Test de Penny-Punching Princess (Nintendo Switch, PS Vita)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Nintendo Switch.

Il était une fois dans un royaume capitaliste

Penny-Punching Princess nous propose d’incarner une princesse alors que son royaume se fait détruire par la corruption que génère une maléfique société de prêt d’argent. Connue pour être dirigée par la famille des Dragoloan, celle-ci est la cause des nombreuses et lourdes dettes du roi qui, en guise de remboursement, n’a d’autre choix que d’y laisser la vie. Loin des standards des contes de fées, notre petite princesse armée de ses gants royaux et d’une calculatrice va alors ranger sa générosité et sa bienveillance pour aller mener une vendetta en l’honneur de son père et de son peuple. Pour son grand combat contre ces scélérats qui ne jurent que par le pognon, Princess (nom de l’héroïne) sera accompagnée de Sebastian, un scarabé habillé d’un nœud-papillon rouge, et fera la rencontre de nombreux alliés comme une féroce zombie du nom d’Isabella et un puissant magicien calculateur nommé Zenigami (qui peut se traduire par “Dieu de la monnaie” en japonais).

En plus d’avoir à ses côtés ces atypiques héros, animés par une rage contre les Dragoloan, son Altesse pourra compter sur les ennemis présents sur le terrain, qui en échangent de quelques pièces n’hésiteront pas à changer de camp et à prendre les armes pour elle. Tout le gameplay réside essentiellement dans le principe d’acheter ses adversaires. Pour ainsi dire, le joueur devra “vaincre la corruption par la corruption”. Bien qu’il peut paraître banal sous son apparence d’énième histoire de vengeance, le scénario n’en demeure pas moins bien écrit avec son lot de rebondissements. Mais, ce qui surprend par-dessus tout, c’est la manière dont l’oeuvre de Nippon Ichi Software s’applique à critiquer le capitalisme dans un humour qui reste propre à lui, c’est-à-dire très second degré. A noter toutefois que les textes de Penny-Punching Princess sont entièrement écrits en anglais.

La bourse ou la vie, ou les deux…

L’arme principale de notre héroïne est donc une calculatrice dont le rôle est de réaliser les transactions qui serviront à recruter opposants et mécanismes présent sur le terrain. Au préalable, il faudra non seulement veiller à avoir le portefeuille assez rempli pour pouvoir l’actionner mais également à ne pas dépenser sans compter car les adversaires n’ont pas forcément tous la même valeur. Il va de soi que plus leurs capacités sont grandes, plus leur coût sera élevé. Le principe peut vite devenir répétitif pour certains alors que d’autres pourront trouver une constante satisfaction à aligner les combos de manière à ramasser le jackpot à chaque bataille. Notre chère majesté en a d’ailleurs dans le ventre et le prouve en prenant soin de proposer un large panel de coups. Attaques rapides (touche Y), frappes lourdes (touche A), techniques spéciales (touche ZR), ou encore invocations de monstre (touche X), les affrontements invitent sans cesse le joueur à se renouveler et cela sur une bande-son rock’n roll qui déménage.

Le gameplay de Penny-Punching Princess varie non seulement grâce à la présence d’un second personnage jouable, à savoir la fameuse Isabella, mais aussi grâce à un bestiaire qui, de par son abondance, demande continuellement au joueur de revoir sa stratégie. De plus, après avoir compléter un niveau, le joueur peut s’offrir une pause au sein de son royaume pour non seulement améliorer ses capacités mais également crafter des nouvelles armes et armures. Mais encore une fois, il faudra savoir gérer ses finances car ce sera grâce aux créatures recrutées sur le champ de bataille que les matériaux nécessaires au craft prendront forme. La solution pour s’assurer d’une économie fructueuse sera ainsi le farming.

Ce qui surprend par-dessus tout, c’est la manière dont Penny-Punching Princess s’applique à critiquer le capitalisme dans un humour qui reste propre à lui, c’est-à-dire très second degré.

Qui dit fortune, ne dit pas félicité

Malgré des combats fort dynamiques et une utilisation intéressante de la calculatrice, tout cela ne suffit pas forcément à éviter l’impression de redondance face au manque cruel de diversité en ce qui concerne les environnements. Les zones de mission se montrent comme de simples plateaux faits de pièges et de monstres, et ne présentent quasiment aucune différence, surtout au sein d’un même chapitre. En plus de montrer une forte carence pour ce qui est de l’inspiration dans ses niveaux, Penny-Punching Princess ne brille malheureusement pas par sa patte graphique. L’identité visuelle du titre se limite à un univers au style Chibi, où les développeurs ont choisi de mettre en avant une esthétique 2D pixelisée. Bien qu’il peut être toutefois intéressant de noter un contraste marqué entre les personnages et les décors, donnant ainsi une certaine profondeur à l’action, Penny-Punching Princess ne semble pas défendre une recherche artistique particulière. Le jeu reste tout de même beau et fin, même si un peu plus d’animation aurait été agréable.

Attention toutefois à ne pas se méprendre pas ses airs kawaii et modestes, l’aventure ne manque pas de servir au joueur une bonne dose de challenge. Conjointement à une prise en main plutôt complexe à aborder, la progression du jeu demande de longues heures de sueurs et de pratique tant la difficulté a tendance à être corsée. Cette rigueur évoquée n’est d’ailleurs pas aidée par une action qui manque parfois de lisibilité, notamment lorsqu’un nombre important d’adversaires apparaît à l’écran. Si le joueur souhaite se montrer à la hauteur, il n’aura d’autre choix que de revenir dans les niveaux accomplis pour gagner en compétence. Pour ainsi dire, le titre de Nippon Ichi Software pousse peut être trop souvent à farmer. Cette folie des grandeurs a pour conséquence de mettre l’histoire en second plan. Le joueur se retrouve ainsi à avancer avec l’unique soif de richesse jusqu’à devenir au final ce que le jeu critique, à savoir un serviteur du capitalisme.

LE VERDICT
C'EST GALÈRE ROYALE
5
Mr.J
Aucun super-pouvoir, gameplay limité, fait partie du comité de protection des licornes. Recherche en vain cet alter ego qui lui permettra de mener à bien sa vendetta - "The monster you created has returned to kill you"

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