Test de SteamWorld Quest (Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Nintendo Switch.

Des pistons et des mages

SteamWorld Quest propose de suivre les aventures d’Armilly et de Copernica, deux amies se rendant en forêt pour trouver des champignons. Ce n’est que lors de leur retour au village qu’elles comprennent qu’un drame se joue : les armées du Mal ont tout fait brûler et ont kidnappé les membres de la guilde locale. N’écoutant que leur courage – et le fait qu’Armilly aimerait bien impressionner le chef de cette guilde pour enfin en faire partie, les deux combattantes vont donc partir à la rescousse des villageois. Recrutant de nouveaux amis en chemin, elles vont néanmoins découvrir que le problème est bien plus profond qu’il n’y paraît et qu’un complot un peu plus vaste est en train de se mettre en place.

Avec un tel pitch, on pourrait croire que le studio Image & Form a cette fois-ci opté pour quelque chose de plus sombre, mais il n’en est évidemment rien. L’humour de la licence SteamWorld est bel et bien là et fait toujours mouche grâce à ses dialogues décalés. Les scénaristes ont une fois de plus fait un très bon boulot et c’est un véritable plaisir d’assister (en français) aux chamailleries d’Armilly et Copernica ou encore d’espionner des soldats ennemis qui ne comprennent pas trop pourquoi ils doivent jouer les méchants. Sans parler des running gags présents durant toute l’aventure, comme le fait que la roulotte de la vendeuse se retrouve toujours dans des endroits improbables ou qu’Armilly passe son temps à décrire tout ce que le groupe fait à la manière d’un narrateur.

Steamknight

Tout ce beau monde évolue dans un monde d’heroic fantasy qui, là encore, change des productions précédentes du studio qui se déroulaient dans des univers westerns et futuristes. Et force est de constater que le pari est réussi. Tous ces personnages steampunk faits de plaques de métal et de pistons ne dénotant absolument pas avec les éléments plus traditionnels du genre, comme les blobs, les dragons ou encore les champignons géants. La direction artistique est sublime et chaque tableau de ce SteamWorld Quest est un véritable régal pour les yeux, avec ses décors regorgeant de détails, ses jeux de lumière ou encore sa palette de couleurs. Tous les clichés du genre y passent, de la forêt hantée aux cachots en passant par le château, et tous ses environnements sont plus beaux les uns que les autres.

Comme dit précédemment, les équipes ont décidé cette fois-ci d’opter pour le RPG au tour par tour à base de cartes. Le principe est très simple : durant un combat, le joueur a la possibilité de choisir jusqu’à trois cartes, puis le tour se lance. Évidemment, de nombreuses subtilités viennent s’ajouter à ce gameplay histoire de rendre les affrontements plus palpitants. Plusieurs types de cartes sont ainsi disponibles. Les cartes d’attaque permettent, comme leur nom l’indique, de lancer une attaque basique ; les cartes d’amélioration servent à se soigner ou à se doter de buffs temporaires ; enfin les cartes d’aptitude lancent des attaques spéciales bien plus puissantes. Ces dernières faisant beaucoup plus de dégâts, elles ne peuvent pas être utilisées n’importe comment : il faut en effet avoir suffisamment de PP – présents à l’écran sous forme de rouages – qui sont obtenus à chaque fois que l’on utilise une carte d’attaque ou d’amélioration.

Usine à gaz

Les cartes étant tirées aléatoirement à chaque tour, il est donc important de garder suffisamment de cartes d’attaque et d’amélioration dans son deck pour ne pas se retrouver avec uniquement des cartes d’aptitude impossibles à lancer. Et le choix devient de plus en plus rude au fur et à mesure de la progression dans l’aventure, le joueur découvrant régulièrement de nouvelles cartes plus puissantes, sans parler du fait qu’il peut en créer et améliorer celles déjà en sa possession. Il est à ce sujet dommage de constater que la quantité de cartes embarquées dans les decks des héros ne grossit pas également, chaque combattant ne pouvant garder que huit cartes actives. Au vu du nombre impressionnant de cartes présentes dans le jeu, on aurait bien aimé avoir un peu plus de liberté à ce niveau. D’autant plus que, au bout d’un moment, on tourne un peu en rond dans les combos que l’on exécute.

La direction artistique est sublime et chaque tableau de ce SteamWorld Quest est un véritable régal pour les yeux

Car il est évidemment possible d’exécuter des combos dans l’optique de faire toujours plus de dégâts. Par exemple, si l’on décide de jouer trois cartes d’un même personnage, une quatrième vient se rajouter à la fête, avec un effet qui change en fonction de l’arme principale équipée : attaque supplémentaire, soin de l’équipe, déploiement de boucliers ou encore malus infligé à l’ennemi (saignement, paralysie, etc)… Les variantes sont nombreuses. Certaines cartes peuvent aussi être boostées en fonction des membres de l’équipe active, qui comporte toujours trois combattants maximum. Là encore, malgré l’arrivée au cours de l’aventure de nouveaux héros, on est forcément tenté de toujours rester avec la même équipe, à exécuter les mêmes combos en prenant en compte les forces et faiblesses des adversaires.

Malgré une routine qui peut s’installer au bout d’un moment (ce qui est compensé par une durée de vie assez courte), il est conseillé de ne pas éviter les combats pour progresser dans ce SteamWorld Quest. Même s’il propose une difficulté globalement honnête, certains boss un peu plus rudes nécessitent un peu de farm. L’occasion pour le joueur de faire grimper le niveau de ses héros, mais aussi et surtout d’accumuler des objets de soin à utiliser en combat, de l’argent permettant d’acheter de l’équipement en boutique ainsi que des matériaux nécessaires à la fabrication et l’amélioration des cartes. Et, bien sûr, de nombreux trésors sont cachés dans les décors et récompensent les joueurs les plus curieux et les moins pressés de voir la fin des aventures d’Armilly, Copernica et leurs amis.

LE VERDICT
Atout maître
7
Shauni
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