Test de Spacebase Startopia (PC, PS4, PS5, One, Xbox Series S|X)

Développeur : Realmforge Studios

Éditeur : Kalypso Media

Sortie : 26/03/2021

Supports : PC / Xbox One / Series S|X / PS4 / PS5

CONCLUSION

Rendons à César ce qui appartient à César. Si Spacebase Startopia ne se mange pas une piteuse, c’est parce que Startopia, le seul, l’unique, le vrai, offrait déjà exactement le même genre de gestion il y a 20 ans, mais avec une meilleure écriture, de meilleures finitions et globalement un ensemble plus qualitatif et cohérent. Du coup, plutôt que de vous tourner vers cette copie, jetez plutôt un œil du côté de chez Good Old Games. Pour le prix de Spacebase Startopia, vous pourrez vous offrir l’original, et en donner un exemplaire à huit de vos connaissances qui n’auraient jamais eu le plaisir d’y toucher. Succès garanti !

Après 10 ans d’occupation autour de la licence Dungeons, ersatz moderne de feu Dungeon Keepers, il était temps pour Realmforge Studios de voguer vers d’autres terres, ou plutôt de s’envoler vers les étoiles pour rejoindre le monde des stations spatiales en forme de donuts avec le tout nouveau Spacebase Startopia. Ce nom ne vous dit rien ? C’est presque celui d’un jeu de gestion loufoque et très apprécié du début des années 2000. “Presque”, parce que Spacebase Startopia n’est pas une suite. Ce n’est pas un remake non plus, ou un remaster. Non, Spacebase Startopia n’est rien de tout ça parce qu’il n’appartient tout simplement pas à la licence Startopia. Étrange, non ? De là à penser que ce mic-mac législatif explique partiellement l’échec que représente le jeu, il n’y a qu’un pas…

Contrebande et contrefaçon

startopia mucky foot 2001 versionIl y a une vingtaine d’années, des développeurs s’échinaient à renouveler le jeu de gestion en élargissant leurs thématiques, pour des résultats plus ou moins probants. Beach Life, Tropico, Anno, Roller Coaster Tycoon, autant de titres dont la vocation étaient simplement d’apporter une nouvelle pierre à l’édifice, en redoublant d’inventivité. À ce petit jeu, Startopia fit office d’élève modèle. Original, drôle et bien gaulé, le deuxième et dernier jeu des anglais de Mucky Foot offrait tout un tas de mécaniques innovantes, parfaitement en phase avec son thème spatial.

On y prenait soin de différentes races aliens au cœur d’une station spatiale circulaire, dans laquelle on déverrouillait des secteurs répartis sur trois ponts : le pont technologique, le pont loisirs et le “Petikoindenatur”. Pour y parvenir, il fallait créer des salles dédiées à différents besoins, toutes assorties de noms à dormir debout, comme la manj-a-touar ou le jubil-a-touar (on vous laisse deviner l’usage de ces deux bâtiments). Bref, c’était le Startopia d’il y a vingt ans et il ressemble trait pour trait au Spacebase Startopia d’aujourd’hui, sans pouvoir en assumer la parenté.

screenshot test space startopiaTout comme Dungeons en 2011, Spacebase Startopia est un immense copié/collé du jeu d’origine, sans pour autant pouvoir bénéficier de sa campagne, de ses assets ou encore tout bêtement de ses noms. Cela se traduit par un jeu qui n’apporte rien à une formule déjà connue et souffre tout de même de nombreux manques. Exit les bâtiments absurdes, les races aliens ridicules et la campagne absurde. À la place, on trouve des “foyers”, “centres médicaux” et autres “discothèques” des plus banals, une voix de robot reprise de Portal et des aliens insipides au niveau d’intelligence alarmant. C’est sur ce point que les limites de l’exercice de réplique se font le plus sentir : sans les qualités d’écriture de l’original, le charme de Startopia s’estompe partiellement.

Gestion circulaire

screenshot test space startopiaHeureusement pour lui (et pour nous), Spacebase Startopia a une belle base de gameplay sur laquelle s’appuyer, d’autant plus que l’original, malgré une flopée de belles idées, n’a jamais eu de réel successeur. Du coup, on prend tout de même un peu de plaisir à redécouvrir un jeu de gestion atypique à travers son petit frère illégitime. La station spatiale est toujours aussi animée, aidée par un moteur remis au goût du jour.

Sans les qualités d’écriture de l’original, le charme de Startopia s’estompe partiellement.

Si la navigation du joueur y est toujours un peu chaotique, la faute à une gestion sur plusieurs niveaux pas toujours très ergonomique et des interactions au clic droit parfois imprécises, on s’amuse à gérer les besoins des nouveaux visiteurs, en installant des structures ici et là tout en veillant à ne pas les étouffer sous la pollution et les ordures. On regrettera surtout un système de recherche revu (et moins efficace) et une partie “RTS” (littéralement) complètement ratée. C’était déjà un problème sur Dungeons, c’est toujours le cas dans Spacebase Startopia !

screenshot test space startopiaSi on passera très rapidement sur la campagne, ni drôle, ni intéressante, faute d’une écriture convaincante, les modes bac à sable et multijoueur permettront aux plus forcenés de faire durer le plaisir un peu plus longtemps. Parce que Spacebase Startopia a beau hériter de la plupart des traits de son ancêtre, il n’en reste pas moins plutôt mal gaulé. L’optimisation aux fraises permet de diviser le framerate par deux après quelques dizaines de minutes, et par trois en fin de partie.

Visuellement, les couleurs flashy ne compensent pas le manque d’inspiration flagrant de la direction artistique, légalement contrainte de s’éloigner des trouvailles du premier sans jamais réussir à retrouver ce qui en faisait la saveur. Sans compter les très nombreux bugs que compte le jeu, entre les animations foireuses, le pointeur de la souris qui disparaît ou les sons qui s’estompent. Après quelques mois d’early access, on était en droit d’attendre de meilleures finitions.

Le jeu au pad sur consoles, ça donne quoi ?
Si le genre fait que la version PC reste la plus ergonomique, Spacebase Startopia n’en reste pas moins parfaitement jouable dans sa version console. La caméra libre se gère sans encombre, les menus sont accessibles avec quelques combinaisons que l’on assimile plutôt rapidement et de précieux raccourcis sont proposés pour accéder aux éléments essentiels. Bien sûr, on échappe pas à quelques ratés occasionnés par la lisibilité réduite de certains menus et l’interface paraît franchement austère lorsqu’on la découvre la première fois. Mais il n’y a rien qui pourrait empêcher ceux qui le souhaitent de découvrir le jeu sur leur console.

Pas de miracle en revanche sur la partie technique, les tares soulignées dans notre test principal sont au rendez-vous dans la version console du jeu : frame-rate en perdition, ralentissements et plantages.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, achetée par nos soins sur PC, et physique, fournie par l’éditeur sur Xbox Series X.

Kurutchin
Kurutchin
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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