Test de Rage 2 (PC, Xbox One, PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

Quel héritage ?

Pourtant le studio suédois n’est clairement pas né de la dernière pluie. Si on les connait pour leurs Just Cause, le dernier Mad Max est un excellent point de départ pour Avalanche, qui peut facilement reprendre des assets du jeu développé pour la Warner Bros. Alors le monde ouvert proposé par cette suite est ponctué de plein de petites choses qui rappelleront les précédentes aventures motorisées dans le désert. Rage 2 étant déjà lui aussi dans un univers post-apocalyptique, l’environnement est quelque peu similaire avec des étendues de sables et de montagnes rocheuses à perte de vue. Certaines régions sont un peu plus boisées avec des forêts tropicales ou des marais afin d’apporter de la diversité. Ce qui n’est clairement pas un mal pour la diversité.

Autre ressemblance, on a également des convois à attaquer ou des bases à vider qui traînent par ci par là pour alimenter les nombreuses activités annexes. Et c’est tout pour les ressemblances ! Ne comptez pas sur la physique plutôt bonne des véhicules du film éponyme, on a là affaire à un mixte entre celui-ci et un Just Cause. On ne comprend pas exactement à quel moment le véhicule commence à drifter, on se met bien souvient à partir en crabe sans que l’on en ait réellement envie, et on tombe très facilement dans le ravin avec des disques de frein aussi performants qu’un chrono de Lestat sur un jeu de course. Et que dire également des deux roues qui ont une fâcheuse tendance à devenir des trains sur rails.

Il ne faut pas dire son nom

Dès l’introduction on sent tout de même une petite odeur désagréable. Celle qui nous fait penser qu’on a anéanti une potentielle belle licence. Oubliez l’ambiance posée du premier volet avec une atmosphère lourde et mystérieuse avec quelques petits soupçons de folie. Ici, c’est tout le contraire. On arrive dans le plus grand cabaret du monde de Patrick Sébastien avec des dialogues façon pub Coca-Cola de très mauvais goût. Dès les premiers mots de nos personnages, on commence à regretter la décision d’en avoir fait une suite. Le héros se la joue John McClane en complètement raté avec son petit côté « ne vous inquiétez pas, c’est comme si c’était fait». Pourtant il n’y avait qu’à appeler les copains d’ID et leur dernier Doom (voire MachineGames avec leurs Wolfenstein) pour comprendre la manière de gérer une mise en scène quelque peu décalée (même s’ils étaient eux aussi perdus à moins de six mois du lancement).

On arrive dans le plus grand cabaret du monde de Patrick Sébastien avec des dialogues façon pub Coca-Cola de très mauvais goût

En parlant d’id Software, on peut tout de suite embrayer sur la partie combat qui reprend les mêmes sensations des armes qu’un Doom. C’est énergique et la sensation de puissance est bien présente, notamment lorsque l’on active notre jauge d’Overkill (notre rage) qui permet d’exploser en quelques secondes tous les antagonistes à l’écran. Le développeur a même réussi à implanter plusieurs capacités et mouvements qui rappelleront pour les plus fins C…Cry…Crysis, notamment le second volet. Le fait de pouvoir glisser tout en tirant ajoute déjà un peu plus de souplesse comparée à Doom, et différentes features crysisennes viennent s’ajouter au fur et à mesure de l’aventure avec la possibilité de marteler le sol avec son poing, propulser les ennemis avec sa main, accélérer sur de courtes distances, scanner des ennemis voire, si l’on pousse le bouchon, de jouer au défibrillateur.

On prend ainsi du plaisir durant les premières heures de jeu à dézinguer du mutant et les petits groupes armés locaux. Surtout que les débuts donnent l’impression d’une certaine variété dans les quêtes annexes. Entre les barrages qui s’installent, des tourelles à détruire, des rangers morts à rechercher, des météorites à analyser, des cibles à tuer, des géants à exploser, des nids à vider, sans omettre ces fameux convois ou ces bases ennemis, on est vraiment surpris dans le bon sens.

Puis, lorsque l’on arrive à notre huitième ranger à rechercher, notre 13e convoi ou la 15e base à vider, on commence à vite se reconcentrer sur la quête principale. C’est dommage car toutes ses activités permettent d’améliorer nos armes, nos véhicules ainsi que plusieurs compétences passives qui nous facilitent grandement la tâche durant notre progression.

Quant à cette campagne principale, que dire si ce n’est « déception » ? On a un général Cross balourd qui s’est planté de jeu puisqu’il ressemble à un strogg de Quake, juste là pour nous motiver à terminer le jeu. Une fin d’ailleurs extrêmement mauvaise, pire que le premier, que l’on voit arriver en une demi-douzaine d’heures si l’on trace en ligne droite. Et si vous faites comme nous, à savoir se farcir une bonne dose de quêtes secondaires sans pour autant tout compléter, une quinzaine d’heures sera largement suffisante.

La campagne se finit ainsi en une douzaine de missions principales qui sont loin d’être mémorables. Le pire, c’est de se dire que les deux premières sont des copies conformes des premières de Rage avec des égouts à nettoyer et un show TV dans lequel on doit montrer le meilleur de nous-mêmes. Le foutage de gueule n’est parfois pas très loin.

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Enfin la technique souffle le chaud et le froid. Le monde ouvert est plutôt correct avec une profondeur de champ conséquente et des couleurs vives qui flattent la rétine. Mais les environnements en intérieur sont quant à eux beaucoup plus hasardeux avec des textures assez baveuses et un manque flagrant de détails sur les personnages ainsi que les animations.

On note aussi un manque de finition sur les scripts et dialogues : il arrive assez régulièrement de rencontrer des PNJs que l’on n’entend pas malgré leurs lèvres qui bougent, des scripts qui ne s’enclenchent pas correctement ou des bugs de son au niveau des véhicules. Il nous est même arrivé qu’un autre personnage parle à place d’un autre. Sympa. La VF est également tout aussi oubliable avec en sus une synchro labiale complètement dans les choux. Bref, avec l’absence de coop ou de multi, Rage 2 n’a pas grand-chose à offrir et fait donc bien pire que son grand frère. A la poubelle.

LE VERDICT
La dégringolada
5
Nonag
Ex-achievement whore, redditor, petit trolleur et grand amateur de courses automobiles.

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