Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

Monster on the loose

Tout commence par un toucher, une vision, une odeur. Vierge de toute connaissance, aussi capable que puisse l’être un nouveau né, la créature de Frankenstein s’aventure à l’extérieur, ignorant tout de ses origines. Notre vagabond découvre les couleurs et la nature, les sons et les sensations. Forcément, son parcours ne sera pas tout rose et il sera rapidement confronté à la cruauté de la nature et à la cruauté des autres, dans l’incompréhension la plus totale. Jusqu’au jour où, impuissant, il découvre son monstrueux faciès, ce fardeau duquel émane toute sa solitude.

Alors que la créature de Frankenstein se résume aujourd’hui à un “cheap freak” pour films d’action ratés, La Belle Games nous offre avec The Wanderer un véritable récit de découverte. Notre personnage, que l’on contrôle à la manière d’un point & click, se meut de tableau en tableau au fil des saisons, pour en apprendre plus sur le monde qui l’entoure, sur les êtres humains mais aussi et surtout sur lui-même. C’est littéralement son destin que forge le joueur, à travers des décisions clés dans le parcours initiatique de la créature. Sauver ou laisser périr une biche, fuir ou riposter face à une foule de paysans rageurs, dire la vérité ou non : chaque décision peut impacter l’histoire à une petite échelle et provoquer des variations sur la suite de l’aventure. Léger, mais appréciable.

Compression jpg

La véritable force de The Wanderer tient plutôt dans sa patte graphique, constituée de couleurs vives et chaleureuses étalées façon aquarelle. On en prend plein les mirettes, à condition de contempler les différents tableaux de loin. Dès lors que le jeu se met à zoomer sur différentes parties d’un niveau, le trait se veut bien plus grossier, comme un fichier jpg que l’on étirerait plus que de raison. Ce qui apparaît au départ comme séduisant montre rapidement des limites techniques assez criantes, tout comme quelques choix artistiques malheureux. Qui a eu l’idée d’intégrer des personnages en 3D aussi grossiers à des tableaux sans réelle profondeur ? Encore une fois, de loin, l’illusion fonctionne. Mais au moindre changement de perspective, les masques tombent et le joueur se retrouve face à des modèles 3D basiques et vulgairement plaqués contre des images pixelisées. Forcément, la poésie en prend un coup.

Heureusement, si nos yeux ne sont pas toujours gâtés, nos oreilles quant à elles profitent d’une sublime BO, qui, en l’absence de doublages, est la seule véritable proposition sonore du titre. Les lignes de texte s’enchaînent sur une poignée de superbes compositions, durant deux petites heures. The Wanderer dure à peine plus longtemps qu’un film standard, avec un potentiel de rejouabilité plutôt léger. Ça ne fait que renforcer le côté anecdotique du titre, si prometteur et en même temps gangrené par des limitations techniques imparables. Les quelques phases de gameplay sont des plus limitées, la patte graphique ne séduit que pendant un temps et cette histoire, bien que contée avec talent, prend fin trop rapidement.

LE VERDICT
INSUFFISANT
5
Kurutchin
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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