Ce test a té réalisé à partir d’une version dématérialisée du jeu, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

Si vis pacem, para bellum

La guerre civile est terminée, mais la paix reste précaire. Il ne suffit que d’une étincelle pour relancer des conflits vieux comme le monde, surtout s’ils sont entretenus dans l’ombre par des jeux de pouvoirs, des rivalités politiques ou encore la présence insidieuse de l’Ouroboros. C’est dans ce contexte que Rean Schwarzer est embauché en tant qu’instructeur sur le second campus fraîchement construit de l’Académie de Thors. Le jeune homme, désormais diplômé et élevé au rang de héros de guerre sous le surnom de Chevalier Cendré, va y prendre la tête de la Classe VII : Opérations Spéciales. De quoi rappeler des souvenirs à cet ancien étudiant, qui devra malgré tout garder la tête sur les épaules pour gérer ses élèves hauts en couleur, mais aussi et surtout reprendre les armes pour tenter de tuer les conflits dans l’œuf.

Si, techniquement, il n’est pas obligatoire d’avoir terminé les deux épisodes précédents pour se lancer dans ce Trails of Cold Steel III, il est tout de même plus que conseillé de déjà connaître la série avant de s’y jeter. Certes, des résumés plus que complets sont disponibles, mais la richesse de la série est telle qu’un néophyte s’y perdrait bien vite. Non seulement les intrigues politiques sont complexes, mais les personnages principaux et secondaires présents sont très nombreux. Et comme si ça ne suffisait pas, Falcom en rajoute une couche en approfondissant encore le lore en intégrant une bonne quantité de nouvelles têtes. Bref, il y a de quoi vite avoir le tournis, même si les fans se régaleront avec la présence plus ou moins récurrentes de héros et de vilains déjà vus ou aperçus dans les deux précédents épisodes.

L’école des champions

Une richesse qui se ressent immédiatement dans la narration de ce Trails of Cold Steel III, qui propose une quantité non négligeable de lignes de dialogues et autres cut-scenes, frôlant parfois l’overdose. Forcément, le rythme de cet épisode s’en ressent fortement, avec parfois de très longues phases sans aucun gameplay. Heureusement, le travail effectué sur le background des personnages ainsi que sur l’histoire en règle générale permet de faire passer la pilule un peu plus en douceur. Tout comme le fait que cet épisode soit intégralement traduit en français, lui permettant de s’ouvrir à un public plus large. S’il y a parfois à redire de ce côté-ci, avec quelques coquilles et des abréviations familières, on ne peut que saluer l’effort fourni par les équipes de Falcom. Sauf peut-être en ce qui concerne la surabondance du “ahah”. Autant dire qu’après quelques minutes de “Ah, je te connais, tu es le héros, le Chevalier Cendré !”, “Ahah oui, mais je n’aime pas trop le terme de héros.”, “Ahah d’accord, je t’appellerai simplement Rean, alors”, “Ahah merci.”, on a un peu envie d’arracher les yeux des protagonistes…

Si le scénario du jeu se montre encore plus étoffé que par le passé, c’est aussi le cas des combats plus tactiques et techniques.

Dans un autre registre, on regrette également que les développeurs aient cette fois-ci opté pour de la linéarité, contrairement au second épisode qui donnait plus de liberté. Le joueur reste quasiment constamment sur des rails et se fait ballotter à droite et à gauche, en fonction de la tournure des événements, sans vraiment pouvoir y faire grand-chose. Heureusement, certains moments d’accalmie permettent de souffler un peu et de faire ses propres choix. Il est ainsi possible d’aller pêcher, de jouer aux cartes, de terminer des quêtes annexes (hélas assez peu intéressantes et bien souvent de type FedEx) ou encore, plus important que tout, de créer et renforcer les liens que Rean entretient avec les autres protagonistes. Des liens qui, à la manière d’un Persona, se répercutent ensuite durant les combats, ce qui est particulièrement bienvenu durant les affrontements un peu plus délicats, comme ceux des boss (même si, globalement, la difficulté a été revue à la baisse).

Guerre épée

Si on a déjà précisé que le scénario se montrait encore plus étoffé que par le passé, c’est aussi le cas des combats, justement, que ce soient ceux “basiques” ou ceux de méchas. Toujours posés sur une base solide, ces derniers se montrent toujours plus tactiques et techniques grâce à l’arrivée de quelques petites nouveautés. Toujours au tour par tour en arènes, ils permettent de se déplacer, d’attaquer, de se défendre, d’utiliser des sorts liés aux quartz (à équiper dans l’Arcus, avec toujours des dizaines et des dizaines de quartz de toutes sortes) ou encore des attaques “crafts”, voire super crafts et s’accompagnant d’une petite cinématique plutôt jolie. A cela s’ajoutent désormais les ordres, à utiliser en échange de BP : une nouveauté non négligeable car elle permet de s’offrir de puissants bonus d’attaque et de défense pendant un certain temps. Chacun possédant des ordres différents, on peut rapidement tomber dans des compositions d’équipes totalement surpuissantes (et donc jouissives) grâce à des ordres complémentaires.

La présence d’une jauge de rupture, à la manière d’un Limit Break de Final Fantasy XIII, peut aussi changer la donne de certains affrontements. Une fois la jauge de l’ennemi vidée, ce dernier se montre bien plus vulnérable aux attaques et perd en plus son tour. Une idée bienvenue et qui, mêlée à toutes les autres, offre donc des affrontements toujours plus pêchus et permettant de varier un peu les plaisirs sans tomber dans la répétitivité. Un système de faiblesses face aux armes est également de la partie, certains étant plus ou moins sensibles aux armes à feu ou aux lames, il est donc aussi important de garder ce paramètre en tête. D’autant plus que, grâce au système de liens entre les combattants, frapper là où ça fait mal offre plus de chances de lancer dans la foulée une attaque secondaire. Bref, la composition de l’équipe se montre plus importante que jamais, tout comme la recherche ou la création des quartz. Autant dire que l’on passera des heures dans les menus à peaufiner tous ces systèmes avec un certain plaisir…

Aux armes, lycéens !

Premier épisode à être développé pour la PlayStation 4, les deux précédents provenant des PS3 et PS Vita et simplement ayant eu droit à une version remaster sur la dernière console de Sony, The Legend of Heroes : Trails of Cold Steel III est vraiment laid. Il n’y a hélas pas d’autre terme qui vient à l’esprit lorsque l’on se lance dans l’aventure : les animations sont rigides, la modélisation est grossière, les décors sont vides, la mise en scène est pauvre… Bref, ce n’est clairement pas un jeu de son temps. Certes, on ressent une certaine amélioration par rapport au passé, avec notamment des textures plus nettes ou encore un peu plus de vie dans le visage des personnages, mais on reste tout de même bien loin des standards actuels. Il n’y a plus qu’à espérer que le quatrième épisode utilisera un moteur tout neuf et améliorera cette réalisation vieillotte. On retient en revanche une bande son franchement plaisante, même si elle se montre moins percutante que celles des épisodes précédents.

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