’on arrive, peu à peu, à redonner un semblant de visage humain à cette ville dévastée. En réalisant des projets dans les refuges annexes de la ville on s’offre les services de personnes qualifiées qui rejoignent alors la Maison Blanche pour nous apporter de nouvelles fonctionnalités.

Ces personnages, au nombre de huit, débloquent au fur et à mesure les principaux éléments du jeu comme les accès à la Dark Zone, la customisation du personnage, le craft ou encore les projets à mener à bien pour récupérer des plans. Une fois débloqués tous ces éléments apportent une petite touche de travail quotidien (toujours récompensé) tout en offrant vraiment le sentiment de reconstruire la ville petit à petit. Tout ceci en gardant en tête les missions qui feront avancer l’histoire principale qu’il faudra terminer pour accéder à la seconde moitié du jeu. Dans l’absolu il faut compter une bonne trentaine d’heures pour terminer l’histoire de The Division 2 et atteindre le fameux niveau 30.

Évidemment avec la disparition de la neige on perd cette singularité mais c’est au profit d’une plus grande variété qui fait que l’exploration de cette ville […] n’a jamais été aussi prenante.

Et puisque l’on parle des choses qui stagnent on pourrait également signaler l’interface qui, malgré quelques petits changements, reste toujours aussi lourdingue. Naviguer dans son inventaire lorsqu’il est plein est d’une lourdeur sans nom, la comparaison entre plusieurs items n’a rien de très lisible et l’utilisation, à répétition, de la pression longue pour valider une action est tout juste insupportable. Bref, c’est loin d’être parfait même si on trouve quelques petites choses qui vont dans le bon sens. Lorsque l’on joue en coop il n’est plus question de faire la queue pour récupérer des munitions, on peut démanteler son loot sans avoir à le ramasser et, bonheur, on a hérité des Paquetages venus tout droit du premier opus et de sa mise à jour 1.6.1 et on peut donc s’équiper entièrement de la tête au pied en un seul clic pour passer d’un build à un autre.

Le changement c’est bien maintenant

On vous voit venir. Jusque-là vous vous dites clairement « ouais donc c’est juste un Division 1.5 ». En réalité, non. Si certains points font plus penser à une simple évolution qu’à une vraie révolution, le cœur du gameplay, celui qui fait que l’on prend son pied à chaque session a bien changé. Le premier reproche que l’on avait fait à The Division c’était ce TTK (Time To Kill) insupportable qui rendait les gunfight inutilement longs. Massive Entertainment a entendu les plaintes et a corrigé le tir. C’est donc bien fini les multiples chargeurs pour tuer une racaille de base, puisque maintenant les ennemis meurent dans un temps bien plus raisonnable (même si à un certain niveau cette vérité a tendance à disparaître. Nous y reviendrons). Et bien sûr, pour éviter que le jeu n’en devienne trop simple, la même logique a été appliquée aux joueurs. Comprendre par-là qu’ils sont, eux aussi, relativement simples à mettre à terre.

Pour en arriver là c’est tout le système de santé qui a été revu. Les joueurs ont maintenant une barre de vie unique protégée par une barre d’armure qui est la seule qui peut être restaurée au prix d’une petite animation de plusieurs secondes. Il faut donc non seulement faire attention à ce que cette barre ne se vide pas mais il est également important de bien se mettre à l’abri pour se refaire une armure digne de ce nom. Une fois cette barre d’armure vidée, la barre de vie ne dure pas bien longtemps si on reste un peu trop exposé aux tirs ennemis.

Pour les adversaires c’est exactement la même chose. Certains ennemis basiques n’ont pas d’armure ce qui les rend simples à abattre. Pour les plus gros en revanche il faudra s’acharner à faire tomber cette carapace avant de pouvoir les tuer tout en gardant à l’esprit qu’ils ont généralement des points faibles qui permettent de les faire tomber bien plus vite. Si le headshot reste le coup le plus critique on peut avoir un bonus de dégâts non négligeable en visant des parties bien spécifiques sur certains ennemis. La bouteille de gaz d’un lance-flammes, le sac d’explosifs pour les grenadiers, la ceinture pour les suicidaires ou encore l’équipement électronique des médecins permettent généralement de venir très vite à bout de ces adversaires sur vitaminés.

Un nouveau système qui fonctionne très bien, surtout qu’il est soutenu par un level design malin et une IA plus agressive qui n’hésite pas à tirer profit du surnombre. De nombreuses fois nous avons en effet pu constater que des ennemis n’hésitaient pas à faire de grands détours pour mieux nous prendre à revers forçant ainsi à constamment rester en mouvement. On peut également noter que les compositions d’ennemis sont mieux pensées et permettent de mettre la pression sur les joueurs en les forçant à sortir de leur cachette. Alors bien sûr on peut pester contre ces lanceurs de grenades à la précision délirante et cette détection permanente de notre position, il n’en reste pas moins que les combats sont devenus bien plus dynamiques et beaucoup plus stratégiques, notamment dans les modes de difficultés les plus élevés où la coopération est souvent primordiale pour s’en sortir sans trop de bobos.

La petite touche RPG qui nous avait tant plu dans le premier opus est toujours de la partie mais a, elle aussi, été en partie retouchée. Les compétences sont toujours présentes mais proposent maintenant différentes variations que l’on peut débloquer avec des points SHD (à trouver dans des caches un peu partout sur la carte, ou gagnées lors de certaines missions). Concrètement, si on prend l’exemple de la tourelle du premier opus, on pourra maintenant la décliner en lance flammes ou en sniper pour allumer les ennemis de loin. Au nombre de huit en tout (avec l’arrivée de d’un drone volant, du lanceur chimique, de la ruche et de la luciole) ces compétences offrent tout un panel de combinaison pour que le jeu en coopération soit le plus complémentaire possible. Le jeu étant particulièrement généreux en récompense, il est facile de tout débloquer et donc, potentiellement, de tout utiliser à un moment donné pour coller parfaitement avec l’équipement de ses partenaires du moment.

Un nouveau système de santé qui fonctionne très bien, surtout qu’il est soutenu par un level design malin et une IA plus agressive

Et pour continuer sur la générosité soulignons qu’au niveau du loot il y a de quoi faire avec des objets qui droppent en permanence sans pour autant lésiner sur la qualité. Du matériel qui pourra être utilisé de différentes manière si jamais il ne convenait pas à votre inventaire avec la possibilité de le revendre, de le filer aux copains (pendant un certain laps de temps), de le démanteler pour récupérer des matériaux pour le crafting ou encore de le refiler aux différents bastions pour mener des projets à leur terme.

It really starts only when it ends

En 2016 on avait conclu le test du premier opus par cette question ouverte « looter oui, mais pour faire quoi ? » pour pointer du doigt ce contenu end game que les joueurs espéraient tous mais qui a finalement mis beaucoup (trop) de temps à venir. Si avec le temps Massive Entertainment a réussi à corriger le tir et à garder certains joueurs motivés, il n’en reste pas moins qu’ils sont nombreux à avoir quitté l’aventure très tôt par manque de contenu. Pour The Division 2 inutile de dire que le studio était attendu au tournant et qu’il n’aurait pas été bien vu de se planter une seconde fois. La bonne nouvelle, pour nous les joueurs, c’est que oui, The Division 2 tient bien ses promesses une fois l’histoire principale terminée et le niveau trente atteint (un niveau qui s’atteint d’ailleurs sans avoir à farmer quoique ce soit, ce qui est déjà une excellente chose).

Naturellement donc les joueurs vont débloquer la plus grosse partie du jeu. Ce déblocage se traduit tout d’abord par l’arrivée en ville d’une nouvelle faction, les Black Tusk, une force de frappe suréquipée et résolument plus moderne que les trois autres du début de l’aventure. Si aucun nouveau lieu n’est ajouté à la carte on profite de missions remaniées avec des ennemis organisés de manière différente ce qui permet d’apporter le renouveau nécessaire pour garder les joueurs motivés.

L’autre grosse nouveauté c’est l’arrivée de trois spécialisations qui propose chacune une arme d’élite puissante qui remplace le fameux signature skill du premier opus. On peut donc choisir entre tireur d’élite, démolisseur et survivaliste sachant que rien n’est fermé une fois une spécialisation choisie puisque l’on peut passer de l’un à l’autre par un simple choix sur le stand associé de la Maison Blanche. Chaque classe s’accompagne d’un arbre de compétences, que l’on débloque avec des points gagnés lors des missions, qui permet d’améliorer ses capacités au combat. Ces armes de spécialistes étant particulièrement puissantes les munitions sont extrêmement rares et ne s’achètent pas, il faudra donc compter sur la chance pour en dropper en tuant des ennemis. Massive Entertainment a donc parfaitement équilibré les choses en évitant de rendre le joueur trop puissant sans pour autant le laisser complètement démuni face à des ennemis toujours plus puissants.

Tout ceci ne répond malheureusement pas à la question initiale qui était de savoir pourquoi vouloir continuer à jouer si le jeu n’apporte aucun challenge. Et c’est bien là que Massive Entertainment a bien fait les choses. Une fois le jeu terminé on accède automatiquement au tiers 1. Pour passer aux tiers supérieurs il faut atteindre un certain score d’équipement et donc, looter des objets de meilleure qualité, ce qui implique de participer aux différentes missions proposées (et qui varient d’un tiers à l’autre). Une fois arrivé au tiers 4 il est même possible d’augmenter la difficulté, et donc le niveau de récompense, des points de contrôle pris par les ennemis.

La bonne nouvelle, pour nous les joueurs, c’est que oui, The Division 2 tient bien ses promesses !

Sur la carte des points de contrôle sont reliés à différents événements (prise d’otage, propagande, convoi d’armes etc.). En y mettant fin le joueur augmente le niveau du point de contrôle associé pour un niveau maximum de 4. Inutile de préciser que la difficulté est telle à ce niveau-là qu’il est préférable de jouer en coopération à 4 et de bien se synchroniser. Les ennemis sont très nombreux, font beaucoup de dégâts et font preuve d’une agressivité capable de mettre à mal n’importe quel agent isolé. Bref il y a du challenge et ça n’est clairement pas pour nous déplaire.

The Dark Side

On terminera ce tour d’horizon par la dimension PvP proposée par The Division 2 en regardant ce qui se passe du côté de la Dark Zone. En réalité il faut plutôt parler des Dark Zone puisque le jeu troque l’unique zone du premier opus contre trois zones bien distinctes. Chaque zone se limite dorénavant à 12 joueurs (contre 24 précédemment). Un changement qui, dans l’absolu, devrait permettre de croiser plus de monde même si ça n’a clairement pas été notre cas jusqu’à maintenant, les Dark Zone s’étant montrées particulièrement vides (mauvais timing probablement).

Comble de bonheur, chacune de ces DZ propose un level design qui lui est propre et on peut soit profiter des espaces ouverts de la première ou se précipiter dans les ruelles étroites jonchées de bâtiments de la seconde ou alors rester dans la troisième qui propose un bon mélange des deux. Une excellente initiative qui permet de varier les plaisirs ou, au contraire, de rester là où on se sent le plus habile.

Au niveau du gameplay les mécaniques restent les mêmes avec des zones dans lesquelles on trouvera des ennemis à réduire en bouillie dans l’espoir de trouver du loot d’une qualité logiquement supérieure. La première nouveauté c’est que les objets qui apparaissent dans cette zone ne sont plus automatiquement contaminés. Une aubaine pour ceux qui n’aiment pas passer par la case stressante de l’extraction. On retrouve bien évidemment les points d’expérience propres à la Dark Zone avec un tout nouveau système de compétences spécifiques permettant par exemple de diminuer les temps d’extraction du loot ou de baisser sa visibilité au moment de passer rogue.

Car évidemment le plaisir de la Dark Zone reste ce moment où l’on décide de passer de l’autre côté de la barrière. Dorénavant pour devenir Rogue il faudra le vouloir. Comprenez par-là que le tir ami n’est plus activé et que le petit coup de feu parti sans le vouloir n’aura plus d’impact sur votre statut. Trois niveaux de Rogue sont maintenant disponibles. Le statut de Rogue Gris se déclenche dès qu’un joueur vole des caisses de largage, pirate des terminaux SHD ou active le mode PvP. Vient ensuite le Rogue Rouge qui se déclenchera aussitôt le premier joueur tué, avant de passer Rogue Or si le joueur continue sur le mauvais sentier. Chaque niveau de Rogue augmente la visibilité du joueur renégat sur la carte. Au niveau Or c’est généralement la fête de la traque et tout le monde se met en quête d’éliminer les vilains garnements. Heureusement pour eux tout n’est pas perdu puisqu’il est maintenant possible de perdre son statut Rogue en rachetant sa prime. Pour se faire il faudra réussir à pirater suffisamment de terminaux sans se faire tuer pour accéder à des repaires rogues où on pourra, en plus d’accéder à des vendeurs peu scrupuleux, redevenir un agent tout ce qu’il y a de plus normal.

Avec ces mécaniques les gens de chez Massive Entertainment ont réussi ce qu’ils n’étaient pas parvenu à faire dans le premier opus : rendre le status de rogue véritablement intéressant et rentable. On garde cette pression qui fait que passer rogue n’est pas de tout repos, mais à la fois le cheminement et les récompenses sont beaucoup mieux pensés. Les Dark Zone proposent enfin du contenu intéressant et un gameplay original qui offriront de longues heures de jeu à ceux qui aiment titiller le côté obscure.

Enfin pour ceux qui ne jurent que par le PvP, sachez que The Division 2 propose des modes de jeu dédiés à cette activité avec un mode Conflit (trois cartes) ainsi que du deathmatch et du team deathmatch pour les Escarmouches et la Domination. De nouvelles cartes et de nouveaux modes devraient rapidement faire leur apparition selon les dires de Massive Entertainment. De notre côté on se gardera bien de juger cette composante puisque ce n’est, de notre point de vue, pas là que The Division 2 se démarque de la concurrence. Il n’en reste pas moins qu’en proposant un tel contenu le studio fera plaisir aux adeptes de ces modes de jeu surtout que, pour le peu de temps que l’on a consacré à ce PvP, les combats sont assez stratégiques et plutôt nerveux, notamment grâce au nouveau système de santé.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
PROMESSES TENUES
8
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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