Test de Persona Q2 : New Cinema Labyrinth (Nintendo 3DS/2DS)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur New Nintendo 3DS.

NIS America and Atlus presents

Ne datant pas d’hier, le crossover est un phénomène auquel les joueurs commencent à être bien habitué et qui passionne souvent le cœur des plus fans. La maison Atlus n’est d’ailleurs pas à sa première expérience dans le domaine, notamment avec sa licence Shin Megami Tensei qui entre la visite des enfers avec Dante de Devil May Cry, les pas de danse avec Hatsune Miku et les combats face au roster de Blazblue, sait faire de bons mélanges.

Après un premier épisode centré sur les membres du SEES et les rescapés du Midnight Channel, la série spin-off marquée d’un Q (kyû) intègre tout naturellement au casting les chapardeurs du Phantom Thieves pour une suite sous-titrée New Cinema Labyrinth. Si, précédemment, la rencontre des deux univers se faisait dans une version alternative du lycée Yasogami High issu de Persona 4, le décor servant à présent de liaison se veut ici complètement inédit.

Le scénario de ce Q2 débute à Tokyo lorsque les Phantom Thieves décident de se réunir dans leur base secrète pour se rendre dans le Mementos. Cependant, ce qui devait être une simple visite de courtoisie va rapidement prendre une tout autre tournure. Durant son exploration, la bande du Joker va perdre le contrôle de la Morgana camionnette et terminer sa course dans une étrange fenêtre les menant dans une ville qui leur est totalement inconnue, où les résidents ne semblent pas se montrer très accueillant. Une rencontre avec l’un d’entre-eux va d’ailleurs donner lieu à une course-poursuite. Pour s’échapper, nos héros vont une nouvelle fois se lancer à travers un portail pour trouver refuge dans un cinéma, d’où le titre.

Pendant qu’ils découvrent qu’au sein de ce dernier aucune possibilité de sortie ne leur est offert, et que deux de leurs membres ont disparu, nos amis cambrioleurs vont faire la rencontre de la conservatrice des lieux du nom de Nagi, et d’une timide et réservée jeune fille prénommée Hikari. Ces deux nouveaux protagonistes vont leur apprendre que leurs camarades ont probablement été enfermés dans l’un des films diffusés sur l’écran de cinéma qui, bizarrement, cachent de mystérieux mondes. C’est alors qu’une nouvelle aventure s’offre à nos héros pour retrouver leurs amis et peut être s’en faire de nouveaux, provenant notamment des autres jeux Persona.

Des personas hauts en couleur

Une nouvelle fois encore, Atlus ne dément pas à sa réputation de fin scénariste. L’écriture de ce Persona Q2 est d’une grande profondeur. De nombreuses références méta aux univers de la licence et à l’industrie du septième art se dissimulent à l’intérieur des dialogues et des cinématiques entièrement faites en animé. Au delà du côté fan-service, leur présence sert magistralement bien la trame du jeu. La manière dont se réunissent les univers est d’ailleurs bien trouvée et les genres de films abordés par le jeu sont à la fois variés et en liaison avec certains de nos personnages.

Autant dire que les fans de super-héros, de dinosaures et de robots seront aux anges. Comme d’habitude, il faut toutefois quelque peu maîtriser la langue de Shakespear pour saisir tous les clins d’oeils et autres easter eggs car le jeu est bien évidemment en japonais, sous-titré anglais. Ainsi soit le genre, le rythme de ce Dungeon Crawler se veut plus ou moins lent avec de longues heures de lecture au compteur et une introduction qui aime prendre son temps.

Côté esthétique, on retrouve la même patte qui faisait l’originalité du premier épisode avec un style très chibi. C’est une fois encore Shigenori Soejima qui s’occupe du chara-design et le résultat se veut encore plus séduisant que dans Shadow of the Labyrinth, plus particulièrement grâce à la touche apportée par l’univers de Persona 5 qui allie brillamment un effet cartoon des années 60 avec une ambiance digne du travaille de Kazuhiko Kâto alias Monkey Punch sur Lupin the Third. Que ce soit d’un point de vue visuel ou narratif, on sent d’ailleurs que l’univers de Persona 5 est plus mis en avant que celui de ses deux grands frères.

La manière dont se réunissent les univers est d’ailleurs bien trouvée et les genres de films abordés par le jeu sont à la fois variés et en liaison avec certains de nos personnages

Certes, sa direction artistique peut ne pas convenir au goût de tous, néanmoins, ce Persona Q2 met en avant une modélisation qui sans être la claque technique de la console, fait tout de même honneur aux derniers jours de la Nintendo 3DS. Certaines animations, notamment lors des attaques spéciales, offrent de jolis effets qui ne manquent pas de faire plaisir à l’oeil. Il est toutefois regrettable que la fonction 3D de la machine soit encore une fois mise à l’abandon. Son utilisation aurait pourtant pu accentuer l’effet de profondeur de la vue à la première personne, ce qui aurait sûrement aidé l’immersion à gagner en puissance.

Lumière, Moteur, Action !

Au-delà de se permettre une retouche artistique, cette série dérivée des Persona change quelque peu son terrain de jeu pour aborder pleinement la catégorie des Dungeon Crawler. A l’instar d’un Shin Megami Tensei : Strange Journey ou d’un Etrian Odyssey du même éditeur, le but est donc ici d’explorer en vue subjective des donjons à plusieurs niveaux afin d’éliminer la menace qui s’y terre et de récolter de nombreux trésors. Ne disposant d’aucune carte au commencement de l’aventure, le premier objectif est de cartographier les lieux.

Pour cela, le jeu fait appel au duo stylet / écran tactile, permettant ainsi à l’aide d’outils appropriés (crayon, gomme et icons de légende) de dessiner la structure des niveaux, l’emplacement des portes et la localisation des points d’intérêts. En d’autres termes, tout est mis à notre disposition afin de planifier notre avancée et d’éviter de nous perdre au milieu de labyrinthe parfois très complexe. Quoique, s’égarer en pleine exploration n’est pas le pire. Se retrouver face à un FOE, un type spécial et très puissant de Shadow errant dans les couloirs et capable d’envoyer à la morgue un de nos héros en un coup, a de quoi rendre la situation beaucoup plus inquiétante.

Un grand travail a été fait afin de rendre les labyrinthes davantage vivants et attractifs, ce qui participe énormément à l’ambiance du titre. Si dans Shadow of Labyrinth les mondes se distinguaient l’un et de l’autre uniquement par un simple papier peint animé différent, ceux de New Cinema Labyrinth ont droit désormais à plus de reliefs avec notamment de vrais éléments décoratifs comme de la végétation, des véhicules (non utilisables), des carcasses d’animaux préhistoriques ou encore un cour d’eau en guise d’obstacle. Bien que le tout reste très carré, les petits détails et améliorations apportés aux environnements offrent une navigation légèrement moins linéaire et donc plus plaisante.

L’expédition au sein de donjon n’est évidemment pas la seule activité proposée à l’intérieur de ce spin-off. Les choses se veulent plus sérieuses lorsque la bobine déraille et que le clap marqué d’un “action” apparaît pour indiquer le passage aux phases de combat. Ces derniers reprennent la même formule du premier opus avec bien évidemment quelques innovations qui simplifie et intensifie le gampelay. On retrouve bien évidemment les affrontements en vue à la première personne de Shadow of the Labyrinth, qui face à un bestiaire toujours aussi riche et bien inspiré, se jouent à travers une configuration en équipe de cinq. Si en termes d’effectif certaines rencontre peuvent paraître déséquilibrées, il est conseillé de ne pas trop sous-estimer la partie antagoniste qui a clairement plus d’un tour dans son sac.

Au-delà de se permettre une retouche artistique, cette série dérivée des Persona change quelque peu son terrain de jeu pour aborder pleinement la catégorie des Dungeon Crawler.

Shadow of the Colossus

Similaire au premier opus dans leur structure, les affrontements de Persona Q2 : New Cinema Labyrinth se basent sur un système de tour par tour dans lequel le joueur doit se référer non seulement aux caractéristiques des personnages affiliés à son équipe mais aussi à leur positionnement. Libres de se placer en avant ou en arrière, nos héros les plus doués aux techniques à distance pourront par exemple envoyé des projectiles en retrait pendant que ceux à l’aise aux attaques de mêlée, seront sur le front pour encaisser les coups et abattre un tonnerre de combos directement au corps-à-corps sur l’ennemi. Afin de mener à bien une bataille à son terme, il faut également veiller à prendre en compte la carte d’identité de l’adversaire qui définit à la fois ses forces et faiblesses. Pour connaître de quoi celui-ci est constitué, soit une petite analyse suffit, soit il faut le découvrir durant la première rencontre.

Chaque Shadow, excepté un type rare, est vulnérable à un ou plusieurs éléments. Le rôle du joueur est par conséquent, de s’appuyer sur les failles de son opposant pour faire le plus de dégât possible et ainsi, prendre l’avantage. Bien évidemment, tous les membres de notre escouade et leur Persona n’ont pas les mêmes capacités élémentaires. Pour exemple, Joker et son allié Arsene trouveront leur utilité durant un assaut qui sollicite la magie mystique, tandis que le héros de Persona 4 et son acolyte Izanagi seront plus efficaces lors d’une approche directe et/ou face à un ennemi réceptif à l’électricité. Tels des petites énigmes à part entières, les phases de bagarre avec les Shadows demandent ainsi de se familiariser avec des règles bien précises afin de prendre le dessus sur les assaillants.

La dernière séance

Comme tout jeu de rôles qui se respecte, une bonne préparation en amont dans le but de construire une stratégie digne de son nom est donc exigée dans Persona Q2. Surtout qu’à cela, viennent s’ajouter des conditions de bataille, qui ne manquent pas de rendre l’action encore plus pimentée qu’elle est déjà.

L’une d’entre elles permet notamment d’introduire la nouvelle particularité de notre équipe : le Unisson Skill. Comme son nom laisse entendre, il s’agit d’une technique qui permet de lancer un combo ultime aux côtés de tous nos compagnons de bataille ou en duo, sous réserve d’avoir bien rempli les prérequis. Ces attaques spéciales se distinguent des All-Out Attacks et des Follow-up Attacks qui, quant à elles, s’actionnent dès que toute la partie adverse est dans les vapes.

Persona Q2 reste un crossover doté d’une grande réalisation dont il serait dommage de se priver en cette fin de vie de la 3DS.

Dans une moindre mesure il y a également le mode Boost qui, pour faire un simple, est la forme super saiyen de nos héros. En effet, une fois le point névralgique de notre cible atteint ou un coup critique effectué, notre héros peut entrer en mode Boost, lui offrant ainsi la possibilité de lancer une capacité sans consommer de SP (Spirit Point) ou de HP (pour certaines capacités). La subtilité supplémentaire offerte par cette forme boostée est qu’elle peut être transmise à un camarade d’aventure, ce qui permet d’élargir les possibilités tactiques. Si le gameplay prouve qu’il arrive à se renouveler grâce à des mécaniques inédits et une progression gratifiante, le schéma routinier des missions et le passage plus ou moins obligatoire du farming peuvent cependant rendre l’aventure répétitive.

Surtout qu’aucune activité secondaire n’est proposée pour combler le quotidien comme c’est le cas dans les épisodes canoniques. Mais, mise à part ses défauts pour la plupart liés au genre, Persona Q2 reste un crossover doté d’une grande réalisation dont il serait dommage de se priver en cette fin de vie de la 3DS.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
Personas, rassemblement !
8
Mr.J
Aucun super-pouvoir, gameplay limité, fait partie du comité de protection des licornes. Recherche en vain cet alter ego qui lui permettra de mener à bien sa vendetta - "The monster you created has returned to kill you"

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