Test de Tales of Xillia 2 (PS3)

CONCLUSION

Tales of Xillia 2 peut être aussi agréable à parcourir que frustrant. En effet, le recyclage à outrance des personnages, lieux, ennemis, boss et musiques rebutera certainement des joueurs qui n'auront pas vraiment l'impression d'être devant une vraie suite. Cependant, avec ses combats dynamiques, ses nouveautés – notamment les chapitres permettant d'en savoir plus sur le background des personnages – et son histoire agréable à suivre, cet épisode se montre indispensable pour tout fan de la série qui se respecte. Bref, un bon Tales of qui souffre principalement du fait d'arriver après Xillia premier du nom.

Il est assez rare pour un épisode de la licence  Tales of de connaître une suite directe, Bandai Namco préférant autant que possible proposer à chaque fois de nouveaux univers. C’est rare, mais ça arrive, comme le prouve Tales of Xillia 2, de sortie un an après son prédécesseur. L’occasion pour les joueurs de (re)parcourir les territoires de Reize Maxia et Elympios, avec les personnages du premier opus mais également en compagnie d’un nouveau héros.

Retour en Elympios

Tales of Xillia 2 se déroule donc un an après les événements du premier épisode. Le schisme séparant Elympios et Reize Maxia a disparu et les deux mondes sont donc désormais réunis et en paix. Une paix toutefois assez fragile, les habitants d’Elympios n’appréciant que moyennement le fait que ceux de l’autre monde ait une nature plus florissante, et le groupe terroriste Exodus continuant d’organiser des attentats. C’est dans ce contexte que le joueur découvre le héros de cette suite, Ludger Kresnik. Le jeune homme habite avec son grand frère Lucius et son chat Rollo dans la ville de Trigleph, située en Elympios, et vient tout juste d’échouer le test d’entrée de la Spirius Corp. Ne pouvant donc devenir un combattant comme son aîné, Ludger va se replier sur un poste de cuisinier à la gare. Mais c’était sans compter sur la rencontre d’Elle, petite fille qui va l’entraîner sans le vouloir dans sa quête pour trouver le légendaire pays de Canaan. L’occasion pour le héros de découvrir qu’il dispose de pouvoirs spatio-temporels, mais également de souscrire sous la contrainte un prêt de 20 millions de Gald, une somme astronomique qu’il lui faudra rembourser s’il désire voyager en toute liberté (une nouvelle destination se débloquant à chaque gros versement).

Ce prêt est d’ailleurs le fil rouge de ce Tales of Xillia 2, et le joueur devra très souvent effectuer des quêtes annexes (aller chercher des objets ou tuer des monstres) pour gagner de l’argent et ainsi pouvoir progresser dans l’aventure principale. Un point qui risque de ne pas plaire à certains, car le « monster bashing », pourtant optionnel dans les autres Tales of, devient ici obligatoire. Résultat, le joueur a rapidement l’impression que les combats prennent le dessus sur l’histoire, là où cette série réussissait jusqu’à présent à garder un certain équilibre à ce niveau. Dommage. Autre point négatif de cet épisode, son recyclage à outrance. C’est bien simple, on a plus l’impression d’être devant un gros DLC de Tales of Xillia plutôt que devant une vraie suite. Les lieux visités sont en grande partie les mêmes, que ce soient les villes, les donjons ou même les plaines, beaucoup de musiques sont également tirées du premier épisode, le bestiaire n’a presque pas évolué et même certains boss déjà vus sont de la partie… Bref, l’originalité n’est pas le maître mot de cet opus, d’autant plus que tous les personnages jouables dans Xillia (Jude, Milla, Rowen, Alvin…) sont ici de retour. Impossible de ne pas penser à un certain Tales of Symphonia : Dawn of the New World qui, lui aussi, recyclait allégrement les éléments de son prédécesseur.

Bank simulation

Mais, fort heureusement, Tales of Xillia 2 se montre bien plus intéressant que Dawn of the New World. Tout d’abord grâce à son système de combats dynamiques, repris de son grand frère. Les affrontements se déroulent toujours en temps réel dans de petits arènes, et les quatre personnages jouables agissent comme ils le désirent. Le système de liens est toujours de la partie, permettant de bénéficier de petits coups de pouce bienvenus (Alvin brise la garde des ennemis, Jude soigne, Leia vole des objets…), et de nombreux Artes sont déblocables grâce aux Orbes d’Allium (évolution des Orbes de Lys) afin de réaliser des combos dévastateurs, que ce soit seul ou avec le personnage avec lequel le joueur est lié. Mais ce n’est pas tout, puisque plusieurs types de gameplays sont désormais proposés pour le héros, soit Ludger. En effet, ce dernier dispose de trois armes différentes : épées, pistolets et maillet. Interchangeables facilement en combat, ces armes variées ont pour but de faciliter les affrontements en fonction des points forts ou faibles des ennemis. Ainsi, un animal volant sera plus facile à atteindre avec les pistolets, là où celui se mettant constamment en garde pourra être touché grâce au maillet, et ainsi de suite. Enfin, une jauge de transmutation a fait son apparition. Elle se remplit toute seule et, une fois pleine, elle permet à Ludger de se métamorphoser et de devenir invincible, plus puissant et plus rapide pendant un court moment. Un système particulièrement utile contre les boss, mais qui rend aussi les combats bien plus faciles.

C’est bien simple, on a plus l’impression d’être devant un gros DLC de Tales of Xillia plutôt que devant une vraie suite.

En dehors des affrontements, qui représentent donc une grosse partie du titre, le joueur peut s’occuper de bien des manières. Il peut par exemple décider, entre deux missions de la quête principale, de suivre les histoires de ses coéquipiers. Non seulement cela débloque des moments inédits pendant les cinématiques, mais faire ces quêtes spécifiques permet aussi de faire grimper les jauges d’affinité (tout comme les liens en combats) entre Ludger et les autres. Plusieurs paliers composent ces jauges et le héros reçoit un cadeau une fois l’un d’entre eux atteint. Comme dit précédemment, le jeune homme est accompagné de son chat, baptisé Rollo. Les félins occupent une place de choix dans ce Tales of Xillia 2 puisque non seulement l’une des quêtes demande au joueur de retrouver les 100 chats disparus d’une jeune femme, mais en plus des « expéditions félines » ont été mises en place. Il s’agit tout simplement d’envoyer son animal dans le lieu de son choix – à condition qu’il ait déjà été visité – en espérant qu’il rapporte des objets, bien souvent introuvables autrement, voire même d’autres chats. Certains bonus ont même été inclus selon le jour de la semaine : ainsi, jouer un dimanche permet de récupérer un plus grand nombre d’objets là où jouer le samedi réduit la durée de l’expédition, etc. Enfin, certaines zones ne sont pas du tout exploitées pendant le chapitre principal, libre donc au joueur de s’y rendre pour récupérer des matériaux inédits ou affronter des monstres spécifiques, et pourquoi pas des monstres dits « d’élite », plus coriaces et rapportant une quantité non négligeable de Gald.

La grande chaventure

Ainsi, malgré son recyclage évident, Xillia 2  a tout de même pensé à rajouter quelques éléments sympathiques, histoire d’éveiller l’intérêt des joueurs ayant déjà terminé l’épisode précédant. En revanche, la réalisation n’a pour sa part pas franchement subi d’améliorations spécifiques. Les villes bénéficient certes d’un peu plus de détails, mais le tout reste tout de même assez triste, spécialement dans les zones de combat, qui se composent principalement d’arbres et de rochers au milieu de grandes plaines aux textures baveuses. Le clipping est également bien souvent de la partie, et il n’est donc pas rare de voir des PNJ popper devant le personnage d’un seul coup. La bande-son est pour sa part variée et convaincante, mais il est en revanche dommage de voir que Bandai Namco n’ait toujours pas décidé d’inclure les doublages japonais. Enfin, précisons que Ludger est muet : un choix assez incompréhensible lorsque l’on sait qu’il participe à quasiment tous les dialogues, et les fans savent que les Tales of sont assez bavards. Au moins, le joueur peut participer puisqu’un système de choix a été ajouté lorsqu’un dilemme se pose : ces choix permettent de visionner des cinématiques différentes mais n’ont aucune influence sur le scénario. En revanche, ils participent parfois à faire augmenter les jauges d’affinité.

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 3.

Avatar
Shauni
All your base are belong to us.

L'ACTUALITÉ

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

vingt − cinq =