Test de Pathfinder Kingmaker (PC)

Ce test a été réalisé à partir d’une version PC fournie par l’éditeur.

Hail to the king

La gestation du titre a commencé comme beaucoup maintenant par une campagne Kickstarter. Le projet est ambitieux : adapter en RPG le jeu de rôle sur table bien connu des rôlistes de salon à l’univers et au lore extrêmement riche. Car bien que moins connu que certains univers, Pathfinder fait partie de ces petits bijoux suffisamment denses pour entretenir la flamme de l’aventure de longues heures durant. Le monde de Golarion est vaste, rempli de mystères, de créatures, de peuples, de classes diverses et de divinités qui rendent les combinaisons de jeu quasi infinies.

Autant le dire de suite, le jeu vidéo rend un bel hommage au matériau d’origine sans jamais le dénaturer, cela d’autant plus qu’il s’appuie sur l’un des scénarii papier, « terres volées ». Le scénario semble simple en apparence : les terres volées sont source de conflits et de luttes sans fin. Lord Jamandi Aldori, descendante des fondateurs de Restov, qui tente de réguler ce territoire depuis de nombreuses années, lance un pari audacieux en réunissant un certain nombre d’aventuriers dans sa demeure : quiconque arrivera à dominer ces terres en tuant le Seigneur des Cerfs en deviendra le baron légitime. La course au pouvoir peut commencer sur fond de meurtres, de trahisons et d’intrigues politiques qui vous entraîneront dans une quête s’étalant sur une bonne cinquantaine d’heures et dont votre nomination comme baron n’est bien entendu que la première étape. A ce titre, l’écriture, les dialogues sont d’une rare qualité littéraire avec des textes soignés, de l’humour et de la subtilité.

A noter également, Pathfinder : Kingmaker offre la possibilité d’effectuer des choix à la manière d’un livre dont vous êtes le héros : certaines scènes sont ainsi illustrées et contées dans un livre animé dont vous devez choisir la suite pour influer sur votre aventure. Une riche idée qui complète les multiples embranchements plus classiques à opérer lors de l’aventure et qui renforce l’impression d’être acteur de son propre destin. Pour les gens découvrant l’univers, les mots et les noms les plus importants sont surlignés et donnent accès à une brève définition ou description permettant d’en comprendre le sens dans le contexte.

Le tout est servi par un moteur Unity qui propose de bien belles choses sur le plan visuel. Les décors sont tantôt sombres, tantôt colorés et emprunts de nombreux effets de lumière. L’animation des personnages n’est pas en reste avec beaucoup de finesse dans les tenues, les armes et les changements opérés en fonction de l’équipement. Le travail sur le chara-design est vraiment de très bon niveau. Signalons également une bande-son discrète mais de toute beauté. Par ailleurs, le titre s’est vu épurer des bugs les plus gênants au fur et à mesure des patchs déployés. Il est donc possible de profiter désormais pleinement de l’exploration et donc des environnements variés qu’offre l’univers.

La classe américaine

Comme tout bon RPG, Pathfinder : Kingmaker débute par le choix d’un avatar, d’une race (parmi 8), d’une classe (14 disponibles) et le remplissage d’une feuille d’attributs : le titre regorge dès ces premières minutes d’informations et de possibilités. Les classes notamment permettent de choisir des spécialisations qui peuvent radicalement modifier la manière de jouer. Le jeu propose également de choisir des dons (comprenez des compétences passives) qui influeront sur votre environnement et votre troupe d’aventurier. Là encore, il y a de la matière et beaucoup de choix. Un novice pourra d’ailleurs rapidement se sentir largué dans la profusion d’options destinées à la création de son personnage.

Mais que de plaisir à ensuite pouvoir véritablement jouer le perso souhaité ! L’alignement du héros compte également pour beaucoup avec nombre de subtilités : chaos bon, chaos neutre, chaos mauvais mais aussi bon alignement neutre ou chaos etc… Bien entendu, cela influera sur la manière dont les PNJ agiront envers vous et sur les phases de dialogue. Il sera possible de faire varier votre niveau de moralité en fonction de vos actions et de vos réponses.

Au fur et à mesure de vos pérégrinations, d’autres héros viendront vous rejoindre et votre troupe pourra être constituée au total de 6 personnes avec pour chacune un background, une histoire et plus ou moins d’affinités avec le personnage créé en début de partie. Cette profusion dans la création du héros, comme dans les situations rencontrées avec les compagnons assurent également une rejouabilité impeccable.

Pathfinder Fallout

A la manière d’un Fallout de la belle époque que les moins de 30 ans auront du mal à connaître, Pathfinder propose de se déplacer sur carte qui se dévoile au fur et à mesure : on y fait donc bouger une icone à la manière d’un jeu de plateau sur lequel il n’est possible de s’arrêter qu’à certains endroits. Les voyages d’un point à un autre sont exprimés en durée (pas de temps réel heureusement) ce qui influe sur le cycle jour/nuit et sur la fatigue/faim/performance de la troupe. Il est alors possible de s’arrêter pour camper et recharger les batteries tout en profitant des compétences passives des compagnons : chasse, cuisine, pêche, camouflage de camps sont autant d’actions qui pourront être effectuées manuellement ou automatiquement pour améliorer le repos ou éviter d’être dérangé par des opportuns voulant en découdre. C’est aussi l’occasion de voir les personnages échanger et discuter entre eux. Sympathique et souvent drôle.

Pathfinder : Kingmaker vous placera face à des ennemis de plus en plus costauds, voire très gros. Un vrai plaisir, d’autant plus que les affrontements sont vraiment dynamiques à défaut d’être très lisibles lorsque la pause n’est pas activée régulièrement.

Les nombreux endroits découverts sur la carte (plus d’une centaine dont certains nécessitant de une à quatre heures pour être retournés !) peuvent également être explorés dans le cadre de la quête principale tout comme de manière totalement aléatoire ou pour solutionner l’une des nombreuses quêtes annexes. Attention néanmoins, le jeu est « hardcore » et ne vous donnera pas plus d’indications que celles énoncées par le PNJ offrant la quête. Il faut donc lire et retenir les infos sous peine d’être complètement perdu rapidement. Cette aspérité se retrouve également dans les combats dont la difficulté varie en fonction du niveau de difficulté sélectionné. De très (trop) faciles, ils peuvent devenir quasi ingérables sans déployer des talents de stratège et de réflexions. Le nombre de paramètres pouvant être ajustés pour personnaliser la dureté du jeu est là encore phénoménale.

Une fois en combat, c’est le temps réel qui s’applique avec bien entendu la fameuse pause salvatrice permettant de planifier les actions dont la réalisation peut prendre un certain temps. Ce temps est traduit en « tour » comme dans tout bon jeu de rôle papier qui se respecte. Attention donc à bien faire attention à qui fait quoi et dans quel ordre. Cela d’autant plus que le jeu se base sur les règles de D&D avec le traditionnel lancé de dés qui, couplé avec la feuille de personnage (attributs, dons et tout le toutim) calcule la réussite ou l’échec de l’action menée. Idem quand vous êtes attaqués, le jeu se base sur ces éléments pour déterminer le niveau de dégâts reçus ou l’esquive réalisée.

Les compétences de classe de la troupe peuvent également être combinées et il faudra de la patience (beaucoup même) pour dompter les menus et arriver à faire les bons choix au bon moment pour le bon affrontement. D’ailleurs, bon nombre de situations et d’adversaires nécessitent d’être préparés et la sauvegarde fréquente ainsi que la lecture de tous les livres dédiés au bestiaire permet de se dépatouiller à peu près correctement. Il faut dire que cela ne s’invente pas de devoir automatiquement achever tel ennemi par un jet de flamme tandis que tel autre ne sera sensible qu’à de la glace. Bien entendu, Pathfinder : Kingmaker vous placera face à des ennemis de plus en plus costauds, voire très gros. Un vrai plaisir, d’autant plus que les affrontements sont vraiment dynamiques à défaut d’être très lisibles lorsque la pause n’est pas activée régulièrement.

Sim Baronnie

Comme si tout cela ne suffisait pas, dès le chapitre II, le joueur héritera d’une baronnie à gérer. Et bien entendu d’un royaume à étendre et à conquérir. A la manière d’un Civilisation, il faut alors faire évoluer sa ville de départ en choisissant des caractéristiques à faire grimper. La subtilité pour éviter aux gilets jaune médiévaux de prendre le pouvoir résidera dans l’obligation de composer son gouvernement en assignant à ces caractéristiques des PNJ rencontrés et acquis à votre cause. Ils occuperont ainsi des postes de ministre, chef de guerre, trésorier et même prêtre par exemple. Leur alignement, leur personnalité et leurs caractéristiques influeront sur la manière dont ils feront évoluer les caractéristiques avec une obligation de garder celles-ci en valeur positive sous-peine de voir une dissolution forcée sous forme de game over mélanchonien sans concession. De la même manière, ceux-ci vous donneront des conseils et vous proposeront de les suivre dans des réformes au risque, en cas de désaveu, de les voir démissionner (ce qui prouve que nous sommes bien dans un jeu et non dans la réalité).

Au cours de l’aventure, des opportunités ou des problèmes se présenteront : vous devrez les résoudre en réalisant parfois des quêtes, parfois simplement en envoyant le bon personnage avec les bonnes compétences s’en occuper. Dans tous les cas, il faudra traiter le sujet dans le temps imparti sous peine de voir ses statistiques baisser drastiquement en cas d’échec à résoudre un problème. A l’inverse, réussir une opportunité vous offrira de belles récompenses.

C’est également à travers ce système touffu qu’il sera proposé d’aller conquérir les terres du seigneur d’à côté et d’étendre ainsi son influence. Le seul hic du système étant que pour résoudre le problème ou saisir l’opportunité, il faut se trouver sur le territoire concerné ce qui peut poser souci lorsqu’on se trouve très loin sur la carte et qu’il est impossible de revenir dans les temps. Attention donc à bien penser à sauvegarder régulièrement.

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LE VERDICT
RPG KILLER
9
Lestat
Gamer depuis sa plus tendre enfance. A fait tout son skill sur Quake 3 mais n'a plus progressé depuis. Best ratio sur BF1 ever. Geek de tout un tas de trucs inutiles et coûteux. Type sympa, quand même.

2 Commentaires

  1. Merci pour ce test qui donne envie de découvrir un jeu aussi peaufiné qu’un Baldur ou Neverwinter(obviously pas le mmo pourri) mais je tiens à signaler quelques erreurs dans l’article:
    Planescape Tornament… vraiment? Pour info le nom Torment vient de Lady Of Pain(dame souffrance) qui régule le multivers de Planescape et dans le titre dénote l’aspect particuliérement sombre. Dans le jeu original c’était basé sur des intrigues politiques entre factions régissant l’équilibre du monde dans un équilibre entre bien et mal et les tenants du conservatisme comme ceux du progressisme.

    “donnera envie aux plus curieux de s’essayer au jeu de plateau.” Pas de plateau mais Jeu de Rôle sur table (ou papier de l’anglais Pen And Paper Roleplaying Game). Les jeux de plateaux c’est autre chose comme le Monopoly(jeux de société de plateau) ou les simulations de guerres dites aussi wargame(Warhammer 40K, Confrontation etc…).
    Bon dsl de faire mon nerd mais ça peut aider à corriger ce qui m’a un peu piqué les yeux.

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