Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4

Microids Prime

De manière à contrer la suprématie des stars américaines et autres mascottes japonaises, il fut un temps où les adaptations de BD franco-belgo-suisse en jeux vidéo fleurissaient. Infogrames, Cryo Interactive ou encore Ocean Software, pour la plupart disparus des radars aujourd’hui, présentaient un catalogue de jeux rempli de représentants du patrimoine culturel européen. Même si la qualité n’était pas toujours au rendez-vous, les fans de Lucky Luke, des Schtroumpfs ou de Tintin, pour ne citer qu’eux, pouvaient ainsi découvrir une autre façon de suivre les aventures de leurs personnages préférés, parfois à travers des histoires complètement inédites. Mais depuis la septième génération, nos héros du neuvième art se font plutôt rares dans le monde vidéoludique.

Pour autant, cette réunion entre le jeu vidéo et l’art des cases et des bulles n’appartient pas au passé. Il reste tout de même des éditeurs qui continuent de préserver le flambeau. C’est le cas de Microids dont la dernière annonce concernait justement le développement d’un remake de XIII. Et en cette fin d’année 2019, la firme française lance non pas un, ni deux, mais trois jeux tirés de licences que sont Astérix & Obélix XXL 3, Blacksad : Under the Skin et Titeuf Mega Party.

Dans le cas présent, il sera question des joies de la préadolescence où se construisent les premières relations sentimentales et en même temps la rencontre avec soi. Vous l’aurez compris, on va parler du petit écolier identifiable à sa tête d’oeuf et sa longue houpette avec le remaster de sa seule et unique apparition sur console portée par Atari, à savoir Titeuf Mega Compet’. Parue en 2004 sur PC, PS2 et Game Boy Advance, cette itération revient 15 ans plus tard avec pour but de remettre sous le feu des projecteurs non seulement l’oeuvre de Philippe Chappuis, alias Zep, mais aussi un genre quelque peu en retrait, le party game.

Titeuf et l’Attaque des Clones

Lorsqu’on évoque ce type de jeu, la première chose qui nous vient à l’esprit, c’est un petit plombier moustachu à la casquette rouge. Mais à la différence de ce dernier, Titeuf Mega Party propose de prendre part à divers mini-jeux à travers une campagne scénarisée. Tout débute à la veille de la rentrée scolaire. Titeuf profite d’une petite soirée télé en compagnie de ses parents lorsqu’il apprend que le clonage de mouton est devenu possible. Cette nouvelle n’a eu que pour effet d’attiser la peur de notre héros, d’autant plus que seul les meilleurs spécimens sont choisis pour une telle pratique scientifique. Le lendemain, la nouvelle est au coeur des conversations de tous les élèves de l’école, essentiellement pour exprimer une certaine inquiétude, celle du clonage de masse. Ainsi, afin de ne pas être sélectionner, l’ami Hugo a pour solution de faire le plus de bêtises possibles. Pour se faire, le joueur devra exprimer son indocilité sur trois terrains de jeu différents : le quartier de l’école, la voyage en classe verte et la fête foraine.

Dommage que la liste des mini-jeux n’ait pas été agrémentée de quelques nouvelles activités.

La structure des mondes n’a rien de grandement compliqué. Chacun d’eux demande de suivre les missions dictées par Hugo tout en remplissant une liste de vilaines plaisanteries. Échapper au grand persécuteur de l’école après lui avoir donné un sandwich avarié, cracher du haut d’un balcon sur les passants, ou encore éviter de tomber dans un lac gelé qui menace de craquer sous le choc des boules de neige lancées par nos camarades, pas moins de 40 mini-jeux sont à découvrir en compagnie de Titeuf et ses amis.

C’est toutefois dommage que cette liste n’ait pas été agrémentée de quelques nouvelles activités histoire d’avoir une durée de vie qui colle davantage aux concurrents actuels. Aucun défi ne se ressemble mais on a vite fait le tour du propriétaire. La trame principale peut facilement se clore en un petit après-midi. Les missions sont courtes et s’enchaînent sans réelle logique, ni même de cohérence avec le scénario. D’autant plus que les bonus exclusifs à la version PS2, liés au EyeToy, ne répondent ici plus présents. Les intentions sont peut-être là, mais le résultat peine à convaincre, autant sur le plan technique que visuel.

Tchô, c’est pô juste !

Titeuf Mega Party a d’ailleurs vite fait de nous rappeler qu’il a manqué deux générations avec ses murs invisibles et ses bugs de collision. La punition aurait pu s’arrêter là mais il est véritablement impossible de passer outre sa jouabilité très bancale. Durant les phases d’exploration, il faut à la fois composer avec une caméra aux plans serrés et des personnages qui ont tendance à patiner. Heureusement que pour le coeur du gameplay, c’est-à-dire lors des mini-jeux, les choses s’arrangent un peu. Enfin presque.

Entre la visée imprécise et des glissades incontrôlées qui viennent compliquer notre course, il faut parfois avoir les nerfs bien solides.

Les parties nécessitant uniquement les boutons de façade sont de bonne qualité, ce qui est malheureusement moins le cas lorsqu’il s’agit d’utiliser les joysticks analogiques. Entre la visée imprécise et des glissades incontrôlées qui viennent compliquer notre course, il faut parfois avoir les nerfs bien solides, au risque d’être tenté de ranger la manette, surtout en difficulté élevée. A ce titre, trois niveaux de compétition sont proposés. Mais encore une fois, la dureté des épreuves est davantage liée à l’instabilité des contrôles qu’à un véritable gameplay exigeant.

Une fois notre tournée aux bêtises terminée, mise à part son mode multijoueur qui cette fois permet de défier jusqu’à trois autres amis en local, rien ne nous entraîne réellement à revenir sur Titeuf Mega Party. Pour un minimum contrebalancer, la mise en scène fidèlement reprise des planches de Zep sauve quelque peu la mise. Le titre bénéficie pour l’occasion du doublage français officiel de la production télévisée. Le nombre de répliques reste toutefois très limité, la moindre intonation de cet inimitable Donald Reignoux devient ainsi une vraie récompense aux oreilles des joueurs des générations France 3 et Canal J.

La direction artistique a aussi quant à elle légèrement évolué avec un design plus proche de la série animée que le trait fin des BD. Outre cela, les arrangements musicaux sont signés Matthieu Chedid. Le style funk rock si particulier de M vient tout naturellement rythmé notre aventure en lui apportant une touche à la fois festive et polissonne. En fin de compte, le remaster de Balio Studio dispose de quoi être une bonne adaptation, mais malheureusement il se veut trop attaché à la corde sensible de la nostalgie, au point de ne pas chercher à évoluer, ni même à améliorer les défauts du passé. Ce n’est peut-être « pô juste » mon cher Titeuf, mais redoubler n’est pas toujours la solution.

LE VERDICT
PÔV PORC'TACHE
4
Avatar
Aucun super-pouvoir, gameplay limité, fait partie du comité de protection des licornes. Recherche en vain cet alter ego qui lui permettra de mener à bien sa vendetta - "The monster you created has returned to kill you"

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

4 + quinze =