Test de Skyhill (PC)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, sur PC, fournie par l’éditeur.

Hotel California

Skyhill place les joueurs aux commandes d’un homme d’affaire, un parfait inconnu, fraîchement débarqué dans une ville fictive pour faire marcher son business. Et parce qu’il n’est pas interdit de faire cohabiter le travail et le plaisir, ce John Doe lambda a décidé de s’installer dans la chambre VIP d’un hôtel du centre ville. Manque de bol, voilà qu’une guerre bactériologique éclate, le laissant pour seul survivant d’un immeuble soudainement envahi de dangereuses créatures. Pour le joueur le but du jeu devient alors on ne peut plus simple: descendre les 100 étages de l’hôtel pour prendre la fuite. Malheureusement les choses vont rapidement se compliquer puisqu’en plus des créatures antipathiques que l’on croisera il va falloir jongler avec la faim du personnage et éviter de le laisser mourir affamé. Chaque déplacement d’une pièce à l’autre coûte en effet un point de faim au joueur. Une fois la jauge de faim vidée, si le personnage n’est pas nourri ce sont deux points de vie qui sont supprimés à chaque déplacement, jusqu’à ce que l’estomac de notre protagoniste soit rempli ou, à l’inverse, que son ventre vide ne le fasse passer de vie à trépas. Il va donc falloir explorer chaque pièce pour y récupérer la nourriture qui traîne ainsi que des matériaux pour se simplifier la vie. Évidemment on peut profiter des aliments que l’on trouve pour récupérer quelques points de faim et ainsi pousser l’aventure un peu plus loin. Mais on gagnera bien plus à se fabriquer ses propres aliments en utilisant la cuisine disponible dans la chambre VIP du dernier étage.

Skyhill propose en réalité tout un système de craft qui permet au joueur d’augmenter considérablement ses chances de réussite avec un atelier, un lit et une cuisine. Cette dernière permet de mixer les aliments pour en faire des repas consistants qui apportent beaucoup plus de points de vie que la somme des points de chaque aliment pris séparément. L’atelier offre la possibilité de se fabriquer des armes plus puissantes pour rendre les combats plus simples. Le lit enfin, permet de récupérer des points de vie sans utiliser de trousse de soin mais en consommant, en échange, des points de faim. Attention toutefois car la chambre offre une protection toute relative et il ne sera pas rare, pendant le sommeil du joueur, de se faire dévaliser de ses maigres récoltes. Du coup le jeu propose un quatrième élément à prendre en compte: la porte de la suite. En plus des besoins du joueur en nourriture, sommeil et armes il faut donc prendre en considération l’amélioration de ces éléments. La cuisine offrira ainsi plus de recettes, l’établi plus de plans d’armes, le lit plus de confort pendant le sommeil et la porte plus de protection pendant que l’on dormira. Mais pour les améliorer faut-il encore aller chercher des matériaux dans les étages. Évidemment le craft et l’amélioration de ses biens ne sont faisables que depuis la chambre elle même. Il faut donc remonter régulièrement pour pouvoir s’équiper correctement tout en sachant que la remontée sera coûteuse en point de faim.

L’hôtel dont vous êtes le héros

Du coup rapidement on commence à entrevoir la véritable difficulté de Skyhill : savoir gérer ses stocks pour reconnaître quand on peut pousser un peu plus loin ou, au contraire, détecter le moment propice pour amorcer une remontée. Tout n’est cependant pas noir dans Skyhill car le joueur trouvera, régulièrement, des ascenseurs en ordre de marche lui permettant de directement se rendre à un étage déjà débloqué en échange de juste deux petits points de faim. Manque de bol à certains étages des boîtiers électriques défectueux empêcheront l’utilisation de ces ascenseurs. Pour les réparer, et ainsi débloquer les ascenseurs des étages suivants, il faudra utiliser des matériaux (bruts ou craftés) ou tenter un coup de poker en se lançant dans une réparation au pif sachant que le résultat n’est pas garanti et que le temps passé à bricoler coûtera extrêmement cher en point de faim. Une gestion qui devient rapidement complexe donc et qui devra se faire sans oublier les créatures qui attendent un peu partout à chaque étage.

En cas de rencontre le joueur devra donc venir à bout du (ou des) monstre dans un combat simpliste où chacun frappe à tour de rôle. Les joueurs pourront tout de même utiliser un mode dit de «précision» qui permet, à l’instar du VATS de Fallout 3, de viser une partie du précise corps. Frapper la tête génère plus de dégâts mais a généralement un pourcentage plus faible de réussite et, contre certaines créatures, un coup raté sera généralement synonyme de partie prématurément terminée. Malgré un bestiaire relativement pauvre (seulement 6 créatures différentes) la tension pour gérer convenablement ses points de vie est suffisamment intense pour rendre chaque combat stressant et déterminant pour la suite de l’aventure même si on n’aurait clairement pas dit non a un peu de plus variété et des combats un petit peu plus stratégiques. Pour chaque combat remporté le joueur gagnera alors un peu d’expérience pour monter petit à petit de niveau. Notre héros possède en effet 4 caractéristiques (vitesse, dextérité, force et précision) qui permettent l’utilisation d’armes définies tout en octroyant divers bonus (la force augmente le pourcentage de coups critique, la dextérité les chances d’éviter un coup, la vitesse les possibilités d’avoir un second tour consécutif à jouer etc.). Chaque prise de niveau est donc l’occasion d’améliorer ses performances pour devenir plus fort et ainsi s’en sortir un peu mieux lors des affrontements qui deviennent rapidement très corsés.

Malgré un bestiaire relativement pauvre, la tension pour gérer convenablement ses points de vie est suffisamment intense pour rendre chaque combat stressant et déterminant pour la suite de l’aventure.

Same player try again. And again. And again

Ce qui est génial avec Skyhill c’est que, contrairement à tout ces jeux qui utilisent ces mécaniques de gestion de personnage, il n’y a ici aucune statistique plus importante que les autres ou des builds types qui peuvent assurer la réussite totale. Chaque partie étant aléatoire, il est simplement question de savoir s’adapter à ce que le jeu nous propose au début de chaque aventure. Si on nous offre un marteau, on boostera rapidement sa force et, de ce fait, préférera par la suite crafter des armes basées sur cette caractéristique. À l’inverse, en partant avec un couteau, on s’orientera plus vers la vitesse. Il n’y a donc pas de parties toutes faites, il faut constamment s’adapter et tenter, à chaque fois, d’aller le plus loin possible. Car la réussite ne se fera pas en une seule partie. Non seulement il est impossible de cerner toute les possibilités offertes par Skyhill dès les premières parties mais en plus, le jeu est particulièrement difficile. C’est rare, mais on vous conseille d’ailleurs de commencer le jeu en facile, afin de bien prendre toutes les mécaniques en main sous peine d’être rapidement frustré par un jeu qui n’hésite pas à vous mettre des bâtons dans les roues et à vous balancer un «vous êtes morts» au visage sans aucune compassion.

Une fois le mode facile maîtrisé, le mode normal proposera un challenge tout à fait honorable avant de vous attaquer aux improbables modes difficiles et extrêmes. Car au final, malgré les ras-le-bol, les frustrations, les morts à répétition et tout ce qui fait qu’on a juste envie de tout balancer par la fenêtre par moment, Skyhill est totalement addictif et se débrouille à merveille pour continuellement nous donner envie d’y retourner. D’une part parce que le jeu débloque des compétences supplémentaires à chaque mort, offrant ainsi de nouveaux outils pour tenter de progresser mais aussi, et surtout, parce qu’en délivrant les petits secrets de son histoire petit à petit il chatouille, titille et attise notre curiosité et nous motive, subtilement, à relancer une énième partie histoire d’en découvrir davantage. Et si jamais vous n’étiez pas encore totalement convaincus sachez que le jeu propose deux fins différentes et que le twist final est vraiment très réussi. Bref, vous auriez vraiment tord de vous priver.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
SURVIVE
7
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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