Test de Tokyo Tattoo Girls (PS Vita)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PlayStation Vita, fournie par l’éditeur.

Tattoo faux

Comme son nom l’indique, Tokyo Tattoo Girls se déroule à Tokyo. Un désastre a ravagé la ville et une partie de la population s’en est allée. D’autres, pourtant, ont décidé de rester : de nombreuses jeunes femmes ont en effet développé des pouvoirs bien étranges grâce à leurs tatouages. Résultat, de petites guerres ont eu lieu et désormais les 23 quartiers de la capitale nippone sont dirigés par des clans différents. C’est dans ce contexte que le joueur, le « Tattoo Master », entre en scène, en aidant une héroïne devant conquérir toute la ville pour pouvoir s’en échapper. Une poignée de demoiselles sont disponibles, chacune ayant droit à sa propre histoire, ses propres envies. Mais inutile d’en attendre beaucoup, le scénario de ce Tokyo Tattoo Girls s’arrêtant là. Jamais vous ne saurez quelle était la tragédie qui a frappé Tokyo, comment les clans se sont formés, comment leurs leaders ont été choisis : tous ces éléments ne sont que survolés, voire carrément pas abordés. Les backgrounds des personnages principaux ne sont également que très peu développés, ce qui n’est de toute façon pas plus mal tant ces demoiselles se montrent au mieux inintéressantes, au pire gênantes. Bref, ce n’est clairement pas le scénario qui motivera à rester des heures durant sur ce jeu de stratégie…

Et malheureusement, le gameplay ne relève pas franchement le niveau. Enfin, si l’on peut parler de gameplay, le titre de Sushi Typhoon Games obligeant le joueur à être plus passif qu’actif. Le but est donc de conquérir un à un tous les quartiers de Tokyo en les envahissant petit à petit, en recrutant les habitants puis en affrontant le boss local. Le tout se fait automatiquement : une fois l’invasion du premier quartier lancée par le joueur, le recrutement est enclenché et l’on peut voir la progression via une jauge indiquant le nombre d’ennemis et de partisans. En cas d’invasion un peu trop agressive, le quartier se met en alerte rouge. Si le joueur n’intervient pas, sa jauge d’honneur sera amputée de quelques points, sachant qu’une fois à zéro c’est le game over. C’est via des skills que l’on peut réduire l’alerte et l’utilisation de ces derniers est d’ailleurs globalement la seule chose qui n’est pas automatique (avec la possibilité d’accélérer ou d’arrêter le temps). Ces actions varient en fonction de l’héroïne choisie mais elles ont toutes pour but de rendre l’invasion plus facile : recrutement intensifié ou au contraire arrêté pendant un certain nombre de jours, baisse du niveau d’alerte dans un quartier, quelques points d’honneur regagnés, éviter d’envahir les quartiers voisins pendant un certain temps et ainsi de suite. Des actions qui nécessitent un certain nombre de MP ainsi qu’un cooldown.

Tattoo in

Et ces MP – qui s’engrangent au fur et à mesure de jours qui passent – sont le nerf de la guerre, puisqu’ils permettent aussi d’acheter de nouveaux tatouages à placer dans le dos de ces demoiselles. Ces derniers ne sont pas à prendre à la légère puisqu’ils ont une influence certaine sur le recrutement des adversaires, surtout dans les modes de difficulté supérieurs, en faisant grimper les jauges de charisme et de menace. Même s’il faut un certain nombre d’heures de jeu et de tentatives infructueuses pour s’en rendre compte, Tokyo Tattoo Girls n’expliquant jamais vraiment ses mécaniques – le côté répétitif et ennuyeux n’incite d’ailleurs pas vraiment à approfondir. Il y a certes un petit tutoriel au départ, mais il n’est franchement pas bien clair. Par exemple, pourquoi certaines alertes se finissent par une réduction de la jauge d’honneur et parfois par une guerre de territoire ? Les réponses que l’on donne aux boss ont-elles une quelconque influence sur le combat ? Des combats qui, d’ailleurs, se déroulent également de manière automatique et se terminent tout le temps par une victoire côté joueur. Dommage, on aurait aimé au moins pouvoir interagir à ce niveau-là… Tout juste a-t-on le droit de répondre aux questions des boss qui font regagner un peu d’honneur en cas de bon choix. Un peu léger.

Pourtant, tout n’est pas totalement à jeter dans le bébé de Sushi Typhoon Games. Visuellement, par exemple, le titre est très joli. Si l’on met de côté la map de Tokyo, dépouillée, le reste est vraiment très plaisant pour la rétine : l’arrière-plan façon peinture traditionnelle japonaise, les artworks des quartiers, le design des protagonistes (bien que souvent cliché), les skills représentés par des personnages façon chibi ou encore les tatouages que l’on rajoute petit à petit sur les héroïnes – pour finir sur un dos entièrement tatoué façon yakuza. Dommage qu’il faille passer par des sous-menus et des temps de chargement fréquents pour profiter de tout ça, voire par des plantages obligeant à redémarrer carrément le titre… Et évidemment, qui dit jeu de niche dit forcément jeu non traduit en français, il faudra donc faire avec les sous-titres anglais et les doublages japonais.