Test de Senran Kagura : Peach Beach Splash (PC)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC (Steam).

À fond les formes

De la série principale, Senran Kagura : Peach Beach Splash ne garde finalement pas grand-chose, si ce ne sont les héroïnes et les histoires personnelles qui les concernent. Pourtant, Marvelous tente de donner une place clé à ce spin-off parmi les autres jeux de la licence et certains se féliciteront d’en démêler les ficelles scénaristiques, mais il faut bien avouer que les dialogues et les événements narrés ne volent pas bien haut et n’apportent pas vraiment de faits majeurs à qui suit Senran Kagura depuis ses débuts. Pire, les petites histoires qui garnissent chacun des principaux scénarios du mode solo du jeu traînent affreusement en longueur, les prétextes pour lancer les batailles de pistolets à eau sont bidons et la basse qualité des répliques n’aide pas à trouver le temps un peu moins long entre chaque combat. Les situations sans queue ni tête sont nombreuses et même lorsque l’on fait l’effort de chercher un sens à tout ça, on n’en trouve point. Mention toute particulière pour la piteuse IA qu’il faut absolument régler en niveau de difficulté supérieure pour espérer avoir un peu de challenge. Seule la fin de chaque scénario, avec un boss à affronter, permet de goûter à un tant soit peu de challenge.

En ligne, Senran Kagura : Peach Beach Splash prend un peu plus d’ampleur et c’est réellement là que le jeu montre ses qualités de TPS. Oui, avant d’être un soft où le voyeurisme et la perversité sont roi et reine, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un third person shooter tout ce qu’il y a de plus classique avec ce qu’on est en droit d’attendre d’un titre du genre : un gameplay simple mais complet, des personnages aux caractéristiques distinctes et un système de progression basé sur des cartes à débloquer. Jusque-là tout va bien, les adeptes du genre prennent très facilement leurs marques et le jetpack à eau mis à disposition permet même d’apporter une chouette envolée à la jouabilité. De manière générale, l’arsenal de Peach Beach Splash a de quoi contenter les différents profils de joueur, l’aide à la visée présente permet de rendre l’action plus frénétique sans pour autant nous faciliter la tâche et le deck de cartes à se constituer avant chaque bataille a un réel impact sur le combat (bonus d’attaque, de défense, item à usage unique, bonus permanent, etc.). Oui, Marvelous a concocté un véritable TPS mais hélas, s’il semble avoir tout ce qu’il faut là où il faut, Senran Kagura : Peach Beach Splash perd rapidement de sa saveur.

« Son petit itsi bitsi tini ouini, tout petit, petit, bikini. »

S’il n’est pas mauvais sur le fond, bien qu’un peu rébarbatif en solo et sans grand challenge, c’est surtout sur la forme que Senran Kagura : Peach Beach Splash nous gêne. Oui, le jeu de Marvelous est de ceux qui nous mettent mal à l’aise. Ne jouons pas les offusqués de service, la franchise Senran Kagura n’a jamais été connue pour ses subtilités. Son caractère érotique et sa représentation des femmes peut largement être pointée du doigt (comme dans bien des œuvres nippones, mais c’est un autre débat), mais ce qui restait plus ou moins légitimité par des mécaniques de gameplay dans la série principale n’est ici que grossièrement posé. C’est en tout cas notre ressenti et même s’il a les traits d’un TPS moyen, Senran Kagura : Peach Beach Splash en devient pathétique tant il est vulgaire. Que les combats mettent en scène des jeunes filles en maillot de bain, soit, pourquoi pas. Mais quand les sous-entendus grossiers, les dialogues pervers (la traduction française parfois assez crue n’aide pas…) et les scènes de jeu gênantes se multiplient sans subtilité aucune et avec un degré zéro de légèreté, c’en est trop.

Si l’on pense forcément aux finish moves du jeu lorsque l’on évoque les situations gênantes auxquelles on assiste, on ne peut s’empêcher de les replacer dans le contexte : il s’agit là de séquences coquines traditionnelles dans un Senran Kagura, que l’on cautionne ou non l’image de soumission qu’elles véhiculent. Mais dans Peach Beach Splash, cela va encore plus loin puisque l’imaginaire est largement influencé par la mise en scène. Ici, ces scènes où l’on « achève » un adversaire KO consistent à l’asperger (à l’aide d’une arme ou d’un objet, comme un canard en plastique…) jusqu’à lui faire enlever une partie voire l’ensemble de son bikini. Le tout profite d’angles de caméra évidemment très bien travaillés, un soin tout particulier au service d’un voyeurisme assumé pour un effort que l’on aurait souhaité similaire à la réalisation globale du titre, assez moyenne. La palme du pire, couplée au prix du mauvais goût, revient à la partie Dressing et douche du jeu où l’on trouve notamment de quoi lancer un simulateur de caresses dont l’énonciation seule devrait suffire à vous faire une idée (précisons quand même que l’on peut caresser les héroïnes pour s’attirer leurs faveurs mais aussi les asperger d’eau…) ainsi qu’un diorama à personnaliser pour se créer les illustrations les plus coquines possibles.

LE VERDICT
GOUTTE D'EAU
4
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.