Test de The Lost Child (PS4, Nintendo Switch, PS Vita)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, sur PlayStation 4, fournie par l’éditeur.

Stairway to Heaven

The Lost Child propose donc un scénario baignant dans la religion catholique. Il est ainsi question de Dieu, de paradis, d’anges déchus ou non, ou encore de démons venant tourmenter les humains. Et, bien entendu, d’un Élu, celui qui devra capturer tous ces êtres malfaisants. C’est le boulot de Hayato, jeune journaliste bossant dans un magazine traitant de surnaturel, qui se voit un jour confier une enquête des plus étranges : une série de suicides dans le métro. Néanmoins, plusieurs témoins affirment avoir vu des mains fantomatiques pousser les victimes au dernier moment… Sur place, et lui-même presque victime de ce phénomène, il va rencontrer une jeune femme lui confiant une mallette renfermant une arme mystérieuse baptisée Gangour et censée capturer les démons. Accompagné de Lua, un ange relativement novice en la matière, il se lance tête baissée dans la mission qui lui est confiée, sans poser de questions.

C’est là le premier problème du scénario de ce The Lost Child, à savoir ce héros tout sauf crédible, qui ne s’étonne à aucun moment de voir apparaître une jeune femme sortie de nulle part et se mettant à le suivre partout telle une stalkeuse. Pas plus d’appréhension quand elle lui explique qu’il risquera sa vie à tout moment, on s’attendrait presque à ce qu’il lui demande des tickets restos en compensation… Et le problème ne vient même pas du fait que Hayato soit muet (mis à part lorsque le joueur doit choisir une réponse parmi trois propositions), puisque la plupart des personnages ne sont pas suffisamment travaillés. Ce qui est franchement rageant car il y avait des idées vraiment intéressantes, comme par exemple l’ange déchu Samael devenu médecin et voulant devenir mortel, le ”prêtre” tellement peu intéressé par le monde extérieur qu’il ne s’exprime que par le biais d’un écran, ou encore le fait que les ”cours” suivis par Lua au Paradis ne semblaient pas dire toute la vérité concernant les anges déchus. C’est d’autant plus dommage que le scénario se montre plutôt intéressant à suivre, même s’il souffre parfois de quelques longueurs.

Trouble in paradise

Si un petit côté visual novel est de la partie, Hayato devant parfois se lancer dans des investigations, c’est bel et bien le dungeon crawler qui est le plus présent dans The Lost Child. D’autant plus qu’en guise ”d’investigations”, le héros ne fait que se rendre dans certains endroits précis pour ”interviewer” des témoins qui n’auront de toute façon que deux lignes de dialogue à sortir dans la plupart des cas. C’est donc bel et bien dans les donjons que Hayato et Lua passeront le plus clair de leur temps et rencontreront parfois d’autres protagonistes plus ou moins importants. De ce côté-là, les habitués du genre ne seront pas dépaysés : combats aléatoires au tour par tour, donjons divisés en plusieurs étages, cartes à dessiner soi-même en se baladant dans les couloirs, et ainsi de suite. La petite originalité vient en fait des combattants pouvant rentrer dans l’équipe, à savoir des démons – ici nommés Astrals – que l’on capture grâce au Gangour. Original mais pas vraiment nouveau, la série des Shin Megami Tensei faisant la même chose depuis des années. Et, comme pour un Pokémon, le côté collectionnite fonctionne à merveille. On se prend rapidement au jeu des captures et on tente d’attraper toutes les entités que l’on rencontre pour la première fois, même si toutes ne sont pas forcément intéressantes en combat.

Si combattre permet de débloquer aléatoirement de nouveaux skills chez les personnages, cela ne permet toutefois pas aux Astrals de gagner des niveaux. Pour cela, il faut leur attribuer du Karma que l’on récupère après chaque affrontement ou lorsque que Hayato doit répondre à une question. Une fois qu’un combattant a atteint son niveau maximum, il s’agit alors de le faire évoluer afin qu’il atteigne sa forme suivante, forcément plus puissante. En dehors des deux personnages principaux, l’équipe compte trois Astrals actifs et six passifs, sachant qu’il est possible à tout moment de switcher sans aucune pénalité. Un élément à ne pas négliger, car tous possèdent une faiblesse à un élément et il est important de compter là-dessus pour arracher la victoire. En tout cas sur le papier, car les combats de The Lost Child ne représentent la plupart du temps aucun challenge. On pourrait limite laisser le titre jouer tout seul, le résultat serait le même. Seuls les boss proposent une difficulté relevée et inattendue, obligeant bien souvent à passer quelques temps à grinder dans les couloirs du donjon. Ce qui peut prendre beaucoup de temps, les rencontres n’étant finalement pas aussi nombreuses que l’on pourrait le penser. Niveau équilibrage on a déjà vu mieux, mais il faut bien avouer que les affrontements contre les boss sont bien plus intéressants que contre les mobs de base, le joueur devant alors rester concentré et utiliser correctement les skills de ses Astrals.

Fantômes de l’ennui

Malheureusement, avec de tels défauts, l’ennui s’installe bien vite. Une fois tous les types de démons capturés dans un donjon, le joueur avance un peu en pilotage automatique, cherchant désespérément à sortir le plus rapidement possible afin de faire progresser le scénario. Et ce ne sont pas les environnements de ces donjons qui changent la donne, bien au contraire. Tous ces couloirs se ressemblent et sont franchement vilains, leurs textures baveuses n’étant clairement pas au niveau de ce que peut proposer la PlayStation 4. Pire, ils imposent parfois des allers-retours franchement agaçants lorsqu’il est question d’interrupteurs sur lesquels appuyer pour ouvrir des portes (parfois même dans un sens précis) ou de morceaux de sol qui s’effondrent, obligeant le joueur à remonter à l’étage d’où il venait… En fait, toute la réalisation de ce The Lost Child se montre très feignante, avec des animations inexistantes durant les combats (mis à part celle du Gangour) – même pour les skills, presque aucun doublage, des musiques d’ambiance trop discrètes et bien entendu, l’absence d’une traduction française. Bon point en revanche pour le design des Astrals qui se montre souvent très inspiré même si, là encore, tous ne sont pas sans rappeler ce qui peut être proposé par un Shin Megami Tensei ou un Persona

LE VERDICT
AFFAIRE CLASSÉE
5
Shauni
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