Test de Sonic Forces (Xbox One, PS4, Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique sur Xbox One, fournie par l’éditeur.

Un pour tous, tous pour la nouvelle recrue

Avec un scénario et une mise en scène bidon digne d’un dessin animé de Gulli, l’histoire de Sonic Forces c’est celle du grand vilain de toujours, Eggman/Robotnik, qui réussit enfin à venir à bout de Sonic grâce à son nouveau compagnon : le mystérieux Infinite. Le hérisson bleu prisonnier et le monde en péril, la résistance se forme autour de Tails, Knuckles et les autres mais elle va surtout se faire entendre grâce à l’intervention de deux renforts : le Sonic classique en provenance d’une dimension parallèle et la nouvelle recrue qui n’est autre que l’avatar créé par le joueur. Ce dernier prend vie après un rapide tour dans un éditeur de personnages classique avec plein d’éléments à collecter. Des accessoires vestimentaires qui se débloquent par dizaines après chaque niveau terminé (et encore plus en obtenant la meilleure notation possible : un rang S) mais dont on se fout royalement il faut bien l’avouer, les changements esthétiques étant anecdotiques pour ce héros personnalisé.

Ce qui est intéressant avec l’avatar de Sonic Forces, ce sont les spécialisations à choisir pour notre personnage. En lui sélectionnant un animal de prédilection, notre héros personnalisable adopte timidement les traits d’une bête (chien, oiseau, chat, ours, lapin, loup ou hérisson) lui octroyant alors une compétence spécifique comme le double-saut, un ring restant dans la besace après avoir subi des dégâts, une durée d’invincibilité accrue après une attaque ennemie ou encore des objets attirés vers le personnage, entre autres. Des caractéristiques qui, mine de rien, pourront avoir leur importance dans la façon de jouer de ceux qui chercheront à tout obtenir, tout débloquer. Les autres se contenteront de choisir leur animal préféré, sachant que les Wispons (l’évolution des Wisps de Sonic Colours) entrent ensuite en compte. Améliorable et changeable au fil des niveaux, le Wispon est un pouvoir 2-en-1 avec une arme d’un côté (fouet, foreuse, marteau, etc.) et un gadget de l’autre. Le tout est complété par le grappin dont se sert la nouvelle recrue pour se mouvoir à toute vitesse dans les niveaux dédiés.

Ils sont d’ailleurs assez nombreux les niveaux où c’est le héros personnalisable qui a la vedette, certains étant même à parcourir en duo avec le Sonic moderne. Au total, Sonic Forces se compose d’une trentaine d’étapes qui s’enchaînent avec une facilité déconcertante. Oui, même en Difficile (le niveau de difficulté supérieur que la Sonic Team nous invite à sélectionner à moins d’être un total novice dans les jeux vidéo), ce volet se termine en quelques heures à peine sachant que l’on récolte sans difficulté un rang S (ou A, au pire) dans chaque étape dès le premier run. Quant aux quelques épreuves Secrètes et Extras supplémentaires, elles ont le mérite de proposer quelque chose de différent et de divertissant mais on déplore leur faible nombre et leur durée de vie encore plus ridicule que les niveaux classiques (une minute suffit pour un niveau Extra, par exemple). Il y a aussi les SOS, pour refaire un niveau existant en libérant l’avatar d’un autre joueur. Reste que la seule chose qui peut inciter les joueurs à s’attarder sur Sonic Forces, c’est leur volonté de récolter toutes les pièces rouges, de briller dans les classements mondiaux avec le plus beau des chronos et de remplir les objectifs quotidiens proposés par les développeurs. Mais pour l’originalité et le plaisir de parcourir de longs et brillants niveaux, on repassera.

Vers l’Infinite et en-dessous

Chemical Plant, Green Hill, Metropolis, les environnements dans lesquels les étapes de Sonic Forces prennent place n’apportent pas grand-chose de nouveau. Même constat avec les niveaux “inédits” car tous ont droit au même traitement et se parcourent bien trop rapidement. Bien sûr, on comprend la volonté de la Sonic Team de s’appuyer sur la dimension scoring/speedrun de son jeu mais il devient difficile alors de se satisfaire d’étapes à la rejouabilité médiocre, au level-design discutable et, on se répète, à l’originalité proche du néant. Même les combats contre les “boss” sont sans saveur, les affrontements contre Infinite étant particulièrement peu inspirés. D’ailleurs, l’ensemble des niveaux 3D du jeu a le malheur de nous rappeler ce que Sonic a raté par le passé : de la vitesse oui mais de l’imprécision à foison, des pièges inévitables et donc de la frustration, une lisibilité mise à mal toutes les 15 secondes ainsi que des phases 2.5D (toujours avec le Sonic moderne, donc) où la gestion de la physique est à jeter la manette par terre. Lorsque l’on taille en ligne droite, les raisons de s’énerver sont moindres mais dès que l’on essaye de rejouer un niveau, d’améliorer son chrono ou de chercher les pièces rouges, Sonic Forces agace.

Avec le Sonic classique, les choses redeviennent un peu plus jouables et la mécanique du Drop Dash de Sonic Mania s’impose histoire de ne pas perdre une seconde en route. Une pointe de satisfaction donc, il était temps, mais il suffit d’évoquer les niveaux jouables avec l’avatar pour comprendre que Sonic Forces n’est vraiment pas à la hauteur. Certes, le grappin du héros personnalisable apporte un peu plus de dynamisme à un jeu qui n’en manque pas vraiment mais malgré les Wispons et les autres particularités des personnages, franchement sous-exploitées, ces séquences ressemblent amèrement à celles du Sonic moderne avec tout ce que cela comporte comme défauts. Qu’on se comprenne, cet épisode Forces n’est pas avare en sensations et délivre tout de même son lot de bons moments lorsque l’on enchaîne les actions avec cette fluidité propre à Sonic. Certains fans retrouveront ce qu’ils aiment de la licence, surtout si le scoring est leur motivation principale, mais beaucoup d’autres déploreront un rythme plombé par des niveaux trop courts et un plaisir bien amoindri par un manque d’originalité.

LE VERDICT
SONIC FARCES
4
Jerem
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois. Râleur pro et gros consommateur du café.

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