Test de Shadow of the Tomb Raider (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

Sortir de l’ombre

Foutus Trinitaires. Avec leur envie de refaire le monde en se souciant guère de ceux qui y vivent, les voilà qui poussent notre jeune aventurière à faire l’inimaginable : semer le chaos. Oui, c’est bel et bien Lara Croft qui déclenche les hostilités dans Shadow of the Tomb Raider. En croyant protéger le monde, l’héroïne réalise qu’elle précipite l’apocalypse. Pas question de baisser les bras pour autant, Lara et son fidèle coéquipier Jonah embarquent dans une aventure pour le bien de l’humanité. Convenu et franchement moins surprenant qu’on l’aurait voulu, le scénario du jeu souffle le chaud et le froid. Considérée dans son ensemble, l’histoire est agréable et propose son lot de moments mémorables, prenant même le joueur par surprise. Mais en y regardant de plus près, on regrette amèrement le côté décousu de l’intrigue qui avance parfois trop timidement et se paye des raccourcis un peu grossiers à d’autres occasions. Lorsque ce n’est pas la mise en scène qui fait défaut à cause d’une VF passable (en VO, tout passe beaucoup mieux).

Tous les personnages ne sont évidemment pas aussi soignés que Lara peut l’être dans cet épisode, mais cette histoire est avant toute chose la sienne et cela se ressent plus que jamais. Eidos Montréal nous l’avait confié dans une précédente interview, cet épisode est celui du questionnement identitaire de miss Croft. Force est de constater que l’on reste un peu sur notre faim (à l’image de l’histoire de jeu) avec un personnage certes totalement sous le feu des projecteurs mais dont l’orientation ténébreuse n’est peut-être pas assez exploitée.

C’est d’ailleurs quand il arpente ce terrain-là, cette zone d’ombre de Lara Croft, que Shadow of the Tomb Raider offre les meilleurs moments de l’aventure. On ne peut alors s’empêcher de regretter que cela soit trop peu fréquent, tout en soulignant que certaines questions sont cependant bien soulevées et nous interrogent, avec succès, sur les motivations de Lara en tant qu’héroïne, sa légitimité et le fait d’assumer les conséquences de ces actes.

 À lire également : Interview de de Jill Muray (Lead Writer) et Daniel Chayer-Bisson (Senior Game Director) – Shadow of the Tomb Raider

Lara Croft et craft

Si le scénario de Shadow of the Tomb Raider se suit avec un certain intérêt en ligne droite, difficile d’en apprécier la teneur avec la manière dont l’aventure est articulée. La recette de Tomb Raider depuis 2013 est pourtant toujours la même, à base d’exploration, de grimpette, de combats plus ou moins rapprochés et d’énigmes, mais elle prend ici une tournure redondante à cause de zones ouvertes qui ne varient que peu les activités annexes. Entre les ressources qui se récoltent sans effort (et qui remplissent notre inventaire jusqu’à entendre Lara répéter sans cesse qu’elle n’a plus de place dans sa besace pour un soixantième bout de bois) et les missions secondaires qui ne sont pas toutes au même niveau, voilà ce qui plombe la progression dans le jeu.

C’est d’autant plus vrai que tout est fait pour nous inciter à nous écarter hors de l’histoire principale et que, encore une fois, les environnements sont tels que l’on cède aisément à nos envies d’ailleurs. Mais pour quelle finalité ? La volonté de glaner de l’XP peut éventuellement légitimer tout ça, avec des compétences que l’on débloque au fil des heures pour rendre Lara plus efficace qu’elle ne l’est déjà.

Ne boudons toutefois pas notre plaisir d’aller hors des sentiers battus puisque aussi répétitif soit-il lorsqu’il s’agit de ses activités annexes, Shadow of the Tomb Raider n’en oublie pas de proposer des défis grisant à réaliser. On parle évidemment des tombeaux ne réservant quasiment aucune surprise aux joueurs du précédent volet autant l’avouer, mais se montrant tout de même inspirés avec juste ce qu’il faut comme challenge.

Globalement, la difficulté du jeu est d’ailleurs assez bien dosée, à condition de faire un tour dans les réglages. Moins coriaces que par le passé, les ennemis montrent parfois des signes inquiétants de débilité tout en étant capables d’être de parfaits génies. Pour palier à ça, il faut alors augmenter la difficulté de l’IA du jeu et pourquoi pas se corser l’aventure en décidant d’atténuer/de désactiver les nombreuses aides visuelles ou encore en réglant le niveau des énigmes. Chacun peut ainsi vivre l’aventure comme il le souhaite, soit en privilégiant le challenge du côté des puzzles plutôt que des combats par exemple, ou encore en boostant la difficulté de l’ensemble.

Et la lumière dans tout ça ?

Des nouveautés, Shadow of the Tomb Raider était aussi censé en apporter lors des affrontements face aux Trinitaires. Si vous avez ne serait-ce qu’aperçu un trailer du jeu, vous avez forcément retenu la possibilité pour Lara de s’enduire de boue pour ensuite se cacher dans des murs végétaux et mieux surprendre ses ennemis. Dans les faits, cela fonctionne assez bien mais la feature n’est finalement que peu présente et surtout elle est à employer si on décide de la jouer infiltration. Encore une fois, cette orientation va dépendre de la difficulté paramétrée mais au final, on en vient souvent à utiliser nos bons vieux flingues. Peu importe l’approche, ce n’est pas dans ces moments-là que le jeu nous régale, mais bel et bien quand il nous balance à la tronche ses environnements bluffants.

Shadow of the Tomb Raider se paye en effet une atmosphère unique servie par des cadres de jeu que l’on prend un réel plaisir à découvrir. Le Mexique et le Pérou, les deux contrées visitées par nos héros, offrent des environnements à couper le souffle et promettent de délicieux moments d’exploration voire de pure contemplation, aussi bien en pleine nature qu’avec les temples, les ruines et les villages que l’on découvre tout au long du périple.

On note d’ailleurs que ce troisième volet privilégie plus les lieux sous-terrains que ses aînés. Sans oublier de nous coller des baffes à la vue offerte avec les décors extérieurs, le jeu mise donc davantage sur les grottes et les cavités englouties avec là encore une réalisation de haute-volée. Plus présente que dans les volets précédents, les séquences sous-marines sont savamment dosées et aboutissent souvent sur une séquence propice à la contemplation. Bref, Eidos Montréal livre un jeu techniquement redoutable, les décors sont tous plus convaincants les uns que les autres et seuls quelques PNJ, clonés à outrance, ternissent un peu le tableau.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
PETITE PART D'OMBRE
7
Jerem
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois. Râleur pro et gros consommateur du café.

1 COMMENTAIRE

  1. J’ai été un peu déçu par « Shadow of the Tomb Raider ». Ce titre n’est pas aussi impressionnant que les précédents. Ce troisième volet ne m’a pas emballé. C’est un 5 sur 10 pour moi.

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