Test de Titan Quest Console Edition (PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4 Pro.

Aventure homérique

Titan Quest fait partie d’une époque que ceux qui ont commencé le hack & slash avec Diablo 3 n’ont pas connu. Une époque révolue, où le genre n’était tourné que vers un seul maître : Diablo 2. Les compétences ne se limitaient pas à un déblocage défini et à trois boutons, et la santé ne se régénérait pas en marchant sur des orbes rouges. Dans ce sens, Titan Quest était un parfait représentant du genre et aujourd’hui, il l’est encore. Étrangement, si Diablo 3 a tapé là où il le fallait, les anciennes mécaniques ne paraissent pas dépassées. On l’a bien vu avec Grim Dawn récemment, les anciens de Iron Lore exploitent toujours des codes qu’ils maîtrisaient déjà à la perfection en 2006. Double spécialisation, « runes », points à attribuer : Titan Quest transpire le old school à plein nez et ça fait du bien.

Certes, l’enrobage a perdu un peu de sa force mais même 12 ans après sa sortie, Titan Quest reste agréable à regarder. La richesse de ses décors et la fraîcheur de sa direction artistique ont particulièrement bien vieilli et il est toujours plaisant de se balader dans les contrées mythologiques de Grèce ou d’Egypte pour savater des monstres à la chaîne, même si le rythme semble un peu suranné. Torchlight, Diablo 3 et même Grim Dawn nous ont habitué à un peu plus de nervosité, à des degrés différents. Les monstres sont plus nombreux, les compétences ont plus de pêche et on n’a que très peu le temps de respirer. Titan Quest se base sur de vieux standards, où le rythme repose plus sur la difficulté que sur la nervosité. En ce sens, il est plutôt lent, mais ardu, contrairement aux hack and slash plus récents. En bref, THQ Nordic a eu le bon goût de ne toucher à rien et de laisser le jeu tel quel, pour le plus grand plaisir de ceux qui l’ont fait en 2006. Pour eux, oui, mais pour les autres ?

Portage chimérique

Porter Titan Quest sur consoles était un challenge de taille. Il y a 12 ans, le titre de Iron Lore était une exclusivité PC et il a été développé comme tel, ce qui pose problème aujourd’hui. Titan Quest, en l’état, n’est pas un jeu fait pour les consoles. Porter un titre spécifique au PC nécessite de faire un choix : soit on pense son développement en amont (comme Diablo 3), soit on refond ses mécaniques pour l’adapter aux manettes (comme le premier Torchlight). Titan Quest n’a rien choisi de tout ça. A la place, THQ Nordic semble avoir opté pour de l’émulation plutôt qu’une adaptation en bonne et due forme. Les menus n’ont que peu changé et seules les icônes de la manette semblent avoir été rajoutées.

Au challenge initial viennent s’ajouter des commandes compliquées, premières victimes d’un portage dont on ne comprend pas exactement la raison d’être.

On peut à la rigueur fermer les yeux là-dessus. Pas sur l’absurdité des contrôles en jeu. C’est bien simple, le portage semble avoir été effectué avec Xpadder et rien d’autre. Un simple coup de stick provoque un déplacement de plusieurs mètres (et lâcher le stick ne fait pas s’arrêter le personnage immédiatement), tandis que les touches d’attaque ne déclenchent non pas un coup mais l’équivalent d’un clic sur un ennemi. Le personnage avance donc vers un adversaire ciblé de manière aléatoire et il faut miser sur la chance pour espérer se diriger vers celui que l’on souhaitait dérouiller initialement. Pareil pour les compétences secondaires qui jouissent d’une latence handicapante en plein milieu des nombreux combats qu’offre le jeu.

Le jeu n’en est que plus dur. Au challenge initial viennent s’ajouter des commandes compliquées, premières victimes d’un portage dont on ne comprend pas exactement la raison d’être. Était-ce réellement utile d’offrir Titan Quest aux joueurs consoles en l’état, sachant qu’en plus le jeu se permet quelques petites baisses de framerate, un peu de clipping et des bugs en tous genres ? Difficile de répondre à la question, tant le décalage entre jeu de qualité et portage bâclé semble improbable.

LE VERDICT
TITANIC
5
Kurutchin
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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