Test de Rugby 18 (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur Xbox One, fournie par l’éditeur.

L’école de la vie

On peut dire du rugby que c’est un sport complexe aux règles subtiles, mais il faut avouer que c’est aussi et surtout un sport passionnant, beau et intense. Retranscrire cela dans un jeu vidéo, plusieurs ont tenté l’expérience avec un résultat qui n’a hélas pas souvent dépassé le cap du « peut mieux faire ». Pas de quoi décourager les français de Eko Software qui nous livrent un Rugby 18 aux intentions louables, à commencer par des licences officielles bien présentes. Du côté des équipes nationales, le XV de France est évidemment au rendez-vous tout comme l’Australie, l’Angleterre, l’Écosse, le Pays de Galles, l’Italie, l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande et les Fidji, sans oublier les Lions britanniques et irlandais (en bonus de pré-commande ou en DLC payant). Peu de formations diront certains, on ne pourra les contredire, mais les poids lourds sont là et c’est assez pour revivre à la maison quelques douloureux Test Match face aux Blacks, par exemple. Les championnats nationaux sont aussi de la partie avec le TOP 14, la PRO D2, le PRO14 et l’Aviva Premiership Rugby. Un menu très européen donc, mais là encore on se satisfait de retrouver toutes ces équipes, et les joueurs qui vont avec, sous licences officielles.

Tout ce beau monde-là, Rugby 18 le met en scène par le biais de trois principaux modes (hors parties rapides) avec les Championnats, la Carrière et My Squad. Si on passe rapidement sur le Championnat qui ne permet que d’enchaîner les parties avec le club de notre choix, Carrière se montre un peu plus ambitieux en y ajoutant un aspect gestion. On débute avec un budget limité, on se forge la meilleure équipe possible en cherchant en prônant l’alchimie et on dispute les matchs en tentant d’être le meilleur. La formule parfaite pour réussir ? Hélas non, Eko Software a choisi de privilégier la piste financière pour ce mode ce qui donne droit à des incohérences totales avec un échec possible en fin de saison alors que notre équipe est, certes limite financièrement, mais sportivement au top avec des objectifs bien remplis. N’est pas jeu de gestion sportive qui veut, autant dire que Rugby 18 déçoit sur ce point-là.

Le mode My Squad tente quant à lui de surfer sur la mode des Ultimate Team et consors. Pas de cartes à collectionner ni de monnaie virtuelle à acheter avec de l’argent réel, ici les étoiles se gagnent en cumulant les heures de jeu uniquement et elles permettent d’acheter directement des joueurs pour former son équipe de rêve. Un système simple mais efficace, récompensant les heures passées sur Rugby 18. Seulement voilà, une fois son équipe formée elle n’est utilisée que pour des matchs rapides en local ou en ligne. Pas de compétition dédiée pour les formations My Squad donc, c’est dommage. Tout juste peut-on se consoler avec le Défi hebdomadaire proposé par les développeurs, une partie à remporter pour gagner un maximum d’étoiles (encore plus si les objectifs bonus sont remplis).

« Ovalie, ovalie, ovalie, valieeeeeeee »

S’il n’emballe pas la partie avec son contenu, Rugby 18 ne se montre hélas pas plus convaincant manette dans les mains. Alors qu’on pensait que le titre allait avoir droit à son lot de corrections et d’améliorations lorsque nous avions croisé sa route il y a quelques mois, les problèmes rencontrés sont toujours là et d’autres se révèlent à nos yeux après avoir cumulé les sessions de jeu. Tout semble pourtant partir sur de bonnes bases puisque Eko Software a trouvé la bonne formule pour rendre les touches, les mêlées, les pénalités/transformations et les rucks intéressants, au détriment parfois de la subtilité (notamment en ce qui concerne les mêlées). En s’aidant de quelques touches seulement, on se surprend ainsi à créer de belles combinaisons sur les touches, à gagner du terrain grâce à sa mêlée ou encore à donner l’effet qu’il faut à un coup de pied pour valider une pénalité. Bref sur ces aspects, Rugby 18 assure comme il faut. Malheureusement, le constat est en revanche bien moins brillant lorsqu’il s’agit des phases de jeu en mouvement.

La satisfaction de réussir une belle touche ou de mener un ruck avec brio laisse ainsi rapidement place à la déception lorsque, une fois le ballon libéré, Rugby 18 se montre incapable de faire preuve d’un peu de souplesse. C’est bien simple, on a cette sale impression de faire face à un jeu où tout est couru d’avance avec des joueurs privés de la moindre fantaisie, ne serait-ce qu’un geste de classe qui permettrait de casser la monotonie des actions. Les séquences de jeu s’enchaînent bien trop classiquement, le gameplay est d’une rigidité sans nom et tous les matchs finissent par se ressembler, peu importe le niveau des équipes. L’IA ne tire clairement pas Rugby 18 vers le haut avec des coéquipiers qui démarrent leur course après une passe mais sans le ballon (!), d’autres qui ne daignent pas se jeter sur une balle au sol à 1 mètre d’eux ou d’autres encore qui viennent couper votre ligne de passe alors qu’ils n’ont rien à faire là. Bref, les incohérences s’enchaînent, les phases arrêtées pourtant maîtrisées passent au second plan et le jeu ne nous donne pas les outils pour faire mieux.

La technique fait également tâche dans le tableau de Rugby 18. Même si on peut se satisfaire des sensations procurées par les plaquages, c’est une bien maigre éclaircie dans cette triste réalisation. La sensation de vitesse de jeu est trop peu présente, les joueurs sont prisonniers d’animations d’un autre temps et l’unique caméra proposée ne permet pas toujours de bien visualiser l’action (et les opportunités de jeu), entre autres déceptions techniques. Autant dire que le résultat est tout juste acceptable pour un jeu de 2017. Les commentaires ont beau être assurés par les expérimentés Éric Bayle et Thomas Lombard, ils ne paraissent absolument pas naturels et les bouts de phrases s’enchaînent sans cohérence lorsqu’ils ne sont pas carrément dans le faux. Hélas, comme si ça ne suffisait pas, Rugby 18 souffre également de bugs divers et variés. De quoi anéantir la volonté des plus courageux en attendant, on l’espère, de futurs patchs.

LE VERDICT
J'AI MAL À MES VALEURS
4
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Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois avant publication. Également râleur pro et (trop) gros consommateur du café.

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