Test de Steins;Gate Elite (Nintendo Switch, PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur, sur Nintendo Switch.

Tutturu !

Steins;Gate Elite suit les aventures d’Okabe Rintaro et de ses amis, tous membres de son laboratoire de fortune. Se définissant lui-même comme un scientifique fou, le jeune homme est passablement paranoïaque (il se renomme d’ailleurs Kyouma Hououin pour – notamment – rester anonyme) et gentiment excentrique, mais il arrive malgré tout à créer des gadgets aussi étranges que fonctionnels qu’inutiles. Sa vie va toutefois basculer le jour où il va inventer un peu par hasard le PhoneWave (nom non définitif), un mix entre un micro-ondes et un téléphone qui s’avère finalement être rien de moins qu’une machine à voyager dans le temps, ou en tout cas à envoyer des mails dans le passé. Forcément, la tentation va être grande de ‘’réaliser des expériences” en remodelant le passé… Mais on ne joue pas avec le temps sans conséquence, et le petit labo d’Akihabara va bien vite s’en rendre compte.

Avec un pitch tournant autour de la science, de la physique et des voyages spatiaux-temporels, Steins;Gate Elite a le bon goût de prendre son temps pour développer son histoire. Si les deux-trois premières heures sont énigmatiques, le scénario pose ensuite ses pierres une par une, tranquillement, pour permettre au joueur de bien comprendre tous les enjeux et de rassembler toutes les pièces du puzzle pour ensuite les placer correctement. Et pourtant, au premier abord, ce n’est pas gagné, le titre se basant sur de véritables hypothèses et/ou faits scientifiques. On parle ainsi de trous noirs, d’accélérateurs de particules ou encore de paradoxes temporels. Il est même aussi question de John Titor, “véritable” voyageur temporel s’étant fait remarquer au début des années 2000 sur les Internets pour ses explications jugées crédibles. L’homme indiquait ainsi venir du futur, faisait des prédications sur ce qu’il allait se passer et expliquait qu’il devait retourner dans le passé pour trouver un IBM 5100. Autant d’élément repris dans Steins;Gate Elite.

El Psy Kongroo

Afin de ne perdre personne en chemin, le visual novel n’hésite pas à fournir de manière régulière des “tips”, ou plus précisément des définitions de termes cités dans les dialogues. On y retrouve ainsi des explications concernant toutes les théories scientifiques évoquées, mais aussi des noms propres à la culture japonaise (otaku, moe) et des éléments fictifs inventés pour l’occasion, comme les gadgets d’Okabe. Une bonne manière de ne laisser aucun joueur sur la touche, d’autant plus que Steins;Gate Elite n’est hélas pas traduit en français (les doublages, eux, sont en japonais). Et c’est franchement dommage, car les réfractaires à la langue de Shakespeare passeront à côté d’une véritable pépite du genre, ce titre proposant un scénario à la fois passionnant, intelligent, drôle et émouvant. On se prend ainsi vite de sympathie pour tous ces personnages hauts en couleur et l’on sourit souvent face à de petites touches d’humour absurde, comme Okabe qui, à chaque fois qu’il cite le PhoneWave, ne peut s’empêcher de rajouter “(nom non définitif)”.

La force de cette version Elite réside également dans sa réalisation d’un genre un peu nouveau puisque le côté animé a été mixé au visual novel. Concrètement, les développeurs ont repris des pans entiers de l’animation de la série et ont fusionné ça avec certaines créées spécialement pour l’occasion pour remplacer les traditionnels portraits et décors fixes du genre. Résultat, on a réellement l’impression de se retrouver devant un animé. Il est même possible de rester sans rien faire (ou presque, nous y reviendrons juste après) devant sa TV, un mode automatique paramétrable étant proposé. Si l’on peut regretter les dessins vraiment réussis du Steins;Gate d’origine, il est clair que cette manière de faire se montre plus vivante mais aussi plus intéressante niveau rythme. En revanche, si la grosse majorité des animations est convaincante, quelques passages se montrent plus grossiers, comme s’ils avaient été faits à la va-vite, au dernier moment.

(Name subject to change)

Finalement, les seuls interactions qu’a le joueur avec ce Steins;Gate Elite repose sur le téléphone portable d’Okabe : à un rythme régulier, le jeune homme reçoit des mails de ses amis et a la possibilité de leur répondre (ou pas), avec plusieurs choix proposés. Et ces derniers sont déterminant, car ils vont influer sur la fin du titre et donc sur celle qu’aura le joueur. Dommage, un peu plus d’interactivité n’aurait pas fait de mal (comme dans un Danganronpa ou un Utawarerumono, par exemple), d’autant plus que l’on répond un peu au hasard, les messages envoyés ne donnant pas vraiment d’indices sur la direction que va prendre le scénario. Les plus prévoyants prendront le temps de sauvegarder au préalable, ce visual novel proposant quasiment une cinquantaine de slots. De quoi rallonger la durée de vie si l’on veut absolument voir toutes les fins (bonnes ou mauvaises), même si le titre ‘’en ligne droite” a déjà de quoi occuper quasiment une trentaine d’heures.

LE VERDICT
VISUAL ELITE
8
Shauni
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