Test de The Pathless (PC, PS4, PS5)

CONCLUSION

Bien qu'il puise ses inspirations aux quatre coins de la sphère vidéoludique, The Pathless est une sublime ode à l'exploration, rythmée par une mécanique de shoot unique, ponctuée de séquences d'anthologie et soulignée par un habillage sonore et visuel de très haut vol. Si sa structure trop simpliste l'empêche d’accéder au statut de chef d'œuvre, son exécution pleine de charme et sans faille majeure fait de lui le véritable incontournable de cette fin d'année. Après tout, à défaut de pouvoir décemment mettre le feu à une ville, pourquoi ne pas plutôt aller libérer une île de celui qui la consume ?

Il semblerait que la philosophie thatgamecompany (Flower, Journey) ait contaminé une partie de la scène indépendante vidéoludique. On ne compte plus le nombre de jeux dont le simple but est d’émerveiller le joueur, de réveiller chez lui des envies contemplatives. Avec ABZÛ, Giant Squid, studio fondé par d’anciens développeurs du studio suscité, s’engouffrait dans cette brèche poétique en l’appliquant aux fonds marins, quitte à singer le maître en la matière. Un premier essai remarqué mais pas transformé, handicapé par une filiation trop évidente avec Journey. The Pathless, leur nouvelle création, écope ainsi d’une lourde tâche, celle de l’émancipation. Au terme de l’aventure, force est de constater que bébé Giant Squid a bien grandi et est déjà prêt à entrer dans la cour des très grands…

Shadow of the Patronus

Screenshot jeuxvideo24 test The PathlessUne île, une barque, une Chasseuse : il n’en faut pas plus pour lancer The Pathless, qui n’hésite pas, dès les premières secondes, à laisser le joueur face à lui-même et au gigantisme des mystérieux paysages qu’il va explorer. Avec sa caméra étonnamment éloignée, la perspective est étrange, et l’effet maximal. On en prend immédiatement plein la vue, écrasés par la grandeur des arbres et des monuments qui nous surplombent.

Puis arrive la première cible, alors que la caméra se resserre sur notre archère. Visée automatique et prise de vitesse régissent ses déplacements. The Pathless serait un mélange de contemplation imposante et d’intime vivacité, à la poursuite du Déicide, être maléfique et corrupteur d’esprits bienveillants. C’est le triste sort réservé aux “enfants” de l’Aigle qui dominait cette île avant l’arrivée de l’antagoniste, tous représentés par un animal corrompu.

Screenshot jeuxvideo24 test The PathlessIls constituent à eux cinq les seuls ennemis du titre, qui ressemble moins à un “boss rush” qu’à un voyage onirique sur des terres qui ne demandent qu’à être explorées. À vrai dire, ces esprits ne constituent qu’une partie mineure de The Pathless, à travers quelques poursuites haletantes et une poignée d’affrontements dantesques, durant lesquels la dextérité du joueur est mise à rude épreuve. Cependant, il est ici impossible de mourir, le game over n’existe pas. Tout juste sera-t-on ralenti dans notre progression par quelques boules de feu bien placées par nos ennemis enflammés.

Dès les premières secondes, The Pathless laisse le joueur face à lui-même et au gigantisme des mystérieux paysages qu’il va explorer.

Nintendhawks

Screenshot jeuxvideo24 test The PathlessLe reste du jeu, son cœur à vrai dire, se situe dans sa dimension exploratoire. Une île complète est à la disposition du joueur, sans la moindre carte ou point d’interrogation superflu. Il ne dispose que d’un arc, d’une sorte de bandeau magique capable de lui indiquer quelques points d’intérêt et d’un aigle pour l’aider dans sa (recon)quête. Avec ces trois éléments, il a pour objectif de résoudre de petites énigmes, disséminées un peu partout sur l’île, afin d’activer des tours pour révéler des boss ou améliorer les capacités de la Chasseuse et de son compagnon ailé.

Ce dernier est d’ailleurs capital dans la progression et la résolution des différents puzzles. Il permet à notre personnage de planer ou de s’élever à plusieurs reprises (une fois au départ, puis plusieurs fois successives au fur et à mesure de notre avancée), il peut porter des poids pour activer des mécanismes. Un véritable Aigle à tout faire, que l’on récompensera comme il se doit par quelques papouilles pour le débarrasser de la corruption qu’il subit à de rares occasions.

Screenshot jeuxvideo24 test The PathlessSi aucune énigme n’est réellement compliquée (contrairement à un certain The Witness, à tout hasard), elles s’intègrent toutes à merveille au cœur des différentes zones à explorer, signes du passage des Hommes. On apprendra d’ailleurs à connaître cette contrée via des notes disposées ça et là. Il n’y a pas de narration inutile dans The Pathless et seul le joueur dicte le rythme de son aventure. Les plus rapides ignoreront l’histoire que raconte les environnements, les conflits et les luttes passées contre le Déicide.

Les plus patients apprécieront chaque minute passée dans ces forêts et ces plaines magnifiques, à la recherche de tous les bonus à collecter. En ligne droite, The Pathless n’est l’affaire que de 4 à 5 heures, le temps de chasser le Déicide et sa corruption. Pour les autres en revanche, il sera très facile de se perdre au détour d’une ruine pour révéler tout ce que l’île a à cacher.

Si aucune énigme de The Pathless n’est réellement compliquée, elles s’intègrent toutes à merveille au cœur des différentes zones à explorer.

Toile de maître

Screenshot jeuxvideo24 test The PathlessD’ailleurs, ce sont ces derniers que Giant Squid chérit le plus, en proposant la direction artistique la plus inspirée de cette fin d’année 2020. On évoquait un peu plus haut les jeux de caméra, capables de mettre aussi bien en valeur la frénésie des déplacements et du combat et l’immensité des terres explorées, l’intime et le colossal. Ces effets ont surtout vocation à servir l’incroyable talent des artistes du studio, qui ont conçu une île que l’on a envie d’explorer. Pas besoin de taper sur l’épaule du joueur toutes les deux minutes pour lui signaler qu’il y a quelque chose à voir à cinquante mètres sur la droite, l’aspect visuel suffit à lui donner envie d’y aller. Encore une fois, c’est une progression organique qui prime ici, vidée de niveaux, de points de compétence, de marqueurs, d’inventaire, de journal de quêtes. Tout est question de fluidité, de grâce et de vitesse.

Durant son voyage, le joueur sera aussi accompagné par les incroyables compositions d’Austin Wintory, dont on avait déjà pu découvrir le travail sur Journey et ABZÛ. Ses morceaux, tantôt mélancoliques, tantôt intenses, rythment The Pathless de la plus belle manière qui soit. En réalité, le seul véritable reproche qui pourrait être fait au jeu de Giant Squid repose dans sa structure, peu ambitieuse et un peu répétitive. Chaque boss est débloqué et vaincu quasiment de la même manière. Cependant, leur répétitivité est atténuée par le caractère épique de chacun de ces affrontements, rappelant non pas la lenteur des géants de Shadow of the Colossus mais plutôt l’agitation de quelques séquences des jeux Ori, ce qui est loin d’être une mauvaise chose, croyez-nous !

Ce test a été réalisée à partir d’une version dématérialisée, fournie par le distributeur, sur PC.

Kuru
Kuru
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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