Test de Shin Megami Tensei : Strange Journey Redux (3DS)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée de Shin Megami Tensei : Strange Journey Redux, fournie par l’éditeur, sur Nintendo 3DS.

L’apocalypse verte

L’histoire de Strange Journey Redux prend place dans un monde où pollution, famine et guerre ont élu domicile. Les ressources naturelles s’épuisent et le coeur des hommes a presque perdu toute humanité. Mais ce décor apocalyptique est loin d’avoir atteint son paroxysme puisque l’aventure commence lorsqu’une nouvelle catastrophe est en train de frapper la Terre. Le monde découvre alors qu’un étrange et obscure dôme énergétique recouvre peu à peu la planète. En tant que soldat des Nations Unies, le joueur est envoyé en Antarctique avec pour mission de s’introduire dans la zone submergée appelée communément le Schwarzwelt (Monde Noir en allemand) afin d’y lever le mystère. Comme dans tout bon Shin Megami Tensei qui se respecte, les démons auront bien évidemment leur rôle à jouer dans toute cette agitation. C’est à ce moment qu’il faudra prendre les armes et sa combinaison spéciale Demonica pour ainsi faire le ménage. En cours de route, un personnage féminin inédit du nom d’Alex se mettra en travers du chemin de notre héros avec la ferme intention de l’éliminer, ce qui ne va bien évidemment pas arranger les choses. En d’autres termes, il ne faudra pas seulement se méfier des petites bébêtes démoniaques mais aussi des humains qui ont tous leur part d’ombre.

Bien qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir touché à la série pour suivre l’histoire de Strange Journey Redux, les connaisseurs seront davantage en mesure de comprendre tout l’univers proposé. D’ailleurs, pour tous ceux croyant trouver à travers ce titre un RPG facile à aborder, il est préférable de bien se préparer au préalable. Si la narration peut paraître simple dans sa forme, son fond se montre fort complexe. A la fois sombre et anxiogène, Strange Journey Redux fait partie de ces rares jeux 3DS à proposer d’intéressants questionnements politiques, écologiques et sociaux. Il est toutefois dommage que son histoire soit animée uniquement au travers de dialogues fixes et entièrement en anglais, agrémentés de temps à autres par de courtes cinématiques.

Voyage au bout de l’enfer

L’élément central qui fait la particularité des Shin Megami Tensei est l’exploration de zones hostiles. Strange Journey Redux ne change pas son fusil d’épaule puisque l’objectif principal de son aventure est d’étudier les différentes parties du Schwarzwelt. Loin de révolutionner le genre, la production d’Atlus s’adresse avant tout aux aficionados des RPG orientés dungeon crawler où l’intérêt est de naviguer de case en case en vue subjective à la recherche de trésors et de démons à collectionner. Avec une difficulté qui augmente à chaque pas entamé, jouer les éclaireurs ne sera pas de tout repos. Mais tout courage sera récompensé car plus le joueur se risquera à s’enfoncer dans le labyrinthe, plus il aura de chance de trouver des objets rares et de puissantes créatures. La préparation avant de partir en mission sera une étape indispensable.

Pour cela, le joueur aura tout à disposition à l’intérieur du vaisseau mère, baptisé le Red Sprite. De là, il pourra prendre soin de son équipe, gérer son inventaire, créer de nouvelles armes et de nouveaux objets ou encore préparer ses monstres. Une fois cette étape validée, il sera temps de partir en expédition dans les lieux sombres de la zone non-identifiée où ennemis et pièges vous attendront. Les rencontres avec les forces démoniaques donneront lieu à des affrontements en tour-par-tour des plus classiques. Après avoir analyser l’ennemi afin de découvrir ses points de résistance et ses faiblesses, il faudra trouver la bonne stratégie entre attaques physiques, magiques et utilisation d’objet.

Quelques mots sur la série
Né en 1987 sur Famicom, Megami Tensei est une série de jeux de rôle développée par Atlus, comptant aujourd’hui une cinquantaine d’épisodes (incluant trame principale, spin-off, produits dérivés et crossover). Adepte du dungeon crawler, elle est surtout considérée comme l’une des précurseurs de cette mécanique tant appréciée, qui n’est autre que “la capture de monstre”. La licence est également connue pour son caractère très sombre et marginal. En effet, chaque jeu propose une écriture profondément mature et même avant-gardiste pour le monde vidéoludique, ce qui lui a valu de ne pas pouvoir traverser certaines frontières géographiques. Mais pour l’heure, l’horizon semble bien s’éclaircir pour Altus puisqu’ils ont annoncé le développement de Shin Megami Tensei V pour la dernière console Nintendo, la Switch, avec une sortie prévue en Europe et Amérique du Nord.

L’associé du diable

Pour toute candidature, veuillez déposer curriculum vitae et lettre de motivation. Même pour les démons, il n’y aura pas d’exception.” Sous son rôle de soldat de l’USMC, le joueur aura donc une double casquette, à savoir celui de chargé de recrutement. Pour sortir vainqueur du champ de bataille, recruter des démons sera vital. D’ailleurs que serait cette série inspirée des livres de science-fiction, d’Aya Nishitani, sans son fameux bestiaire qui entre représentations fantasmagoriques et caricatures horrifiques, ne laisse pas indifférent. Pour ce portage, le jeu s’étoffe de 50 créatures en plus des 300 déjà présentes dans la version d’origine sur DS. Le changement d’état d’ennemi à allié d’un monstre, se fait par le biais d’un système de négociation des plus intéressants. Si l’entretien s’engage, il y a trois fins possibles, soit le pourparler est réussi et le démon rejoint nos rangs ; soit ce dernier n’est pas convaincu par les réponses données et décide de s’enfuir ou d’attaquer.

Chaque négoce est comme un mini-jeu à l’intérieur des combats, qui une fois bien menée, ne manque pas d’offrir une certaine satisfaction. Notre héros sera quelque peu limité car il ne pourra s’entourer sur le terrain que d’un maximum de 18 démons à la fois. Au-delà de la phase recrutement, il sera également possible de fusionner nos différents compagnons entre eux afin de créer de nouveaux combattants encore plus redoutables. Avec des possibilités quasi-infinies, le système de combinaison se montre véritablement comme l’un des points forts du jeu. Entre liaison de classe et mélange de capacité, autant dire que vous allez passer beaucoup de temps à organiser votre effectif démoniaque.

Une âme errante ?

D’un point de vu technique, Strange Journey Redux bénéficie du moteur d’Etrian Odyssey. Néanmoins, étant donné que neuf ans sépare la sortie de cette édition Redux et celle de la version dont elle est le portage, on aurait espéré une évolution beaucoup plus marquée. L’esthétisme reste fine et inspirée mais n’est à aucun moment de l’ordre du sensationnel. De plus, le titre d’Atlus souffre d’un aspect qui semble propre au genre, à savoir le statisme. Des sprites qui jouent à “un, deux, trois, soleil !”, des labyrinthes aux couleurs souvent identiques, sombres et froids, ou encore des combats dénués de punch, la mise en scène se veut très rudimentaire. Et face à un tel manque d’énergie, il peut être difficile de ressentir une réelle invitation à l’aventure. Loin de nuire au suivi du jeu, l’action aurait élevé ce dernier à un rang supérieur si plus de dynamisme était au rendez-vous. Bien que les éléments constitutifs du level design se veulent plus importants avec notamment un donjon exclusif, des démons supplémentaires et de nouvelles fins possibles (6 au total dont 3 inédites), Atlus a préféré jouer la carte de la sécurité en ne dénaturant pas les qualités de la version originelle. Quoi qu’il en soit, les fans de la série n’auront aucun problème à trouver leur compte tandis que les néophytes devront garder à l’esprit qu’il s’agit avant tout d’un portage avare en animation mais généreux en contenu.

LE VERDICT
L'ÉVANGILE SELON SATAN
6
Mr.J
Aucun super-pouvoir, gameplay limité, fait partie du comité de protection des licornes. Recherche en vain cet alter ego qui lui permettra de mener à bien sa vendetta - "The monster you created has returned to kill you"

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