Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur, sur PC.
The Surge 2 est disponible sur PC, PS4 et Xbox One.

Champs Elysium

The Surge 2 prend place au moment exact où le premier volet prenait fin, alors qu’une fusée se dirige dans l’espace pour arrêter le réchauffement climatique à coups de nanites. N’espérez pas pour autant retourner dans les bottes de ce bon Warren au coeur du complexe CREO, The Surge 2 se déroule dans Jericho City, aux commandes d’un personnage tout juste sorti du coma suite à crashé en avion causé par ladite fusée. Une façon habile de raccrocher les wagons d’entrée de jeu, tout en justifiant le passage à un autre personnage. Enfin, c’est avant tout l’occasion de découvrir une patte artistique à l’opposé de ce qu’offrait The Surge en 2017.

Les traits visuels de la ville n’ont rien en commun avec le complexe visité à l’époque. La froideur et l’épure ont cédé leur place à une surenchère de détails inattendue, à tous les niveaux : structures, armures, armes. La dimension industrielle n’a plus du tout d’emprise ici, au profit de motifs plus organiques et colorés. Les différents quartiers de la ville apportent avec eux des styles visuels très marqués, comme on peut le constater dès la deuxième heure en passant du centre ville au port, teinté de vert et envahi par les substances chimiques.

On sent une certaine envie de se distancer de The Surge premier du nom, qui enchaînait les zones grisâtres et métalliques jusqu’à l’écœurement. Il faut dire qu’il est difficile de faire autrement dans un complexe industriel, c’est pourquoi la délocalisation de l’action dans la ville de Jericho City fait sens. Les zones visitables ont toutes un certain charme, une personnalité propre et regorgent de portes dérobées et de raccourcis. Une fois encore, Deck13 s’appuie sur les enseignements de Maître From Software et applique la recette à merveille, au point de créer des structures encore plus labyrinthiques que dans ses illustres modèles, au point de fréquemment perdre le joueur.

La zone centrale de The Surge 2, le fameux centre-ville, est un véritable modèle du genre. Le fait de devoir y revenir régulièrement a contraint les développeurs a pensé son agencement à la fois horizontalement et verticalement, multipliant les chemins alternatifs et vicieux. Néanmoins, toutes les zones ne présentent pas la même construction, et il n’est pas rare de se retrouver pendant de longues phases où le joueur ne peut compter que sur sa capacité à survivre, en attendant de trouver la porte qui le conduira à la station médicale du coin.

Grise anatomie

Elles faisaient déjà office de feux de camp dans le premier volet, les stations médicales rempilent dans The Surge 2 et encore une fois, elles sont au coeur de la progression du joueur (et du maintien de sa pression artérielle). Ces stations sont à la fois des points de sauvegarde, disséminées aux quatre coins de Jericho City en petites quantités, et des dépôts de pièces détachées, que l’on peut recycler pour augmenter notre niveau et crafter du matériel. Si dans l’idée, le fonctionnement est assez similaire au premier The Surge, les développeurs n’ont pas hésité à remodeler le fonctionnement de la plupart des mécaniques, à commencer par le système de leveling. Avant, on dépensait simplement nos ressources pour faire augmenter les caractéristiques du personnage, sans aucune autre implication de la part du joueur que le maintien du bouton X. Maintenant, augmenter le niveau du personnage lui confère des points à répartir dans trois catégories : la vie, l’endurance et l’énergie (la batterie, si vous préférez). Chaque niveau octroie deux points, que l’on répartit selon notre bon vouloir. Cela donne une première idée du développement des builds, au coeur de ces nouvelles stations médicales.

Le fonctionnement des implants a lui aussi été remanié. Dans The Surge, les implants ne progressaient pas et on pouvait en trouver plusieurs de la même catégorie, puisqu’ils disposaient d’utilisations limitées. Par exemple, un implant de soin fonctionnait comme une fiole d’Estus et ne pouvait être utilisé que 3 fois, avant d’être rechargé. On pouvait en équiper plusieurs afin d’avoir plus de charges avant passage dans une station médicale. The Surge 2 change la donne en permettant aux implants de progresser, grâce à des ressources récoltées tout au long du jeu, et surtout de dépendre de la jauge d’énergie, et rien d’autre. Un implant de soin n’est plus une fiole d’Estus déguisée, mais une variable à part entière de chaque combat. On y reviendra plus tard.

Enfin, l’équipement en lui-même est probablement l’élément le plus “conservateur” de cette suite, pour la simple et bonne raison que son évolution était l’une des grandes forces de The Surge. Chaque pièce d’équipement peut être améliorée, en échange de pièces récupérées sur les cadavres des ennemis. Jusque là, rien de nouveau. En revanche, là où cumuler les pièces d’armure d’un seul et même set n’apportait aucun avantage dans le premier, chaque ensemble profite ici de bonus passifs, selon l’occupation de 3 ou 6 emplacements dans l’équipement de notre personnage. C’est d’autant plus utile quand le jeu nous permet maintenant de “construire” trois builds différentes, avec armures et implants changeables à la volée. Regagner de la vie à chaque exécution, résister un peu mieux au poison, gagner de l’énergie plus rapidement : les avantages sont nombreux et ne doivent pas être négligés pour aborder les combats, plus nerveux que jamais dans cette suite.

Votre humain, complet ou en tranches ?

Si Dark Souls est avant tout l’histoire d’une ambiance, d’un univers et d’un sentiment grandissant de désespoir, The Surge, et par extension The Surge 2, ont fait des phases d’action leur cheval de bataille. On aborde ces scènes les doigts posés sur les gâchettes, prêts à en découdre avec toute forme d’opposition, comme on le ferait dans tout bon Souls-like qui se respecte. Toutefois, le premier opus apportait une particularité de taille, à savoir la possibilité de cibler les différentes parties du corps de ses adversaires pour mieux les démembrer et alimenter l’équipement du personnage.

C’est en effet le seul moyen de faire progresser casques, jambières et épées. La subtilité repose dans la résistance des différentes parties du corps. Presque tous les adversaires disposent d’une zone non-protégée, qui permet au joueur de l’éliminer rapidement, sans lui donner l’occasion de récupérer une pièce d’équipement. À l’inverse, ce loot n’est possible qu’en tranchant des zones protégées, rendant les affrontements plus compliqués. L’adversaire est moins facilement déstabilisé, perd sa vie plus lentement et au final, c’est un risque supplémentaire pour notre personnage. C’est au joueur de décider ce qui lui semble le plus pertinent à chaque situation : vais-je tenter de récupérer cette pièce qu’il me manque malgré la fragilité de ma barre de vie ou vais-je jouer la sécurité en visant sa tête nue ?

Naturellement, bien qu’il était déjà particulièrement jouissif, le système de combat a lui aussi connu quelques changements, comme la notion de parade. Dans le premier The Surge, la parade n’était pas le point le plus excitant des phases de combat. On sautait à droite et à gauche pour esquiver, grâce à l’agilité accrue de notre personnage, au détriment d’une parade molle et peu impliquante. The Surge 2 apporte une réponse à ce problème en mettant en place la parade directionnelle. En plus du timing, qui était déjà au coeur de son fonctionnement, la parade doit être conjuguée avec l’inclinaison du stick droit en fonction de l’attaque adverse. Bien exécutée, la contre-attaque peut être décisive. Ratée, elle place le joueur à la merci de ses ennemis, vidé de son endurance. Cette modification a tendance à rééquilibrer la sauce, entre esquives incessantes (moins permissives que dans le premier) et parades fatales.

La guerre des drones

Autre changement qu’on n’attendait pas forcément (mais qu’on accueille avec bienveillance), le drone a vu son intérêt boosté, lui qui était jadis cantonné à quelques apparitions fastidieuses et inutiles. Dans The Surge 2, il est possible de l’activer à tout moment, dans certains cas selon les munitions disponibles (elles manquent rarement), et de lui assigner différentes fonctions. À distance, on préférera lui confier un rôle de sniper ou de mitrailleuse (rien de tel pour dessouder des tourelles). Au corps-à-corps, face à un humanoïde, on n’hésitera pas à lui attribuer une capacité de stun. Il devient un véritable atout lors des combats, d’autant plus qu’il n’est plus conditionné par le remplissage de la barre d’énergie.

Toutefois, ce n’est ni la promotion du drone en tant qu’effaceur titulaire, ni la parade directionnelle qui affectent le plus les combats de The Surge 2, mais bel et bien son système de régénération de santé.

Toutefois, ce n’est ni la promotion du drone en tant qu’effaceur titulaire, ni la parade directionnelle qui affectent le plus les combats de The Surge 2, mais bel et bien son système de régénération de santé. Comme mentionné un peu plus haut dans ce test, l’implant de soin a changé. Il ne fonctionne plus à l’aide de charges (elles existent encore, mais ne sont plus centrales). À la place, Deck13 a préféré l’associer à la barre d’énergie, que l’on remplit en bastonnant du méchant. Cette barre est divisée en plusieurs sections, selon le niveau du joueur. Une fois une section rempli, le joueur peut effectuer une action : démembrer un adversaire, utiliser un injectable classique ou, justement, se faire un petit shoot de santé. Cette modification, en apparence mineure, change absolument tout dans la dynamique des combats. En l’absence de charge, chaque combat est entamé sans possibilité de se soigner. Cette possibilité n’arrive qu’au fur et à mesure des coups infligés, ce qui laisse au joueur de nombreuses opportunités pour se soigner (en fonction de son habileté en combat). Sur les petits ennemis, peu résistants, l’impact est minime. En revanche, sur les adversaires plus coriaces ou en surnombre, c’est une autre paire de manches.

Dans un Dark Souls, comme dans le premier The Surge, se retrouver sans fiole d’Estus face à un personnage bien chargé en PV est une quasi-condamnation. Par conséquent, le joueur se sachant mourant, soit il jouera la prudence et l’affrontement tardera à s’achever, soit il se “laissera mourir” (en quelque sorte) pour revenir avec un stock de vie plus fourni. Dans The Surge 2, les choses sont légèrement différentes. Diminué, le joueur a plusieurs options : soit il la joue calmement, comme il l’aurait fait dans le premier opus, soit il prend le risque d’attaquer pour avoir le simple soulagement de se soigner. Là où la plupart des Souls-like invitent à jouer la sécurité, The Surge 2 incite le joueur à passer à l’offensive, à jouer de manière agressive pour toujours aller plus loin, sans forcément avoir le besoin de repartir dans une station médicale pour faire le plein. Cette relecture de la gestion de la santé a donc forcément une incidence sur les combats, et comment on les approche, mais aussi sur le rythme global du jeu. Moins tenté de revenir en arrière pour recharger ses implants, le joueur est constamment poussé vers l’avant, pour enchaîner les combats et se soigner par la même occasion. L’offensivité était déjà le credo de The Surge, elle est élevée au rang d’art dans sa suite.

Pour le reste, The Surge 2 coche toutes les cases de la bonne suite classique. “Bigger and louder”, il l’est assurément. Pas forcément plus beau (ou moins moche, c’est selon), mais beaucoup plus varié, le jeu de Deck13 apporte du contenu exactement là où on l’attendait. Les lieux visités et le loot sont plus riches, la narration est claire, les PNJ répondent présents et de manière globale, The Surge 2 fait preuve d’un équilibre exemplaire, entre frustration et récompense. La plupart des défauts du premier sont corrigés, y compris une partie de cet horrible inventaire, plus logique dans son tri de l’équipement et des implants. Seule une technique à la ramasse et quelques crashs ici et là plombent quelque peu le titre. Après tout c’est un jeu Deck13 et en bon jeu Deck13, il ne déroge pas à la règle !

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
CHIRURGICAL
9
Kurutchin
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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