Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

I’m a bad guy

Jon Bernthal. Un physique qui en impose. Une voix grave bien testostéronée. Du tout bon pour que le seal of approval by Tom Clancy soit directement donné à l’acteur pour qu’il participe au scénario de ce Tom Clancy’s Ghost Recon Breakpoint. Alors quand on entend « Tom Clancy », on est tout de même un peu fébrile car on sait par expérience que cela ne donne jamais un scénario qui vole très haut. Mais quand même, avec un acteur ayant une bonne petite renommée et l’absence de scénar’ dans Wildlands, il y a clairement la place pour faire un truc un minimum potable. Hé bien vous savez quoi ? C’est raté de A à Z.

Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu autant de gâchis avec un scénar complètement absent, une fois encore, mais aussi une mise en scène complètement à l’Ouest qui nous fait trembler de honte tant c’est mauvais. L’acteur n’est d’ailleurs pas bien présent dans le jeu (un coucou au début et un au revoir à la fin) avec quelques petits flashbacks foireux pour essayer de créer un lien entre lui et notre personnage. Avec cette absence continue, on serait presque tenté de dire « tant mieux pour lui ».

Le bordel comme jamais

On oublie donc la Bolivie pour un l’archipel fictif d’Auroa. Notre antagoniste hollywoodien a pris d’assaut cette île qui était au départ contrôlée par une entreprise high-tech qui adore automatiser les unités militaires (chars, drones…). Dès les premières minutes, il y a quelque chose qui ne va pas, tout du moins sur cette version test PS4 : ça rame sévère à tel point que la visée reste bien trop précaire pour que l’on ait un confort optimal. La végétation également fait pâle figure avec des textures baveuses qui, franchement, ne s’amélioreront pas durant toute la suite de notre expérience. Sans omettre un clipping omniprésent qui s’accentue lorsque l’on est en véhicule.

L’action est ponctuée de différents bugs qui nous sortent complètement de l’expérience de jeu.

C’est dommage, car d’un autre côté on sent que notre personnage est largement mieux modélisé que dans Wildlands ; et qu’il y a eu un véritable effort sur les animations, apportant parfois quelques petites subtilités dans le gameplay (quand on descend une pente au point de se casser la figure). Mais (encore un), tout ceci est ponctué de différents bugs qui nous sortent complètement de l’expérience de jeu. Comme par exemple poignarder un ennemi dans le vide car les deux corps ne sont pas alignés correctement, ou bien des ennemis tués d’un hélicoptère qui s’arrêtent dans le vide une seconde avant de retomber pour de bon… Cela nous remémore que le mot « Vide » résume plutôt bien la carte du jeu.

La Divisionada

Alors parlons-en de ce gameplay. Vous espériez une expérience plus simulation et/ou plus survie ? Hé bien va falloir faire une croix dessus. Certes il y a quelques petits ajouts comme le fait que notre barre d’endurance s’amenuise si l’on tire trop dessus et qu’il faut un petit remontant pour de nouveau remettre la barre dans son état initial. On peut également s’allonger et se couvrir de terre pour se rendre quasi-indétectable par les ennemis. Ou bien lorsque l’on est dans un état critique et boitillant, passer par une phase de bandage pour récupérer toute notre vie. Mais ça s’arrête là.

D’un autre côté, Ubisoft a eu la très mauvaise idée d’appliquer un système de loot qui n’a strictement rien à faire dans un Ghost Recon. Certes une balle dans la tête aura toujours la même puissance que n’importe quelle arme, mais c’est une toute autre histoire avec les drones et autres robots mécaniques qui sont de gros sacs à PV. Si l’on a tendance à jouer seul, aucun de vos compagnons ne saura vous relever puisqu’il n’y a tout simplement pas d’allié IA au moment d’écrire ces lignes.

Autre ajout qui confirme que les équipes ont voulu « Divisioner » le jeu, un hub central qui permet de voir les autres joueurs et de gérer les activités de tout le jeu (récupération de quêtes, modes multijoueurs, se reposer…). Une idée qui aurait pu pour le coup être intéressante si l’on n’était pas à du 15 FPS et que l’on ne nous redemandait pas sans cesse de revenir à cette zone pour progresser dans l’aventure pour récupérer d’autres quêtes (avec une jouabilité et des sons toujours aussi horribles en véhicule).

Ce qui nous amène à la répétitivité du jeu, gros point noir dans Wildlands, qui est ici tout aussi affreuse avec des missions qui sont loin d’être intéressantes. Non, une petite mission secondaire pour aller choper une arme bleue, ce n’est clairement pas ce que l’on attend d’un Ghost Recon.

Du PvP pour l’honneur

Que dire également de ce menu complètement foutraque, qui est aussi réactif qu’un paresseux sous marijuana ? On s’y perd bien trop souvent dans ce dédale de sous-menus, sans parler de cet arbre de compétences remanié pour les quatre classes qui est d’une paresse monstre. On a un groupe de quatre compétences : une fois deux des quatre compétences acquises, on grimpe dans l’une des bulles de compétences suivantes pour encore en choper au minimum deux… Donc si seulement une des quatre compétences nous intéresse et que l’on veut passer au groupe suivant, on va devoir acheter une compétence qui ne nous intéresse pas. Gé-nial !

C’est finalement avec le PvP que l’on s’est le plus amusé sur ce Ghost Recon Breakpoint.

On ne va pas s’étaler sur l’intelligence artificielle qui est exactement du même acabit que Wildlands. Un ennemi pourra tout aussi bien être omniscient, alors que vous êtes à 100 mètres de lui, qu’abandonner votre recherche alors que vous lui tirez dessus à deux mètres.

On se contentera d’un multijoueur bien plus travaillé avec des cartes souvent bien conçues, des serveurs dédiés qui limitent les avantages d’un possible host (on est chez Ubisoft, ce n’est pas non plus la panacée), la désactivation des valeurs d’équipement que l’on a looté (fort heureusement) et l’ajout de quelques subtilités tactiques qui apportent un peu de fraîcheur à l’ensemble (comme trouver les drones sur la carte pour avoir l’avantage sur l’équipe ennemie par exemple). C’est finalement avec le PvP que l’on s’est le plus amusé sur ce Ghost Recon Breakpoint.

LE VERDICT
BORING POINT ?
5
Nonag
Ex-achievement whore, redditor, petit trolleur et grand amateur de courses automobiles.

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