Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, sur Xbox One X.
Remnant : From the Ashes est disponible sur PC, Xbox One et PS4.

TPS : Third Person Souls

Il y a tout de même une petite nuance. Là où Darksiders 3 restait un jeu d’action/aventure dans la lignée des précédents opus, Remnant est avant tout un shooter à la troisième personne. Mélanger TPS et Souls-like, en voilà une idée saugrenue. Ce n’est pas comme si d’autres studios s’étaient déjà cassés les dents sur le sujet (Immortal Unchained, pour ne citer que lui). Le fait est que le genre du TPS n’a jamais été reconnu pour sa difficulté et son exigence. Peu importe l’époque, il a toujours été synonyme de spectacle ou de narration. C’est d’autant plus vrai maintenant que les plus grands représentants du genre (à savoir Gears of War et Uncharted) y ont apposé leur patte ultra-cinématographique. Faut-il condamner Remnant : From the Ashes pour autant ? Non. Il ne joue tout simplement pas dans la même cour.

Aux séquences scriptées des bulldozers précédemment cités, Remnant : From the Ashes préfère une approche plus épurée du TPS, vidé de tous ses artifices les plus clinquants. Un personnage, quelques armes et un prétexte pour trouer des créatures belliqueuses : c’est peu ou prou la proposition initiale du dernier bébé de Gunfire Games. À cette occasion, le studio texan a peaufiné au maximum les sensations de jeu, pour un résultat aussi confortable que nerveux une fois la manette entre les mains. Sans être particulièrement agile, notre personnage, que l’on crée avant même d’atterrir sur le menu principal, peut tabasser ses adversaires au corps à corps ou effectuer des roulades pour esquiver. C’est d’ailleurs là un premier point commun avec les jeux de From Software, l’esquive est primordiale.

Mais ce n’est pas le seul et unique point qui rapproche les deux licences. Contrairement à un Gears of War dans lequel les roulades sont infinies, notre agent est ici soumis à des contraintes d’endurance. En-dessous de la barre de vie se situe une jauge qui diminue avec le sprint et les esquives successives. Naturellement, cette particularité ajoute un peu de piquant, une certaine intensité, à des combats déjà bien nerveux. On gagne en viscéralité ce qu’on perd en souplesse, poussant le joueur à être toujours plus vigilant. Un constat appuyé par la maigre résistance de la barre de vie aux coups ennemis. Contrairement aux jeux dont l’écran se teinte de sang avant de revenir à la normale après 1,8 seconde à l’abri derrière un muret, Remnant : From the Ashes ne propose pas la régénération automatique de la santé. Il préfère se doter de sa propre fiole d’Estus, ici appelée Coeur draconique, à l’utilisation limitée et rechargeable uniquement aux différents checkpoints que proposent les cartes.

Contrairement aux jeux dont l’écran se teinte de sang avant de revenir à la normale après 1,8 seconde à l’abri derrière un muret, Remnant: From the Ashes ne propose pas la régénération automatique de la santé.

Guilty remnant

Tous ces petits ajouts ne concernent que le coeur du gameplay. Gunfire Games ne s’en est pas contenté et a aussi allègrement emprunté plusieurs idées de progression aux jeux de From Software. On pense notamment aux feux de camp, remplacés par des simples points de passage, aux fonctions similaires. Ils permettent de voyager mais aussi de “réinitialiser” les ennemis de l’arène, par simple interaction ou à chaque mort. Parlant des arènes, chaque stage consiste en un cheminement assez simple vers une zone entourée de brume. Ça vous rappelle quelque chose ? Bingo : c’est un boss. Assez nombreux, ils offrent un challenge suffisant, avec longue barre de vie et attaques vicieuses à la clé. On retrouve aussi des zones optionnelles, trouvables ou non lors d’un run. Pour toutes les trouver, il est nécessaire de faire le jeu plusieurs fois. Au vu de la qualité des gunfights et des différentes zones, ça ne devrait pas être un problème.

Enfin, si de très nombreuses mécaniques sont directement piochées chez From Software, Remnant : From the Ashes n’est pas une simple copie carbone dont seule la perspective aurait changé. La progression du personnage diffère largement. Celle de son équipement est relativement proche de ce qui se fait du côté des japonais, avec des armes et armures qui s’améliorent à l’aide de fer, puis de fer forgé, et ainsi de suite. On retrouve les mêmes marqueurs +1, +2, etc. En revanche, en matière de compétences, de skills, Remnant se distingue du reste de la production. Notre personnage ne gagne pas de niveaux à proprement parler. Par conséquent, on n’améliore pas directement ses statistiques pour le rendre plus létal ou plus précis. En revanche, tout au long de son aventure, il gagne des “traits”. Ces traits sont des bonus passifs, auxquels il est possible d’attribuer des points de compétence une fois un certain palier d’expérience acquis. C’est d’ailleurs via ces traits que le personnage se spécialise.

Feat Dr. Tre

On pourra ainsi choisir d’aller vers un personnage avec beaucoup de vie, mais peu de résistance élémentaire, ou l’inverse. Ce qui est intéressant, c’est que ces traits ne s’obtiennent pas automatiquement. Leur obtention est conditionnée par les actions du joueur. Certains pourront tomber après avoir défait un boss. D’autres nécessiteront d’augmenter une arme jusqu’à un certain seuil. Les conditions ne sont jamais connues mais chaque trait peut s’avérer utile. Ce système pousse le joueur à devenir complétiste, à faire tout ce qu’il y a à faire. Non pas que Remnant : From the Ashes soit rempli à ras bord de contenu, il propose juste suffisamment de carottes pour motiver le joueur à aller jusqu’au bout. Et encore, pas sûr que les carottes soient nécessaires tant le voyage s’avère agréable à l’oeil. Techniquement, Remnant reste plutôt faiblard. On est en plein dans le syndrome AA, avec un jeu globalement stable…et daté. C’était déjà un souci sur Darksiders 3 (avec de grosses baisses de framerate en plus), ça l’est toujours aussi. Artistiquement, c’est autre chose : le jeu est superbe. Les ambiances s’imbriquent parfaitement pour former un tout bercé d’influences multiples et pourtant diablement cohérent. De l’apparence des armes au look des différents sets d’armures en passant par les boss impressionnants et les structures gigantesques, le monde de Remnant a fait l’objet d’un soin tout particulier.

Malheureusement, Remnant : From the Ashes n’est pas sans défaut, notamment sur sa composante multijoueur, l’un des principaux arguments du jeu depuis son annonce. Jouable jusqu’à 4, le titre fonctionne correctement quand plusieurs joueurs se joignent à nous, à un détail près : la progression n’est pas partagée. Cela signifie que lors d’une session à 4, seul le joueur “original”, celui qui a été rejoint, avancera dans le jeu. Les autres devront reprendre là où ils étaient auparavant. Ce qui est compréhensible dans un Dark Souls, là où il est possible d’épauler un partenaire sous forme d’esprit pour avancer plus facilement, l’est beaucoup moins dans un titre avec un mode coopératif scénarisé jouable jusqu’à 4. On regrettera aussi un certain manque d’audace en termes de loot et d’agencement d’arènes. Bien souvent, la verticalité est totalement absente, renforçant la platitude de certains passages. Rien de bien dramatique dans la mesure où l’action est souvent très soutenue, mais on aurait apprécié avoir un peu plus de variété dans leur structure.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
EXIGEANT
8
Kurutchin
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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