Test de South Park : l’Annale du Destin (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique sur PlayStation 4.

Un annale, des anneaux

Dans South Park : l’Annale du Destin le joueur dirige toujours le New Kid dont la personnalisation (homme, femme, aspect) constituera la première tâche à effectuer avant de se lancer dans l’aventure. Signalons d’ailleurs que le choix de la couleur de peau est présenté comme pouvant influer sur les combats et que jouer un personnage noir revient à sélectionner le niveau de difficulté maximal. Dans les faits, ce choix ne change rien mais permet de prendre un premier contact avec le ton politiquement incorrect du titre qui perdurera tout au long de l’aventure. Et cette aventure justement débute quelques heures à peine après la fin du premier épisode : lassé de jouer au Seigneur des Anneaux, Cartmann, ou plutôt le Coon, réunit sa bande de super-héros pour une mission de la plus haute importance : retrouver les chats qui disparaissent, empocher une récompense de 100$ et enfin pouvoir lancer les films de la franchise « The Coon » pour concurrencer Marvel.

Bien entendu, rien ne va se passer comme prévu et l’histoire va rapidement déraper. Un prétexte pour mettre en lumière tous les travers actuels et les déviances de notre société sans tabou aucun et en faisant subir les pires situations aux enfants témoins mais également acteurs des événements. C’est simple, tout y passe : violence faite aux femmes, racisme, xénophobie, politiciens et flics corrompus, prostitution, drogue, religions, sectes, pédophilie, débat sur le genre et l’autodétermination du sexe et nous en oublions sans doute.

Encore plus corrosif, trash et drôle que son prédécesseur, parfois dégueu même, South Park : l’Annale du Destin place la barre très haut (et très profonde) pendant les 12 à 13 heures nécessaires pour boucler le scénario principal. Une vraie réussite, avec des dialogues et des moments qui donnent l’impression de vivre un immense épisode de la série tout en évitant le syndrome du copier/coller des épisodes diffusés à la télé. L’histoire est vraiment originale et le reste jusque dans sa composition puisque le New Kid va également étoffer son background de super-héros au fur et à mesure de sa progression et de certaines rencontres qui lui permettront de créer sa vraie fiche de personnage. Nous ne vous en dirons pas plus.

Est-ce que tu South ?

Une fois qu’on a loué le scénario, l’écriture et la réalisation, il est difficile de donner un point de vue sur South Park : l’Annale du Destin. En tant que jeu, le titre s’inscrit également dans la continuité du premier opus dans ses réussites mais également dans ses défauts.

Dans ses réussites tout d’abord puisque les combats ont été améliorés avec encore plus de possibilités offertes par les classes de personnages (distance, corps à corps, élémentaires, psy, soin, protection…) et des mouvements finish qui se déclenchent une fois une jauge remplie pendant l’affrontement. L’occasion d’admirer une animation personnalisée pour chacun des protagonistes et des effets franchement sympas. On retrouve également des affrontements en équipe au tour par tour qui demandent à la fois de bien positionner ses protagonistes sur le plateau de jeu pour déclencher les différents coups à disposition. Ceux-ci ont une zone propre qu’il faudra respecter pour espérer toucher l’adversaire. Ubisoft a d’ailleurs intégré des pouvoirs supplémentaires propres au New Kid et notamment la possibilité de lancer un pet géant pour faire sauter le tour de l’ennemi : idéal pour contrer une attaque mortelle et s’offrir une fenêtre de soin.

Bien entendu, les victoires et les différentes actions effectuées font gagner de l’XP permettant d’améliorer son héros et de l’équiper d’artefacts multiples permettant de décupler ses statistiques. Le jeu propose également un atelier pour crafter divers objets et costumes avec une progression également sous forme d’expérience donnant accès à des fabrications de plus en plus puissantes. Enfin, le titre propose de nombreux costumes tous plus délirants les uns que les autres à dénicher (ou confectionner) pour s’essayer à différents styles ou simplement débloquer certaines missions secondaires qui nécessitent d’être sapé d’une manière particulière.

L’annale fait bête

Et c’est là qu’Ubisoft retombe dans les travers du premier opus car South Park : l’Annale du Destin n’échappe pas à la redondance des à-côtés. En effet, hormis la quête principale, la structure du jeu reste identique au précédent. La carte est à quelques exceptions près la même que dans Le Bâton de la vérité. Logique car on explore South Park pensera-t-on, mais au final assez lourdingue car on explore à nouveau les mêmes maisons pour essayer les mêmes toilettes (dans un mini jeu assez moyen), récolter des ingrédients pour crafter et se prendre en photo avec les mêmes personnages pour alimenter le réseau social Coonstagram. Alors bien sûr on pourra visiter certains endroits inaccessibles au départ une fois quelques nouveaux pouvoirs acquis mais la recette sent le réchauffé. Les quêtes secondaires sont bien présentes mais trop courtes pour véritablement tenir en haleine : elles se résument souvent en un prétexte à déclencher un affrontement contre un type particulier d’ennemis.

Les ennemis sont au final assez peu variés, non pas dans leur genre car on casse de tout (des policiers en passant par les putes, les curés ou même les gamines de 7 ans) mais de par leurs attaques similaires et surtout la faiblesse de leur IA. Le jeu reste globalement trop simple, ce qui explique d’ailleurs que l’XP monte très lentement pour éviter de pouvoir équiper immédiatement les meilleurs objets. En fait, la question qu’on s’est posée une fois le jeu terminé est la même que celle que nous nous étions posées à la fin de Le Bâton de la vérité : maintenant que l’histoire est finie, ai-je envie d’y retourner ? A moins de jouer le chasseur de Trophées, rien ne vous y forcera. Enfin, un petit mot pour fustiger la VF absolument abominable. Privilégiez la VO (avec sous-titres FR) au risque de passer à côté de ce qui fait aussi le sel du titre.

LE VERDICT
DANS LES ANNALES ?
7
Lestat
Gamer depuis sa plus tendre enfance. A fait tout son skill sur Quake 3 mais n'a plus progressé depuis. Best ratio sur BF1 ever. Geek de tout un tas de trucs inutiles et coûteux. Type sympa, quand même.

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