Test de Star Wars Battlefront 2 (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée standard de Star Wars Battlefront II sur Xbox One, fournie par l’éditeur.

Eh mec, elle est où ma caisse ?

Évacuons le sujet d’entrée, il n’est ici pas question de revenir sur la politique de DICE et d’Electronic Arts concernant les micro-paiements dans Star Wars Battlefront II,mais plutôt de constater leur impact sur le gameplay. Rappelons simplement qu’après un bêta-test polémique, on nous annonçait une révision du système en place. Pas assez pour calmer la colère de la communauté au moment de l’accès anticipé du jeu, obligeant EA et DICE à modifier le coût in-game de certains éléments. Pas de bol, la grogne n’a toujours pas cessé et, à l’heure où ces lignes sont écrites, il a été décidé de retirer les micro-paiements en attendant de trouver une meilleure solution. Si tant est qu’elle existe, puisqu’il n’est apparemment pas question de revoir totalement la copie. Pourquoi ? Tout simplement parce tout le fonctionnement de Star Wars Battlefront II repose sur cette politique. C’est bien simple, le multijoueur a été pensé pour fonctionner comme tel et il n’est pas possible de pouvoir profiter convenablement de ce que tente de proposer le jeu.

Contrairement à son prédécesseur, Star Wars Battlefront II propose quatre classes pour ses soldats : Commando, Soldat lourd, Officier et Spécialiste. Rien de bien original, il faut bien l’avouer, mais ces classes ont le mérite d’être là avec une progression qui est propre à chacune. Et c’est là que les choses commencent à se gâter. Chaque évolution d’une classe se fait indépendamment du niveau général du joueur dont l’XP glané au fil des parties, en prenant soin de jouer les objectifs, ne va donc pas permettre d’améliorer l’équipement. DICE a en effet préféré, comme tel est le cas dans d’autres titres, imposer des défis. Par exemple, pour espérer utiliser une meilleure arme avec son Commando, il convient de faire un certain nombre d’éliminations avec l’arme de base. Idem lorsque l’on souhaite équiper son arme d’un précieux gadget. Seulement voilà, Star Wars Battlefront II n’est pas conçu comme un FPS multi où les frags priment, on insiste là-dessus, et compléter ces challenges aux paliers parfois exagérés devient alors chose absurde. Rassurez-vous, il est aussi possible de glaner une arme en se payant une caisse, oui les fameuses caisses qui s’achètent avec de l’argent bien réel ou la monnaie virtuelle gagnée durement au fil des sessions.

Libre à chacun de passer à la caisse direz-vous ? Certes, sauf qu’il est difficile pour Battlefront II de ne pas laisser cette sale impression d’impuissance et d’injustice lorsque l’on se fait tuer par un ennemi mieux équipé mais dont le niveau général est pourtant bas. Ce sentiment ne s’arrange hélas pas avec les Cartes des Étoiles dont trois peuvent être équipés à chaque classe. De base, les classes ont chacune leurs trois cartes prêtes à être utilisées mais aux capacités (passives ou actives) limitées. Pour remplacer l’une des cartes de base, il faut alors crafter une nouvelle carte à l’aide de pièces qui se récupèrent en accomplissant un nombre trop limité de défis ou… en se procurant une bonne vieille caisse. Pour remplacer une seconde carte de base par une meilleure Carte des Étoiles, il faut impérativement améliorer la première carte vers un certain palier, palier à atteindre donc avec les pièces de craft difficilement obtenables sans passer par les caisses de loot après avoir retourné les défis proposés.

Star Wars Battlefront II n’est pas conçu comme un FPS multi où les frags priment, on insiste là-dessus, et compléter des challenges aux paliers parfois exagérés devient alors chose absurde.

Vous n’y voyez plus très clair ? Tentons de faire simple : pour chaque capacité de chaque classe/vaisseau/héros, Star Wars Battlefront II vous demande d’améliorer des Cartes des Étoiles, chose qui demande un temps fou et, pour les moins regardants, de se tourner vers les caisses de loot. Et si vous pensez avoir la patience suffisante en accordant X heures de jeu pour espérer améliorer une carte après l’autre, on vous assure que ce grind de mauvais goût devient vite lassant et agaçant, surtout quand on joue une classe qui ne nous correspond pas ou que l’on fait face à des joueurs qui, eux, ont opté pour le côté obscure de ce système.

Force et déshonneur

Avec un système aussi mal pensé que déséquilibré, il est donc difficile de prendre du plaisir à jouer en ligne dans Star Wars Battlefront II. Et pourtant. Lorsque l’on arrive à être équipe d’une Carte des Étoiles d’un niveau convenable par la seule force de notre niveau de jeu, on se surprend à aimer coller des raclées à de pauvres joueurs adverses hélas trop mal équipé pour espérer nous avoir. Arrive alors cette situation incontournable où un ennemi vient vous rappeler que vous pouvez aussi être victime de cette injustice parce qu’il possède non pas une Carte des Étoiles améliorée, mais deux voire trois cartes aux capacités boostées. C’est ça Battlefront II, de la frustration dans des situations de jeu où l’on pense légitimement avoir l’avantage et ce sentiment que malgré nos actions, nos efforts ne sont pas récompensés. N’espérez pas jouer en escouade pour arranger ça, DICE ne s’étant pas donné la peine de mettre en place un système qui aurait permis de vraiment jouer entre amis/en équipe ou tout simplement de spawner sur un camarade. Pour un titre dont le concept et les modes sont basés sur des objectifs, c’est le pompon.

Les modes, justement, n’aident pas à apprécier Star Wars Battlefront II plus qu’on ne le pourrait. Entre un Assaut Galactique fouillis où soldats, héros et véhicules se mélangent dans un bordel sans nom rythmé par des objectifs inintéressants, des Combats Spatiaux plus pêchus mais plombés par des différences de niveau encore plus cruelles qu’ailleurs et de l’Affrontement Héroïque dont le ridicule des situations a de quoi faire rougir n’importe quel fan, ce second volet ne nous gâte pas. Reste un mode Frappe (sorte d’Assaut Galactique en plus petit comité et sans vaisseaux) et de l’Escarmouche (approche plus directe et dynamique que les autres modes) qui se jouent sans trop forcer, mais c’est bien peu pour faire oublier tous les problèmes dont souffre le jeu. Autre lot de consolation, la réalisation de cet épisode avec ses paysages parfois bluffants, ce respect appréciable des marques visuelles/sonores de la licence et, dans le marasme du gameplay, des armes dont le feeling se fait enfin un peu plus sentir. Pas de quoi rendre la jouabilité très passionnante, surtout en solo.

Oui, en plus de l’Arcade qui fait son retour pour se changer les idées entre deux sessions frustrantes en multi, Star Wars Battlefront II a tenu sa promesse en fournissant un mode campagne. On y incarne Iden Versio, jeune femme de caractère à la tête d’une unité d’élite de l’Empire. L’histoire qui nous est proposée prend place à la toute fin du Retour du Jedi, alors que la seconde Étoile Noire vient de s’envoler en éclats et que l’Empire est en déroute. Pour éviter de spoiler ce qui peut l’être, nous nous contenterons d’ajouter que le récit narré nous emmène jusqu’à la fameuse bataille de Jakku. Servi par des cinématiques de toute beauté, le scénario prend soin de s’intégrer dans la saga et de faire un lien, loin d’être inintéressant, entre deux trilogies. Mais en plus d’être plutôt courte (cinq heures à peine), la trame est trop prévisible pour surprendre et les nombreux clichés n’arrivent pas à entretenir notre flamme de petit fan. Pire, le mode campagne de Star Wars Battlefront II met en avant ce que le gameplay du jeu a de moins bon avec un enchaînement d’affrontements basiques que seuls quelques dogfights bien intégrés viennent sortir d’une totale monotonie. Un solo pas brillant mais qui a le mérite d’être là et de faire le job côté fan service, on s’attendait à mieux.

LE VERDICT
KASHYYK SHYYK SHYYK, AÏE AÏE AÏE !
5
Article précédentBientôt la fin du online pour Demon’s Souls au Japon
Article suivantDe la course sur neige ou sur l’eau avec Bigben sur Switch
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.