Test de Prinny 1 & 2 : Exploded and Reloaded (Switch)

CONCLUSION

Que ce soit du côté de Can I Be Really The Hero ? ou Dawn of Operation Panties, Dood !, le genre platformer nerveux est dignement représenté. Mise à part une jouabilité pas tout à fait stable, le plaisir de réussir à résoudre un level design machiavélique en découpant, bondissant et en explosant des hordes de démons est bel et bien présent. En revanche, du point de vue de la remasterisation, le bilan est moins satisfaisant avec cette compilation Prinny 1 & 2 : Exploded and Reloaded. Il serait d'ailleurs plus juste de parler ici de simple portage plutôt que d'une réelle actualisation. Tout est quasiment d'époque. La amateurs de sensations extrêmes pourront ainsi trouver leur compte mais pas sans mettre un minimum leur exigence au tiroir, au contraire de leur sang-froid.

Avant que les Souls soient portés au rang de référence, en termes de difficulté, les consoles et bornes d’arcade pouvaient trembler à l’annonce d’un Ghost’n Goblins, Shadow of the Beast ou encore Megaman. Parmi leurs héritiers, deux d’entre eux ont pu faire rager les possesseurs de PSP, en mêlant sous la bannière Disgaea combats et plateformes. À la surprise générale, Prinny Can I Really Be The Hero ? et Prinny 2 : Dawn of Operation Panties, Dood ! reviennent, 11 ans plus tard, sur Nintendo Switch dans une édition Prinny 1 & 2 : Exploded and Reloaded dite remasterisée. Bon ou mauvais élève ? Direction le Netherworld !

Les Pingouins de Mad À Lascar

S’il fallait établir un classement des univers les plus déjantés de la sphère vidéoludique, la famille des Disgaea n’aurait sans doute aucun mal à se faire une petite place dans le haut du panier. Quelle licence peut se vanter d’avoir pousser le délire jusqu’à créer un spin-off sur l’un de ses personnages les plus secondaires et accessoires ? Il était en effet fort surprenant de voir arriver en 2009, sur la console portable de Sony, les aventures des Prinnies, des pingouins bleus aux yeux globuleux, au ventre blanc cousu, portant une sacoche, deux jambes de bois et des ailes de chauve-souris. La surprise fut double lorsque les fans ont découvert qu’il s’agissait non pas d’un nouveau Tactical-RPG, mais bien d’un jeu d’action / plates-formes.

Mais si pour le coup, le monde du Netherworld s’écarte catégoriquement de son centre de gravité, il n’en oublie pas pour autant d’emmener avec lui son esprit loufoque, son humour décalé, son style shonen et bien évidemment sa difficulté épineuse. Les non initiés vont d’ailleurs vite comprendre où ils ont mis les pieds. Dans Can I Really Be The Hero ?, la Prinny Squad, dont le joueur fait partie, est convoquée auprès de Etna, son leader, plus connu comme étant la vassale la plus proche de Laharl. Cette réunion a pour objet la nouvelle mission de la troupe. Cette dernière a jusqu’à demain pour mettre la main sur les ingrédients de l’Ultra Dessert. Pour cela, les soldats alcidés vont donc devoir explorer six niveaux différents, à l’intérieur desquels se terrent une ribambelle de monstres et entités démoniaques.

Eh Mec, elle est où ma culotte ?

La suite intitulée Dawn of Operation Panties, Dood ! se tient dans le même registre, sauf que cette fois c’est un peu plus délicat. En effet, comme son nom l’indique, il est ici question de sous-vêtement. La Reine de beauté Etna s’est faite voler ses culottes par le fameux Phantom Thief. En colère et des plus gênée, elle ordonne à ses pantins de les retrouver avant le lever du jour, auquel cas, ils seront eux-mêmes transformés en slip. Mais le petit chenapan est avant tout réputé pour sa discrétion. Nos oiseaux bleus des ténèbres vont donc être obligés au préalable de l’inciter à se montrer en marchant sur ses plates-bandes. Une fois encore, six terrains de jeu différents (au départ) leur sont mis à disposition pour pouvoir chaparder des objets de valeur, et ainsi pousser le bougre méchant à sortir de sa cachette.

La question portant sur le pourquoi d’une expérience mettant en son centre les Prinnies a vite fait d’avoir sa réponse tant ces personnages sont attachants et marrants.

Vous l’aurez sans doute compris, le ridicule ne tue pas au sein du NetherWorld. Mais si, de prime abord, la puérilité de tels enjeux peut volontairement déconcerter, voire embarrasser, il ne faut toutefois pas sous-estimer la qualité d’écriture des histoires qui s’y trament. Discours satiriques, comique de situation, méta-joke et même autodérision, les dialogues, désormais traduits en français, sont des champs de bataille où les blagues fusent à un débit de mitraillette. La question portant sur le pourquoi d’une expérience mettant en son centre les Prinnies a vite fait d’avoir sa réponse tant ces personnages sont attachants et marrants. Bien évidemment, ils ne sont pas que de bonne compagnie. Nos petits héros se montrent également comme de sacrés bagarreurs et aventuriers.

Dood’n Retry

N’allons pas par quatre chemins, la structure de l’aventure reste, d’un épisode à l’autre, peu ou prou la même. Disposant en HUB central de la cour du château d’Etna, pour sauvegarder sa partie, se reposer et discuter avec les autres PNJ, le joueur a la possibilité de choisir dès le départ le monde qu’il souhaite explorer. Libre à lui de commencer par le dernier stage sachant néanmoins que la difficulté se veut exponentielle. Une fois en action, le principe est dans sa forme simple : avancer en scrolling horizontal, en faisant face aux hordes de démons tout en surmontant quelques obstacles acrobatiques, jusqu’à accéder au portail menant au boss des lieux. Le level design ne cherche pas ici à faire grandement dans la complexité, ce qui n’est pas forcément synonyme de monotonie.

Il faut en ce sens avoir les nerfs bien accrochés. Entre les gargouilles cracheuses de feux, les bouquins volants, les chauve-souris kamikazes, les cochons artilleurs ou encore les coqs de combat, les folles aventures des prinnies se présentent comme un croisement entre un Ghost’n Goblins et un Metal Slug. Dans la pure tradition des hack’n slash mêlés aux platformers, nos oisillons ne sont pas du genre tactile.

Réputés pour être à la base explosifs, nos lurons plumés sont équipés de deux lames mais aussi d’écharpes qui leur permettent d’être plus résistant au front. Toutefois, cette parade ne tient que pour trois coups. La cloche annonçant la fin du service retentit dès lors que nos lurons plumés se font toucher trois fois, du moins en mode standard. Pour la difficulté supérieure, dite “Meilleurs de l’Enfer”, un faux pas et c’est la mort assurée. À la manière des campagnes de Marco Rossi, des véhicules blindés peuvent être conduits. Mais leur rôle ne sera bien évidemment salvateur que temporairement. En somme, quel que soit le type d’expérience choisi, le challenge est de taille.

Aucun changement n’est réellement à signaler à l’horizon dans cette édition Prinny 1 & 2 : Exploded and Reloaded.

C’est fou, mec ! T’as pas changé !

Nos réflexes sont mis à rude épreuve, mais pas toujours malheureusement dans le bon sens du terme, ou du moins dans celui attendu. En vérité, il faut réussir également à s’adapter à une prise en main pas très évidente à cerner. Il n’est, à titre d’exemple, pas rare de se voir mis à mal par un saut approximatif ou une mauvaise application du joystick de déplacement. Les touches directionnelles sont donc, pour le coup, plus ou moins à privilégier.

Cette gymnastique est d’autant plus compliquée que la configuration des niveaux a quelque peu été revue entre temps. Mais hormis une action plus corsée avec un nombre d’ennemis plus important, ou des boss qui agissent désormais en duo, aucun changement n’est réellement à signaler à l’horizon dans cette compil’ Prinny 1 & 2 : Exploded and Reloaded. Ceux ayant déjà découvert les versions originelles n’auront pas de mal à reconnaître les lieux puisque tout a gardé ses traits d’antan. Des formes grossières et des textures qui bavent sur des tableaux où le flou est un peu trop envahissant, la mis à jour graphique, s’il y’en a une, est loin d’être remarquable.

De manière générale, le travail de remasterisation de Nippon Ichi Software se montre ici bien maigre et s’apparente davantage à un portage stricto sensus. Le studio japonais était pourtant bien plus généreux à travers les éditions Complete de ses Disgaea. Les joueurs peuvent (re)trouver tous les DLC dont le fameux mode Asagi Wars : The Vengeance of Asagi. Mais, c’est tout. Aucune nouveauté exclusive n’est inscrite au programme. Une ou deux missions supplémentaires n’auraient clairement pas été de trop, histoire d’allonger le voyage en compagnie de nos pingoins des enfers.

Ce test a été réalisé à partir de versions dématérialisées des deux jeux, fournies par l’éditeur, sur Nintendo Switch.

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Mr.J
Aucun super-pouvoir, gameplay limité, fait partie du comité de protection des licornes. Recherche en vain cet alter ego qui lui permettra de mener à bien sa vendetta - "The monster you created has returned to kill you"

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