Test de Rad Rodgers (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée du jeu sur PC, fournie par l’éditeur.

Rêve de gosse

L’histoire de Rad Rodgers parlera sûrement à de nombreux parents. Rad est en effet un gamin passionné de jeux vidéo adepte des répliques cultes du style « encore 5 minutes maman », « plus qu’une partie et promis j’arrête » ou le plus récent « non mais je ne peux pas sauvegarder là !! ». Bref, le minot est complètement accroc et n’en fait qu’à sa tête. Histoire de bien faire rêver nos chères têtes blondes, le gamin va se retrouver aspiré par sa télé après l’apparition d’un vortex dans sa chambre. Le fantasme devient réalité : Rad est alors le héros de son jeu vidéo préféré, accompagné de Dusty, sa console favorite qui s’est transformée en un sac à dos doté de bras extensibles. Évidemment on se gardera bien de chercher à comprendre le pourquoi du comment car le but de Rad Rodgers est relativement simple : offrir une aventure pêchue et pas prise de tête à tous ceux qui trouveront le temps (et la motivation) de s’y coller.

Dans l’absolu, Rad Rodgers remplit presque son contrat. Les commandes sont parfaitement simples à appréhender et le personnage répond au doigt et à l’œil. Certains joueurs trouveront certainement pénible de ne pas avoir de double-saut à disposition, mais pour le reste c’est du tout bon. Le stick droit permet de tirer sur tout ce qui bouge et la visée relativement précise permet même de ne pas trop se prendre la tête quand il s’agit d’atteindre une cible un peu haut perchée. Très vite on prend plaisir à détruire tout ce que l’on peut dans l’espoir de trouver un quelconque secret et la progression se fait de manière toute naturelle. Le level design des niveaux, sans être totalement renversant, fait parfaitement son boulot et arrive même, parfois, à perdre les joueurs qui ne seront pas assez attentifs aux petits détails dans le décor. Tout au plus on pourra reprocher une direction artistique un peu trop criarde qui, lors de rares excès de zèle, a tendance à gâcher la lisibilité de certains passages.

Challenge me !

Si on a très vite envie de conclure que Rad Rodgers c’est gentillet et plutôt réussi, on se heurte malheureusement très vite à ses deux défauts majeurs. Le premier c’est son effarante facilité avec des ennemis qui, en plus d’être très peu variés, ne servent vraiment à rien. Que ça soit ceux qui nous foncent dessus ou ceux qui ont la possibilité de tirer de loin, on a très vite fait de s’en débarrasser. Entre les munitions de base illimitées et les bonus, que l’on trouve un peu partout, qui offrent une puissance de feu temporairement démesurée, le joueur est mis sur un piédestal dans tout le jeu réduisant à néant, sans forcer, toute tentative d’opposition.

Ceux qui tenteront le mode difficile dans l’espoir de combler ce manque de challenge seront, là-aussi, déçus puisque les ennemis gardent le même comportement idiot en toutes circonstances (aucune réaction à la présence du joueur et rush désespéré). Une facilité que l’on peut également reprocher au but identique de chaque niveau (retrouver quatre morceaux de clé pour ouvrir la porte de sortie) et qui ne cherche à se renouveler que par l’intermédiaire de niveaux bonus pas franchement très inspirés.

Nope!

Bons joueurs, on aurait presque tendance à se dire qu’avec une telle philosophie, le jeu s’adresse avant tout aux plus jeunes joueurs qui n’ont certainement pas eu l’occasion de connaître Ruff’n’ Tumble (que Rad Rodgers fait plus que copier à bien des égards). Fair enough comme on dit. Même si son héros se la raconte un peu trop en permanence, son côté cool et son mode « Je fais ce qu’il me plaît dans mon jeu vidéo » a de quoi faire fantasmer les gamins. Alors pourquoi pas ? Parce que le doute commence sérieusement à s’installer quand l’humour de Rad vire un peu au trash, même si on ne peut s’empêcher de sourire à tous les pics envoyés à l’attention des développeurs du petit monde du jeu vidéo. En revanche le sourire se crispe légèrement quand les PNJs commencent à parler de l’utilisation de sextoys ou que Dusty, la console devenue sac à dos, se permet des réflexions sexistes désolantes. Bref à force de pousser le bouchon, Rad Rodgers ne réussit qu’à se planter sur toute la ligne en finissant par ressembler à ce pote gentil, mais vraiment lourd, que l’on évite à tout prix lors des soirées.

LE VERDICT
SALE GOSSE
4
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege et Darkest Dungeon.

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