Test de Subnautica (PC)

Ce test a été réalisée à partir d’une version dématérialisée sur PC (Steam), achetée par nos soins.

Sauvez Willy

Quand, fin 2014, Subnautica pointa le bout de ses branchies sur Steam, la première réflexion qui nous est venue à l’esprit était celle-ci : “encore un survival/crafting en early access dont la version finale ne sortira jamais…” A notre décharge, quand on voit la pléthore de titres de ce genre qui ont tous plus ou moins été abandonnés faute de joueurs sur le long terme, on était en droit d’être réticent. Bien mal nous en a pris et c’est tant mieux.

Dans Subnautica, l’histoire est simple. Vous êtes à bord d’un vaisseau spatial, l’Aurora, qui soudain se crashe sur une planète inconnue, recouverte d’eau. Ayant eu la bonne idée de vous éjecter dans une capsule de sauvetage avant l’impact, vous vous retrouvez à chavirer sur une étendue d’eau infinie avec un extincteur et un PDA alors que votre nacelle est en feu. Il va donc vous falloir survivre, vous nourrir, transformer l’eau en eau potable, trouver des outils. Et bon, pourquoi ne pas profiter de la situation pour faire une base de donnée sur la faune et la flore locale ? Mais on va d’abord par commencer par éteindre l’incendie, on a le sens des priorités, puis, on se jette à l’eau.

Waterworld

Ce qu’on peut d’ores et déjà dire, c’est qu’à l’inverse de beaucoup de ses collègues “jeux de survie”, Subnautica sait mettre en scène son propos. Après une courte cinématique interactive (comprenez : pendant laquelle vous pouvez orienter le regard de votre personnage), vos premiers pas dans le jeu se font dans l’urgence. Votre capsule de sauvetage est en feu et la musique est énervée. Votre PDA et son IA vous invite à vite éteindre l’incendie. L’occasion ici de découvrir un tutoriel intelligent. Tout au long du jeu, lorsque que vous aurez une action à accomplir et que ça sera votre première fois, un texte flottant vous indiquera la marche à suivre, le bouton à appuyer. Et après, vous vous débrouillez ! L’incendie éteint, votre PDA fera un bilan sur la situation, vos ressources, et vous annonce que les secours arriveront dans 9999 heures. En gros, démerdez-vous !

Le PDA et son IA vous suggèrent ici et là quoi faire, pour vous permettre de progresser dans l’aventure et survivre. C’est votre seule amie. Et elle veillera sur vous, en vous prévenant quand vous restez trop longtemps sous l’eau avant que vous ne vous noyiez. Elle se permettra même de faire des blagues, volontaires ou non, ce qui ponctuera parfois votre périple de quelques moments rigolos. Vous en aurez besoin.

Le couteau de Cousteau

Subnautica dispose d’une trame scénaristique qui n’est pas envahissante et il est difficile d’en parler plus sans spoiler le jeu. Pour faire simple, dans votre capsule de sauvetage vous trouverez une balise. Au début du jeu, elle est défoncée. Après être parvenu à la réparer, elle vous donnera des missions qui sont souvent des signaux de détresse qu’elle aura capté. Ainsi, pour progresser dans l’histoire, il vous faudra écumer les différentes zones de la vaste étendue d’eau dans laquelle vous évoluerez. Certaines “missions” sont chronométrées et il se peut que vous arriviez sur les lieux bien trop tard. Rien de grave, votre aventure sera juste légèrement différente que celle d’un autre joueur.

Vous possédez une barre de santé, une barre de faim et une barre de soif. Il faudra veiller à ce que les trois ne descendent jamais en-dessous de zéro, sinon vous mourrez. Jusque-là, c’est simple. Mais même si Subnautica semble plus orienté vers le contemplatif, les joueurs se rendront vite compte qu’il se veut aussi assez exigeant. Votre barre de vie peut descendre très, très vite. Vous pourrez vous faire croquer en une fois par des poissons gigantesques. La mort se résulte avec un retour à la capsule de survie, sans les matériaux que vous possédiez sur vous au moment de votre mort. Vous conservez cependant vos outils, ouf !

Même si Subnautica semble plus orienté vers le contemplatif, les joueurs se rendront vite compte qu’il se veut aussi assez exigeant.

Les barres de faim et de soif ont tendance à se vider très vite selon ce que vous faites. Rester immobile les fera diminuer plus lentement alors que nager 5 km les fera partir en fumée. Ainsi, il est primordial pour le joueur de récolter les bonnes ressources permettant de survivre et d’en avoir sur lui à chacun de ses voyages hors de la capsule. Cependant, il faudra faire gaffe à ne pas trop bousiller l’écosystème dans lequel il évolue. En effet, le joueur a un impact direct sur la vie de la faune locale et s’il chasse trop de poissons, il pourra faire disparaître une espèce (ou du moins la rendre ultra-rare) dans sa zone de chasse. Ce qui le forcera à aller plus loin pour récupérer ses précieuses ressources et donc, un risque plus important de mourir. Cependant, lors de sa progression, le joueur pourra débloquer l’accès à plusieurs modules, qu’il pourra créer afin de se sustenter. Vous pourrez même élever des poissons dans des aquariums afin de permettre à une espèce de ne pas disparaître.

Vingt mille bulles sous la mer

La progression du joueur (et l’obtention des recettes) se fait avec un outil : le scanner. Il vous permettra de collecter des informations sur les espèces animales et végétales qui vous entourent, mais aussi d’apprendre à fabriquer des objets en les scannant. Ainsi, l’exploration sous-marine est toujours encouragée afin de faire évoluer les outils, la combinaison, jusqu’à être capable de construire une vraie base sous-marine vous permettant de déployer des sous-marins de différente tailles. Il faut aussi savoir que Subnautica possède plusieurs biomes différents, changeant la donne sur ce que vous trouverez comme poissons ou comme plantes. Ces biomes étant parfois très loin, le joueur est toujours en quête éventuelle d’outils, d’équipements et de véhicules lui permettant d’évoluer dans ces nouveaux territoires. Et à chaque biome, son lot de prédateurs bien féroce qui viendront vous chasser si vous êtes un peu trop près.

En somme, la progression se fait selon la curiosité. Il ne faudra pas hésiter à ouvrir des épaves pour essayer d’obtenir de nouvelles technologies ou fouiller des nids de carnivores qui aiment bien ramener des butins près d’eux. L’idéal dans tout ça, c’est que les biomes sont suffisamment riches et différents pour ne pas être saoulé par l’activité de scanning.

La cohérence visuelle et sonore ne fera que faciliter votre immersion dans l’univers aqueux de Subnautica.

« Sous l’océan » (façon Sébastien le crabe)

Visuellement, Subnautica est très très satisfaisant. Sans être pour autant la claque magistrale de l’année, le jeu est efficace dans ce qu’il affiche. Il est joli et découvrir les différents biomes de cet océan est un régal pour les mirettes. Il faut souligner l’effort de l’équipe derrière le jeu sur l’atmosphère et tout le travail qui en découle derrière. La bande originale sait faire parfois dans le “parfait” et hélas parfois vous rappellera la musique au mètre du dernier reportage maritime d’Arte. Les bruitages sont quant à eux sont excellents, vous entendrez certains “cris” de la faune locale ici et là, parfois joyeux comme des dauphins et des baleines, parfois effrayants comme ces poissons-dynamite qui viennent se jeter sur vous avant d’exploser (oui, ici les poissons kamikazes sont ici une réalité). Dernière chose à noter : la voix de l’IA est tip top.

Les FX, sans être ceux d’un AAA dernière génération, font dans la justesse. Parfois l’eau aura un grain crasseux et vous n’y verrez pas à plus de deux mètres devant vos lunettes Quechua. Parfois, l’eau sera belle et limpide. La gestion des lumières est vraiment chouette, lancer des flares ici et là, en plus de faire fuir quelques poissons un peu trop carnivores, éblouira vos mirettes et vous permettra de mieux y voir dans les profondeurs. Les explosions,  certaines lumières naturelles (venant des plantes ou encore de certains animaux)… Tout est bien foutu. Cette cohérence visuelle et sonore ne fera que faciliter votre immersion dans l’univers aqueux du titre.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux