Test de The Princess Guide (Nintendo Switch, PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4

La Princesse et le Mentor

Vous êtes-vous déjà demandé ce que devenaient vos héros de jeux vidéo lorsqu’ils ressortaient vainqueurs d’une guerre ? Nippon Ichi Software a la réponse : ils deviennent les mentors de nouveaux combattants. Ou, dans The Princess Guide, de princesses ayant bien besoin d’un petit coup de pouce dans leurs quêtes. Ici, elles sont au nombre de quatre et sont toutes bien différentes les unes des autres. Liliartie est joviale et ne pense qu’à manger, c’est donc en toute logique qu’elle cherche à abattre tous les dragons qu’elle croise afin d’en faire des steaks qui lui permettront aussi de nourrir son peuple. L’arrogante Veronica préfère pour sa part conquérir le monde, ni plus ni moins, même si pour cela elle doit transformer la moitié de ses sbires en grenouilles. Issue d’une famille déchue, la déterminée Monomaria ne cherche qu’à s’entraîner afin de devenir plus forte et rendre les lettres de noblesse à sa maison. Enfin, la douce Alpana – princesse dragon – désire amener la paix sur le monde. Tout un programme.

The Princess Guide propose donc via ces personnages quatre histoires différentes, même si elles finissent toutes par se rejoindre à un moment ou un autre (inutile donc de rester des heures devant l’écran demandant de choisir l’une des princesses puisqu’elles sont en fait toutes jouables dans une même partie). Des scénarios portés par ces princesses hautes en couleurs, et c’est d’ailleurs le point fort de ce titre : son écriture. Si, dans le fond, tout cela est très basique voire cliché, on apprécie la légèreté et l’humour qui se dégagent des dialogues. Difficile de ne pas sourire devant Liliartie tenant une cuisse de poulet (ou serait-ce du dragon ?) dans chaque main en s’extasiant du repas à venir, ou encore lorsque Veronica pique sa crise pour être portée par l’un de ses soldats au lieu de marcher. Évidemment, quelques passages un peu moins mignons sont aussi de la partie mais, globalement, le bébé de Nippon Ichi Software reste léger et plaisant à suivre. A condition bien entendu de parler anglais, le tout n’étant pas traduit en français.

Battle Princess

Le constat est en revanche moins rose en ce qui concerne tout son gameplay. Gameplay qu’il faut d’ailleurs apprendre en grande partie tout seul, The Princess Guide n’expliquant que le strict minimum au joueur. Sous ses airs d’action / RPG, ce soft est en fait plutôt un beat’em all : on avance et on frappe des vagues d’ennemis dans des niveaux plus ou moins longs. Pour ce faire, la princesse (ou le héros créé en début de partie) peut compter sur une attaque basique, une spéciale ou encore celle de son escouade composée de six soldats. Des commandes relativement simples auxquelles viennent s’ajouter la possibilité de définir une tactique à suivre, de laisser ses soldats se débrouiller un peu par eux-mêmes, d’utiliser des reliques dispatchées ça et là ou encore de féliciter ou de gronder la princesse. Autant d’éléments qui montrent néanmoins vite leurs limites.

Si, dans le fond, tout cela est très basique voire cliché, on apprécie la légèreté et l’humour qui se dégagent des dialogues

L’I.A. des alliés étant particulièrement stupide, il n’est par exemple pas vraiment conseillé de les lâcher seuls dans la nature. A la place, on préférera les garder à nos côtés et user de leurs attaques pour venir plus rapidement à bout des ennemis, d’autant plus qu’une fois qu’ils meurent, c’est fini, il ne reviendront pas tant que l’équipe n’est pas retournée à la base. Idée plutôt sympa sur le papier, l’utilisation de reliques devient également très vite secondaire. Concrètement, plusieurs de ces objets se retrouvent sur chaque map : au départ pièges pour le joueur, ils peuvent par la suite se retourner contre les ennemis à condition de se les approprier (d’une simple pression sur un bouton et quelques secondes d’attente) et de les utiliser. Si toutes ces reliques ont différents types d’attaques (poison, coup de hache, feu, etc), on ne se retrouve au final qu’à utiliser les statues à mana venant redonner des points de vie. Il n’est en effet pas rare que des reliques offensives se trouvent à des endroits où il n’y a pas d’ennemis… Dans ce cas, pourquoi les activer ? Précisons aussi que le nombre d’utilisation est limité pour chaque relique. Mais, une fois encore, il faut l’apprendre ‘’à la dure’’.

Des dragons et des hommes

Le système de féliciter / gronder la princesse est également une bonne idée, mais qui montre là aussi ses limites (d’autant plus que l’on ne peut le faire que trois fois par niveau). Là encore, le titre n’indique rien, mais l’on apprend rapidement que les effets secondaires de ce système dépendent essentiellement de la barre de vie de l’héroïne. Par exemple, l’utiliser lorsqu’il ne reste presque plus de points de vie permet d’en regagner, mais cela permet dans d’autres circonstances de booster son attaque. Mais, finalement, c’est comme pour les reliques : on utilise ce système essentiellement pour regagner de la vie. La difficulté est en fait assez aléatoire dans The Princess Guide, et l’on peut vite se retrouver submergé par tout un tas d’ennemis faisant pas mal de dégâts. Et lorsque l’on sait que l’on ne peut pas emmener d’items avec nous (tout juste pouvons-nous trouver des bonbons redonnant quelques PV) et que les affrontements sont souvent brouillons, garder un œil sur sa santé relève de l’obligation si l’on ne veut pas tout recommencer !

Si chaque princesse possède une arme différente et offre donc un gameplay différent (arme à feu, hache, magie ou épées), les combats de The Princess Guide deviennent hélas rapidement lassants. La faute au genre, mais aussi au fait que les commandes soient limitées, empêchant donc de faire des combos sympas, que la visibilité est loin d’être top, que les systèmes proposés ne servent pas à grand-chose, que les niveaux se ressemblent un peu tous et que l’escouade suivant le joueur montre très vite ses limites. Les missions en elles-mêmes sont elles aussi un peu toutes les mêmes : protéger tel endroit ou personne, survivre pendant un certain temps, réaliser un certain nombre d’escarmouches… Bref, on tourne vite en rond. D’autant plus que les options proposées dans la base, qui prennent la forme de choses assez classiques pour un tel titre, ne sont clairement pas un modèle d’ergonomie.

Welcome to the ‘90s

Vous voulez améliorer une arme ? Ok, mais il faudra d’abord demander à votre équipe de retourner à la base (lui imposant au passage un cooldown de cinq heures ingame, parce que pourquoi pas ?), s’occuper de l’amélioration (en comprenant en amont comment ça fonctionne) puis redonner son arme au personnage en question… On a clairement déjà vu mieux en terme d’ergonomie. Et c’est un peu le même principe avec l’amélioration des princesses : grâce à certains objets lootés (les matérias), on peut booster tout un tas de stats un peu obscures, telles que l’esprit ou la foi. Là encore, rien n’est expliqué et l’on tâtonne un peu, mais surtout il ne faut pas que la princesse soit partie en mission, sinon il est impossible de l’améliorer. Il faut donc une fois de plus demander à l’équipe de retourner à la base et de repasser par le fameux cooldown… Et on ne parle même pas du manque de sauvegarde automatique qui peut faire perdre des heures de jeu en cas de pépin technique si l’on ne sauvegarde pas manuellement régulièrement.

Que reste-t-il alors à The Princess Guide ? Sa réalisation, colorée et très mignonne, typique de chez Nippon Ichi Software, avec des personnages et des monstres qui pourraient presque se retrouver dans un Disgaea (dood !). Si, comme dit plus haut, tous les niveaux se ressemblent plus ou moins, l’aspect chibi des protagonistes y fait mouche, tout comme l’idée un peu loufoque durant les dialogues de les faire “sautiller” comme s’ils étaient sur avance rapide, et il n’y a rien à redire sur les animations. Bref, rien de très surprenant ici, le studio étant connu pour toujours soigner les visuels de ses jeux ainsi que leurs directions artistiques. Mais contrairement à un Disgaea, justement, le même soin n’a hélas pas été apporté au gameplay. Est-il donc besoin de préciser après tout cela que la motivation risque de ne clairement pas être là pour refaire le titre plusieurs fois et ainsi découvrir les fins de toutes les histoires, et ce même si chaque partie est assez courte ?

LE VERDICT
COQUILLE VIDE
5
Shauni
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