Test de The Banner Saga 3 (PC, PS4, Xbox One, Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

Comme un Arberrang

Avant toute chose, sachez qu’il n’est pas vraiment recommandé de vous lancer dans The Banner Saga 3 sans avoir terminé les deux épisodes précédents, comme cela peut être fait dans d’autres séries. Certes, un petit tutoriel ainsi qu’une courte cinématique récapitulative sont de la partie mais le joueur se retrouve directement dans le grand bain, sans brassards. L’aventure reprend exactement là où celle de The Banner Saga 2 s’est arrêtée, avec son lot de personnages importants déjà installés et connus des fans. D’ailleurs, ces derniers sont invités à importer leurs sauvegardes afin de conserver les choix cruciaux qu’ils ont pu faire dans le passé. Dans le cas contraire, un choix important se fait en tout début de partie, mais il est impossible d’en dire plus sans spoiler ceux qui n’auraient pas encore terminé l’épisode deux.

The Banner Saga 3 reprend donc directement l’histoire là où elle s’était arrêtée. Les joueurs retrouvent donc la caravane installée à Arberrang, où les héros font ce qu’ils peuvent pour stopper les guerres internes et le racisme histoire que tout le monde s’unisse face à l’Obscurité qui grignote de plus en plus de terrain, ainsi qu’un petit groupe mené par la sorcière Juno et se déplaçant dans l’Obscurité en tentant d’en découvrir et détruire la source. Le pessimisme ambiant et la détresse des humains face à une fin sans aucun doute tragique sont palpables dès les premiers instants, replongeant directement le joueur dans l’atmosphère oppressant de la licence de Stoic. C’est d’ailleurs le véritable point fort de The Banner Saga : sa narration. Si le tout se déroule de manière vraiment austère, avec des plans fixes sur les personnages et les trois quarts du temps sans doublage, impossible de ne pas se sentir impliqué, d’autant plus qu’un bon paquet de personnages sont morts dans les opus précédents et que l’on espère forcément que ceux qui restent n’y passeront pas à leur tour…

Saga, c’est plus fort que toi

Le scénario progresse donc alternativement entre la caravane et le petit groupe d’explorateurs, donnant un rythme un peu particulier à l’aventure. Un rythme qui s’accélère clairement vers la seconde moitié du titre : après un événement spécifique, la caravane située à Arberrang doit emmagasiner du temps, que ce soit via des actions ou des décisions. Un temps qui est ensuite utilisé par le groupe situé dans l’Obscurité et qui s’en sert pour avancer. Autant dire que le sentiment d’urgence face au timer fait encore un peu plus grimper le stress, même si à partir de ce moment on bascule plus fréquemment de l’un à l’autre des groupes. En revanche, il est dommage de voir qu’en dehors de ces choix visant à remplir le timer, le joueur ne peut pas réellement influencer sur le scénario. Certes, ce dernier est solide, ce qui réduit la frustration, mais lorsque l’on se retrouve face à de vrais dilemmes moraux et que l’on se rend compte qu’ils n’ont que des conséquences à court terme (modifier le moral des troupes, le nombre de vivres, etc.), le choix devient vite un peu moins crève-cœur.

Simple à prendre en main, plus difficile à maîtriser mais toujours très prenant, ce troisième épisode rajoute essentiellement trois éléments : les effets de zones, les vagues d’ennemis et les titres héroïques.

L’autre élément central de The Banner Saga 3, c’est évidemment son système de combat. Tactical-RPG de son état, le titre propose très souvent des affrontements relativement classiques sur le fond : des déplacements sur des cases au tour par tour, des attaques simples ou spéciales basées sur la volonté (représentée sous la forme d’étoiles) ou encore l’obligation en fonction des héros de devoir d’abord réduire la jauge d’armure d’un ennemi avant de pouvoir atteindre sa jauge de vie. Simple à prendre en main, plus difficile à maîtriser mais toujours très prenant. Ce troisième épisode rajoute essentiellement trois éléments : les effets de zones, les vagues d’ennemis et les titres héroïques. Pour le groupe situé à Arberrang, il est ainsi récurrent de se trouver face à des zones inflammables ou encore à des éléments qui, une fois détruits, projettent des débris. Quant aux héros progressant dans l’Obscurité, ils devront faire face aux créatures déformées par cette dernière et laissant lorsqu’elles meurent une ”flaque” violette de cendres sur le sol. Flaque qui absorbe la volonté des héros s’ils ont le malheur de marcher dessus. Et lorsque l’on sait que ces derniers ne peuvent pas récupérer leur volonté durant le combat, et que celle-ci permet de faire de plus gros dégâts, autant dire qu’il s’agit plus que jamais de bien faire attention où l’on met les pieds. D’autant plus que ces ennemis là ont la fâcheuse habitude d’absorber pas mal de dégâts, histoire de rendre le tout encore un peu plus difficile…

Sans ma barbe

Quant aux niveaux imposants des vagues d’ennemis, ils portent parfaitement leur nom : lors de certains affrontements, un petit timer vient faire savoir au joueur qu’il lui reste un certain nombre de tours avant que des renforts ennemis arrivent. Si jamais il élimine tout le monde avant que le décompte ne tombe à zéro, il a alors le choix entre arrêter là ou bien continuer, avec la possibilité d’échanger ses héros contre d’autres restés en retrait et ainsi obtenir un meilleur loot à la fin. A chacun de connaître ses skills en la matière, mais il s’agit tout de même d’être vraiment certain de son niveau avant de vouloir jouer les héros. Et si jamais la première vague n’est pas éliminée avant l’arrivée des renforts… Hé bien bon courage, car dans ce cas il devient impossible de fuir le nouveau groupe d’ennemis, qui sont souvent relativement nombreux. Certes, les héros ne meurent pas en combat, mais s’ils tombent ils doivent alors récupérer pendant quelques jours avant de retourner sur le terrain, occasionnant un handicap certain, surtout lorsque l’on est habitué à toujours utiliser les mêmes (comme les centaures, par exemple, qui sont de vraies machines de guerre !). Enfin, les titres héroïques se débloquent lorsqu’un personnage atteint le niveau 11 et permettent d’obtenir de nouvelles améliorations. Attention toutefois à ne pas se précipiter, car chaque titre est unique. Bref, The Banner Saga 3 se montre plus tactique que jamais.

Enfin, impossible de terminer sans évoquer la direction artistique de la série de Stoic, toujours aussi sublime. Baignant dans un univers nordique et mythologique, à base de géants à cornes, de vikings barbus et de centaures dotés de peintures de guerre, The Banner Saga 3 propose des environnements sublimes, grouillant de détails sur tous les plans. Si les fans sont habitués par les environs d’Arberrang, les tableaux se situant dans l’Obscurité sont déjà plus inédits et se montrent tout aussi réussis avec leurs dégradés de teintes violettes et leurs habitations ravagées. On regrette néanmoins l’absence de grosses cinématiques. Un regret encore plus accentué par le fait que le titre propose de temps à autres de très courtes cinématiques, doublées ou non, toutes très bien animées. Et, comme dit précédemment, il est également dommage de voir que les trois quarts des dialogues ne sont pas doublés même si cela permet aux différentes musiques de briller. Précisons enfin que si les voix sont en anglais, les sous-titres sont en français, même si certaines coquilles sont hélas de la partie. Rien de très grave, mais il est un peu gênant de lire parfois des choses du genre ”Et toi [hero], qu’en pense-tu ?”.

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LE VERDICT
CENT'OR
7
Shauni
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