Test de Shining Resonance Refrain (Nintendo Switch, PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

Shine like a diamond

Yuma Ilvern est un garçon très particulier : alors que tous les dragons sont censés avoir été éradiqués de la surface de la Terre durant le Ragnarok, il possède l’âme du plus puissant d’entre-eux, le Shining Dragon. Malheureusement pour lui, l’Empire de Lombardia est plus ou moins au courant de la chose et le retient captif afin de mener sur lui des expérimentations destinées à faire sortir cette fameuse bestiole légendaire. Il est finalement libéré par Sonia, princesse du Royaume d’Astoria, aidée de son amie Kirika. Une aide loin d’être désintéressée, la jeune femme voulant que Yuma se joigne à son peuple pour combattre la Lombardia lui ayant déclaré la guerre des années auparavant. Et la tâche s’avère loin d’être aisée, l’Empire ennemi ayant réussi à créer des sortes de copies – certes moins puissantes mais tout de même – des dragons de l’époque. Yuma va devoir choisir son camp et, surtout, accepter le fait de libérer de temps à autre le Shining Dragon, malgré sa promesse de le garder scellé.

A ce stade, difficile de ne pas déjà comprendre que l’histoire et les personnages de ce Shining Resonance Refrain se montreront très clichés. D’un côté, nous avons le paisible Royaume d’Astoria, la gentille princesse Sonia qui ne pense qu’à son peuple ou encore la douce prêtresse Kirika, entièrement dévouée à son divin destin. De l’autre côté se trouve le sanguinaire Empire de Lombardia où règnent des méchants très méchants qui passent leur temps à faire des trucs de méchants. Et au milieu de tout ça, un monde à sauver par un héros qui ne sait pas trop ce qu’il fait là. Autant dire que les habitués de J-RPG seront en terrain conquis ici et les plus connaisseurs repéreront bien à l’avance les multiples retournements de situation tant le titre de SEGA n’ose à aucun moment tenter quelque chose d’innovant dans ce domaine. Attention, cela ne veut pas dire que le scénario se montre inintéressant, mais l’on aurait au moins aimé un peu plus de nuance dans cette lutte entre le bien et le mal, ce manichéisme très primaire s’étant fait de plus en plus rare dans ce type de production. Dommage, d’autant plus que ce manque de prise de risque se retrouve en fait dans l’intégralité du titre.

Same old refrain

Le système de combat, par exemple. Tout comme l’histoire, il n’est certes pas désagréable mais il ne prend pas non plus de risque, ou si peu. Le joueur retrouve ainsi un système de combat en temps réel dans des arènes à la Tales of, avec une équipe pouvant compter jusqu’à quatre personnages. Chacun possède le minimum syndical, à savoir une attaque de base, une esquive ou encore des skills utilisant des points de compétence devant se recharger. A cela s’ajoutent tout de même deux éléments plutôt intéressants. Le premier est la capacité de Yuma à se changer en dragon, histoire de contrer un boss un peu trop insistant, par exemple. Une transformation à ne pas prendre à la légère car chaque seconde sous la forme du Shining Dragon fait baisser la jauge de points de magie. Une fois celle-ci trop basse, le dragon passe en mode Berserk, se mettant à attaquer ses coéquipiers, et le joueur perd alors la possibilité de le contrôler. Une idée assez intéressante, même si la palette de coups du dragon se montre très limitée et sa maniabilité trop rigide. L’autre élément est le système B.A.N.D. qui permet, une fois la jauge dédiée suffisamment remplie, de lancer une chanson (et une scénette incroyablement kitch) apportant des bonus variés, comme le fait de renforcer les attaques magiques ou physiques.

Malgré son côté assez classique et l’impossibilité de réellement enchaîner de longs combos, on prend tout de même un certain plaisir à manier l’épée durant les affrontements de Shining Resonance Refrain, qui s’offre même le luxe de proposer un petit tutoriel pour chaque nouveau membre de l’équipe. Et ce jusqu’au premier vrai boss, où l’on se rend compte que l’équilibrage de la difficulté n’est clairement pas maîtrisé. Alors que la plupart des monstres de base ne font que très peu de dégâts et se battent relativement aisément, c’est une autre paire de manche contre les boss. Non seulement ce sont des sacs à PV, mais ils peuvent en plus mettre K.O. un personnage un peu trop tête brûlée en deux ou trois coups. Au joueur donc d’affiner sa stratégie durant ces phases, même s’il s’agit la plupart du temps de commander aux autres combattants de rester à distance au lieu de foncer directement à l’abattoir. Le revers de la médaille, c’est qu’un tel système rend ces combats effroyablement longs et bien moins nerveux que ceux de base. Pire, cela oblige parfois à passer de longues heures à enchaîner les mobs pour gagner quelques niveaux et espérer remporter la victoire…

Yu(‘re)ma wonderwall

Fort heureusement, Shining Resonance Refrain propose pas mal de choses annexes permettant de récupérer de l’expérience. Tout une pelletée de quêtes annexes sont ainsi disponibles et, même si elles combinent le traditionnel duo tuerie de monstres/objets à trouver assez peu intéressant, elle ont au moins le mérite de faire gagner aussi un peu d’argent. Un élément à ne pas négliger, surtout pour pouvoir créer de petites orbes destinées à améliorer les armes chez l’alchimiste (meilleure défense, moindres chances d’être empoisonné, plus de coups critiques, etc). En parlant à un personnage particulier, le joueur peut également se rendre dans de nombreux donjons via un Grimoire. Là-bas, en plus de combattre des monstres puissants, il est possible de looter des éléments plus intéressants que sur la map classique. Bref il y a de quoi faire, même si SEGA a cru bon d’en rajouter encore sous la dénomination de Refrain. Disponible dès le départ sur l’écran titre (même s’il vaut mieux avoir fini l’histoire principale avant), cette histoire alternative rajoute deux personnages jouables et quelques quêtes qui vont avec, histoire d’occuper encore quelques heures un joueur qui en aura déjà passé plusieurs dizaines pour voir le bout du scénario principal.

Shining Resonance est sorti à la base sur la PlayStation 3 et ça se voit. Tout d’abord du côté de sa réalisation, clairement datée. Certes, la direction artistique n’est pas vilaine (et fait, une fois encore, penser à du Tales of), mais impossible de ne pas voir les textures baveuses, le bestiaire limité ou encore les animations rigides. Et si les combats se montrent en général très fluides, il n’est pas rare de subir de très grosses chutes de framerate lorsque certains sorts sont lancés, notamment ceux de feu d’Agnum. Autre élément relativement désagréable et lié à l’âge du titre, l’impossibilité de se téléporter. En dehors d’un item particulier permettant (et encore, pas tout le temps) de revenir dans le hub, à savoir la ville de Marga, aucun voyage rapide n’est de mise. Le joueur doit donc re-parcourir encore et toujours les mêmes zones et tuer les mêmes monstres pour pousser un peu plus loin son exploration du monde. Sachant que les aller-retour sont nombreux, inutile de dire que les prairies que l’on a parcouru dix, vingt, trente fois et plus sortent rapidement par les yeux. Un choix d’autant plus incompréhensible qu’il n’est pas rare de trouver ça et là des feux de camp permettant de se reposer, de sauvegarder et de discuter avec les autres membres de l’équipe, dans un mini-jeu de dating souvent gênant au vu des discussions qui y sont menées. Ces feux de camp n’auraient-ils pas pu servir de points de voyage rapide ?

Refrain tes ardeurs

En partie basé sur la musique, même s’il ne pousse pas la chose au bout comme a pu le faire un Eternal Sonata, ce Shining Resonance Refrain propose au moins une bande-son assez travaillée et diversifiée, même s’il faut tout de même avoir une petite affinité avec la J-Pop kawaï pour apprécier certaines mélodies. Cet élément se retrouve d’ailleurs directement sur les personnages, certains se battant avec des armes mixées à des instruments de musique, tel Agnum et sa guitare électrique/hache, Kirika et sa harpe/arc ou encore Excella et sa flûte traversière/lance. Là-encore, même si l’idée de base est bonne, il n’y a pas vraiment de prise de risque, le titre ne poussant pas ce potentiel au maximum. En dehors de quelques notes résonnant parfois durant les combats ainsi que le système B.A.N.D. évoqué plus haut, l’utilisation des instruments ne va pas beaucoup plus loin. Comme souvent dans un J-RPG, les doublages japonais sont soignés, même si les anglais se montrent aussi relativement convaincants. Il faudra toutefois parler cette même langue pour découvrir le titre de SEGA puisque tous les sous-titres sont restés dans la langue de Shakespeare. Pour un titre qui débite des lignes et des lignes de dialogue, même lorsqu’un simple habitant demander au héros d’aller lui cueillir trois fleurs, c’est tout de même dommage.

LE VERDICT
TALES OF REFRAIN
5
Shauni
All your base are belong to us.

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